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mercredi 6 janvier 2016

Tops/Flops 2015


Une nouvelle année s'achève et, comme d'habitude, celle-ci a été marqué par de grands films mais également par certains long-métrages que l'on préférerait oublier.
Comme le veut la tradition, je me lance donc aussi dans mon Top/Flop 5 de l'année écoulée avec un classement basé sur 72 films sortis au cinéma cette année que j'ai eu l'occasion de visionner. C'est parti !


Top


1) Mad Max: Fury Road de George Miller



Le grand retour de Mad Max, 30 ans après un 3ème épisode en demi-teinte, est une réussite éclatante à tous les niveaux. Du haut de ses 70 ans, George Miller donne une leçon d'inventivité et de cinéma durant 2h de folie furieuse et d'orgasmes visuels et auditifs (cette scène dans la tempête est un des trucs les plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de voir dans une salle de cinéma, rien que ça).
Fury Road est ma plus grosse baffe de 2015 qui était d'ailleurs vraiment une année exceptionnelle pour le cinéma d'action.
Mon avis détaillé sur Mad Max; Fury Road ici


2) Seul sur Mars de Ridley Scott



Comme quoi les papys étaient en forme cette année ! Avec Seul sur Mars, Ridley Scott nous livre un film étonnamment optimiste avec un excellent Matt Damon qui ne perd jamais son humour malgré le peu d'espoirs de survie. L'adaptation du best-seller de Andy Weir est une grande réussite (dotée en plus d'une très bonne 3D) dont on ressort avec un grand sourire.
Mon avis détaillé sur Seul sur Mars ici


3) Sicario de Denis Villeneuve



Le génial Denis Villeneuve enchaîne les films ces derniers temps. Après les deux très bons thrillers Prisoners et Enemy, le réalisateur québécois nous emmène cette fois-ci au cœur des cartels mexicains dans un film à la noirceur glaçante et au suspense à vous coller dans votre siège.
Doté de la très belle et épurée photographie de Roger Deakins et des percussions angoissantes de Jóhann Jóhannsson, Sicario est un tout, un film à l'atmosphère incroyable dirigé de main de maître par son auteur qui bascule aussi magnifiquement dans le cinéma d'action sans jamais en faire trop.
Le film est également porté par une belle brochette d'acteurs tous au top. Si le spectateur s'identifiera probablement au personnage d'Emily Blunt (à nouveau impeccable), droit dans ses bottes et dans un certain sens victime du système, je ne peux pas m'abstenir de mentionner l'énorme Benicio Del Toro qui écrase le film dès qu'il apparaît à l'écran, particulièrement sur la fin où le film se sépare du point de vue d'Emily Blunt. Quelle gueule, quelle présence, quel charisme mes amis !
A la vue de ce qu'est capable de réaliser Denis Villeneuve, on peut se dire que la suite de Blade Runner est en de bonnes mains...en tout cas j'ai vraiment hâte !


4) Birdman de Alejandro González Iñárritu



Première claque de l'année me concernant, Birdman se hisse également dans ce top avec à nouveau un casting bien fourni (dont l'énorme mise en abîme de Michael Keaton) et surtout cette réalisation qui consiste à faire passer le film entier pour un unique plan séquence (rendant les coupes invisibles ou presque), c'est très impressionnant et ça marche très bien tout en étant raccord avec le monde du théâtre que le film retranscrit.
Mon avis détaillé sur Birdman ici


5) Vice-versa de Pete Docter et Ronnie Del Carmen



J'ai longuement hésité pour cette 5ème place mais j'ai quand même décidé de récompenser la (désormais) avant-dernière création des studios Pixar qui nous livrent ici leur meilleur film depuis Toy Story 3 (et faut en profiter parce qu'on aura pratiquement que des suites jusqu'en 2019).
J'ai rigolé, j'ai été ému (pas aux larmes parce que j'ai un coeur de pierre), bref j'ai un peu vécu ce qu'il se passe dans la tête de la petite Riley pendant les 1h30 de ses péripéties.
Mon avis (un peu plus) détaillé ici


Mentions spéciales : parmi les films qui entreraient dans mon top 15, sans ordre particulier je retiens également Kingsman, Le Pont des Espions, Irrational Man, Blackhat et It Follows. A most Violent Year, Ex Machina, Mission Impossible 5, Straight Outta Compton, Les Nouveaux Sauvages


Flop


1) Robin des bois, la véritable histoire de Anthony Marciano



Un supplice, le pire du pire que peut nous proposer la comédie française. J'avais plutôt apprécié Les Gamins du même réalisateur et déjà avec Max Boublil mais là rien ne va plus.
Dès le premier plan on sent que ça va être un supplice en fait, avec une caméra qui part dans tous les sens. Rien n'est à sauver, déjà que l'humour est hyper lourd ils insistent en plus sur les mêmes running gags tout le long du film...j'ai juste horreur de ça ! A croire qu'ils pensent que le public est trop con et qu'ils ne vont pas rire au gag la première fois. Ici, on ne rigole pas la première fois et il n'y a aucune chance de rigoler la 50ème fois...j'exagère à peine, il y a un gag qui est répété 5 fois en 1 minute et qui revient encore une fois plus tard dans le film !
J'ai plutôt de la sympathie pour Max Boublil, j'aime bien sa tête mais là c'est juste pas possible, ça me fait même mal de voir le mythe de Robin des Bois être sali à ce point...faire une bonne parodie n'est pas chose aisée et ce film nous le prouve bien.
Je ne parlerai même pas du reste du casting (ou plutôt de la bande de potes puisque c'est plus de ça qu'il s'agit), on retrouve notamment un Gérard Darmon en roue libre totale qui fait plutôt peine à voir.
Bref c'est dégueulasse, ignoble, insupportable, poubelle !


