jeudi 6 août 2015

Ant-Man (2015)

Titre : Ant-Man

Date de sortie française : 14 juillet 2015

Réalisateur : Peyton Reed

Scénario : Edgar Wright, Joe Cornish, Adam McKay, Paul Rudd, basé sur les personnages créées par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby

Directeur de la photographie : Russell Carpenter

Montage : Dan Lebental et Colby Parker Jr.

Musique : Christophe Beck

Durée : 1h57

Avec : Paul Rudd, Michael Douglas, Evangeline Lilly, Corey Stoll, Michael Peña, Bobby Cannavale, T.I.

Synopsis Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace… (Source : Allociné)

Mon avis


Voici donc le dernier venu de la grosse écurie Marvel et certainement la production la plus bizarre qu'ils aient eu à gérer.
Petit retour en arrière : l'adaptation d'Ant-Man est à l'origine une idée de Edgar Wright, le génial réalisateur de la trilogie Cornetto et de Scott Pilgrim. Le projet lui tient à cœur depuis bien longtemps et se concrétise dans son esprit avant même que Disney/Marvel ne décident de lancer le Marvel Cinematic Universe (on est alors en 2006).
Le film est officialisé en 2009 et il sera annoncé comme étant incorporé à la fin de la phase 2 de ce fameux MCU.
Malheureusement, Kevin Feige (président de Marvel Studios et grand manitou du MCU) voyait certainement d'un très mauvais œil de laisser carte blanche complète à Edgar Wright, c'est qu'il a un fil rouge à faire suivre le bougre ! Wright et Joe Cornish doivent donc remanier le scénario pour le faire correspondre à l'univers déjà mis en place jusque-là alors que le film était pensé à l'origine pour être indépendant.
Ce sera finalement en mai 2014, seulement quelques semaines avant le début du tournage, que Marvel annonce le départ "volontaire" de Edgar Wright pour cause de "divergences de point de vue" selon la version officielle (le scénario a en fait été retapé dans son dos, la vraie raison de son départ ne devrait pas se chercher plus loin que ça).

Ce qui s'annonçait alors comme le projet le plus prometteur du MCU devenait ainsi du jour au lendemain un énième film de super-héros lambda, démontrant une nouvelle fois le nivellement par le bas de la part de Marvel qui engagent à nouveau un Yes Man quelconque pour le remplacer.
La tâche reviendra finalement à Peyton Reed, le réalisateur de...Yes Man (tiens donc !) et le scénario est réécrit par Adam McKay et Paul Rudd (qui se connaissent bien puisque le premier a dirigé le second dans les deux Ron Burgundy). Finalement, après toutes ces péripéties, reste-t-il quelque chose de bien à extirper de ce film ?


Ant-Man c'est l'histoire de Scott Lang (Paul Rudd), un cambrioleur professionnel tout juste sorti de prison à qui est donné l'occasion de trouver sa rédemption (et revoir sa fille) en enfilant un costume permettant de réduire sa taille à celle d'une fourmi et fabriqué par Hank Pym (Michael Douglas), premier porteur dudit costume.
Il va devoir utiliser ses nouveaux pouvoirs pour voler la Yellowjacket mise au point par Darren Cross (Corey Stoll) qui ambitionne de créer une armée d'hommes-fourmi, chose que Hank voit d'un très mauvais œil.

Ant-Man c'est avant tout le film qui nous fait nous dire que le niveau général des production Marvel est vraiment au ras des pâquerettes car il se hisse sans problème à la première place de la phase 2 sans jamais être transcendant où être mieux qu'un film "sympathique". On peut bien entendu dire merci à Wright pour ça car, ne nous voilons pas la face, toutes ses bonnes idées que Peyton Reed a conservé dans la version finale sauvent le film. Il est d'ailleurs dommage qu'une grande partie de celles-ci soient déjà montrées dans les trailers : par exemple la scène du train ou celle de la course sur le pistolet que Wright avait d'ailleurs présenté lors d'un test footage il y a quelques années de ça. Toutes les blagues jouant sur le décalage entre l'aspect épique des combats et leur taille proviennent d'ailleurs, de l'aveu même de Reed, de son prédécesseur et sont celles qui font le plus mouche (d'ailleurs la salle dans laquelle j'étais l'a aussi compris car c'était les moments où elle rigolait le plus). Un ajout de Reed est d'ailleurs complètement wrightien dans l'âme, c'est le gag avec Michael Peña quand il explique la façon dont il a eu vent d'une certaine information. C'est plutôt bien trouvé mais j'ai trouvé ça dommage qu'il revienne une deuxième fois à la toute fin, du coup ça devient trop appuyé.

Ce détail montre que Peyton Reed a bien sûr essayé de conserver l'essence de Wright mais il lui manque le talent de mise en scène de ce dernier. Cependant, il s'en sort honorablement à ce niveau, l'action étant bien plus lisible que dans le dernier Captain America par exemple. Mention très bien aussi aux effets spéciaux, c'est plutôt crédible dans l'ensemble et les passages où Scott est miniaturisé proposent quelques séquences assez impressionnantes.


Le problème avec ce film, c'est qu'au fond c'est à peu près le même scénario que le premier Iron Man avec un méchant typique de chez Marvel ces derniers temps, c'est-à-dire qui est inintéressant dans l'ensemble, en plus de ne jamais vraiment donner l'impression d'être menaçant.
Je trouve aussi exaspérant le fait que l'équipe ait absolument voulu faire une référence aux Avengers (chose qui ne figurait bien sûr pas dans le script du duo Wright/Cornish) alors que le film est censé présenter le personnage. Pire, un des Vengeurs en personne est présent dans le film et c'est sûrement le plus inintéressant de tous. C'est fou à quel point Kevin Feige et ses sous-fifres se sentent toujours obligés de rappeler au spectateur "Hey, on est chez Marvel là, tout est lié !".

L'humour du film est à double tranchant, comme je l'ai déjà mentionné les idées wrightiennes sont plutôt sympa et m'ont parfois fait rire. J'ai eu un peu plus de peine avec le personnage de Michael Peña qui se veut être le comic relief de l'histoire (qui n'en avait pas vraiment besoin puisqu'elle adopte déjà un ton assez léger, on parle quand même d'un homme-FOURMI), on voit qu'il prend son pied mais il en fait clairement trop, sans compter qu'une grosse partie des blagues sont extrêmement prévisibles.

J'ai déjà parlé de Corey Stoll qui n'en impose pas assez, du côté des gentils, Paul Rudd s'en sort vraiment bien avec un rôle qui lui colle parfaitement. Jamais totalement sérieux, sans jamais tomber dans la bouffonnerie, je lui trouve un charisme certain !
Michael Douglas c'est plus délicat, il est clairement au-dessus du navrant Robert Redford dans le Soldat de l'Hiver mais on sent qu'il ne croit jamais vraiment à