2) Pourquoi j'ai pas mangé mon père de Jamel Debbouze



En sortant de la salle, je m'étais dit : "ça va, ça aurait pu être pire", puis avec le recul, plus j'y pensais et plus je me disais que le film était vraiment de mauvais goût. J'ai déjà beaucoup de peine avec le fait que Jamel ait voulu faire le personnage à son image (avec un bras handicapé) alors qu'avec les techniques actuelles il aurait été facilement possible de passer outre, ça recherche vraiment la compassion du public en plus d'être assez narcissique comme démarche.
L'animation ainsi que la direction artistiques sont complètement à la ramasse, c'est limite honteux quand on sait qu'il y a de très bon animateurs en France. Ils auraient aussi pu se passer de l'hommage complètement WTF à Louis de Funès parce que putain c'est glauque quoi !


3) Divergente 2 : L'Insurrection de Robert Schwentke



Je n'avais pas détesté le premier Divergente, peut-être par effet de surprise je ne sais pas...il s'avère que le deuxième m'a désespéré. Le film est un concentré de tout ce qui m'horripile dans le genre : c'est con, c'est mal joué, c'est mal réalisé...Bon, sur le coup je l'ai pris à la rigolade mais faut vraiment qu'on en finisse avec ces conneries, surtout que, une nouvelle fois, le dernier bouquin sera divisé en deux films pour un max de pépèttes.
Mon avis (un peu plus) détaillé ici


4) Gunman de Pierre Morel



Ici nous avons l'exploit de l'année, un film d'action devant lequel j'ai réussi à m'emmerder du début à la fin. Après avoir converti Liam Neeson aux films d'action débiles avec TakenPierre Morel essaye ici la même chose avec Sean Penn mais c'est complètement raté car ce dernier ne dégage absolument rien niveau charisme (alors que Neeson était plutôt badass dans Taken). J'espère que Sean Penn reviendra dans un registre qui lui correspond mieux parce que ça va vraiment pas le faire.
Mon avis (un peu plus) détaillé ici


5) Les Quatre Fantastiques de Josh Trank



L'exemple typique du film massacré par les studios. Pourtant avec Josh Trank à la réalisation j'étais plutôt enthousiaste car j'avais adoré Chronicle et j'avais hâte de voir si le réalisateur allait pouvoir apporter quelque chose au genre. Malheureusement, il n'a pas pu faire le film qu'il voulait, il a dû effectuer des re-shot sous pression de la Fox et lui-même est déçu du résultat final. On se retrouve donc avec un film de 1h30 ,dont 1h entière d'exposition (et il ne se passe que dalle pendant cette heure !), avec des effets spéciaux à la ramasse et un combat final complètement raté. Pourtant y'avait vraiment quelque chose à en tirer : le casting est plutôt bon (sur le papier) et le duo Marco Beltrami / Philip Glass à la musique ne s'en sort pas trop mal tout finit dans un océan de médiocrité rempli de charabia scientifique sans queue ni tête...Le plus triste dans cette histoire ce que, au final, Chronicle est une bien meilleure adaptation des Quatre Fantastiques, merci la Fox !


Autres (sans ordre particulier) : Taken 3, Avengers 2, Into the Woods, Les Minions, Air, Terminator Genisys


2015 s'avère au final une année plutôt bonne en matière de cinéma, bien que moins bonne que l'année précédente à mes yeux. Je retiens surtout l'excellente forme du cinéma d'action et des "anciens" réalisateurs qui montrent qu'il faut toujours compter sur eux.
A voir ce que 2016 nous réservera ! La nouvelle année commencera dans tous les cas sur les chapeaux de roues avec Les Huit Salopards, Creed et The Revenant qui sortiront tous les deux en janvier chez nous !

samedi 24 octobre 2015

Seul sur Mars (2015)

Titre original : The Martian

Date de sortie française : 21 octobre 2015 (7 octobre en Suisse romande)

Réalisateur : Ridley Scott

Scénario : Drew Goddard d'après le roman Seul sur Mars (The Martian) de Andy Weir

Directeur de la photographie : Dariusz Wolski

Montage : Pietro Scalia

Musique : Harry Gregson-Williams

Durée : 2h21

Avec : Matt Damon, Jessica Chastain, Kristen Wiig, Jeff Daniels, Michael Peña, Sean Bean, Kate Mara, Sebastian Stan, Aksel Hennie, Chiwetel Ejiofor


Synopsis Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre. A 225 millions de kilomètres, la NASA et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour le sauver, pendant que ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies. (Source : Allociné)

Mon avis


Alors qu'il est loin de faire l'unanimité avec ses dernières réalisations pourtant loin d'être à jeter, Ridley Scott revient à un genre qu'il affectionne particulièrement et qui l'a fait connaître auprès du grand public : la science-fiction.
Si pour beaucoup, Alien reste la référence lorsqu'on parle de science-fiction et du réalisateur, il ne faut pas oublier qu'on lui doit également le chef-d'oeuvre de dystopie Blade Runner.
Sa dernière excursion dans le genre, Prometheus, ne remonte qu'à 2012 mais avait énormément divisé, que ce soit les fans d'Alien ou les fans du cinéaste en soi.
Alors que Prometheus 2 est en chantier, Ridley Scott a laissé de côté sa suite pour se lancer dans l'adaptation du premier best-seller de Andy Weir dont le scénario, entièrement écrit par Drew Goddard (Cloverfield, World War Z), l'a immédiatement emballé.

Marquant le retour en force de la "hard SF" réaliste, Seul sur Mars est une véritable bouffée d'air frais parmi le nombre de productions du genre résolument tournées vers le solennel et le sérieux (Gravity et Interstellar en sont les exemples les plus récents).
Le film prend le contre-pied total des œuvres susmentionnée (mais également de son auteur lui-même, généralement assez pessimiste) en offrant une vision totalement décomplexée du genre pour un résultat absolument génial !


Le film relate les mésaventures de Mark Watney (Matt Damon), un botaniste en mission sur Mars, laissé pour mort après une tempête qui a forcé tous ses partenaires à retourner en direction de la Terre. Celui-ci se réveille le lendemain (les jours sur Mars sont comptés en Sol) et se rend compte que pour survivre, il devra cultiver de quoi se nourrir.
Lorsqu'il réussit enfin à contacter la Terre, ceux-ci se rendent compte qu'une course contre la montre vient de se lancer pour retourner sauver Watney qui est désormais seul sur la planète rouge à plus de 225 millions de kilomètres de la Terre.

Alors que les circonstances ouvraient clairement les portes à quelque chose de dramatique, le film adopte intentionnellement un ton très léger et nous montre Watney affronter les épreuves qu'il endure avec une bonne humeur magnifiquement transmise au spectateur via le carnet de bord qu'il tient grâce aux différentes caméras présentes dans la base scientifique installée sur Mars.
Le film est très bien écrit et dose à la perfection l'humour qui est omniprésent mais sans jamais tomber dans la dédramatisation. On peut également compter sur un casting très bien dirigé avec en tête un Matt Damon qui a l'air de ne pas avoir pris autant son pied depuis longtemps. Tout le monde se rallie à la cause de Watney et il n'a a pas vraiment d'antagoniste dans le film si ce n'est la planète Mars en soi.

Tel le réalisateur extrêmement pictural qu'il est, Ridley Scott sublime son film en proposant des plans de la planète rouge tous plus beaux les uns que les autres avec notamment de gigantesques plans zénitaux qui ne font que renforcer encore plus l'isolement de ce pauvre Watney.
Scott s'est à nouveau attaché les services de son directeur de la photographie depuis Prometheus, Dariusz Wolski, qui a également réalisé un magnifique travail avec ces tons très chaleureux et orangés (qui n'est pas sans rappeler ce qui avait été fait sur Fury Road) donnés à Mars où, paradoxalement, pratiquement tout peut vous tuer. Il y oppose de plus de manière criante toutes les scènes sur Terre, au centre de la NASA, qui sont très froides comme pour représenter l'espoir qui s'amenuise chez les responsable du programme spatial américain.


Un film, c'est un tout, c'est pour ça que je voulais aussi mettre en avant le super travail de montage de Pietro Scalia : c'est dynamique, hyper cohérent et il n'y a aucune baisse de rythme de tout le film, je mets réellement quiconque au défi de s'ennuyer ne serait-ce qu'une minute pendant les 2h20 que dure le métrage...clairement une des plus grandes réussites du film !
Dans les très bons points aussi : la musique de Harry Gregson-Williams, entraînante par moment, souvent épique mais sans tomber dans les grosses percussions à la Zimmer, il se permet même d'insérer du ABBA sans jamais tomber dans le kitsch (car c'est en raccord avec un running gag du film concernant les goûts musicaux du personnage de Jessica Chastain).

Retour en force donc pour Ridley Scott qui nous offre certainement un des films de science-fiction les plus enthousiasmants de ces dernières années. Avec Seul sur Mars, le cinéaste nous livre son "Seul au Monde" décomplexé et complètement optimiste saupoudré d'un Matt Damon qui fait plaisir à voir et de visuels à couper le souffle. Loin du sérieux d'un Interstellar tout en conservant cet aspect réaliste inhérent à la hard SF, le film plaira certainement au plus grand nombre qui appréciera certainement ce voyage à des millions de kilomètres de notre planète bleue.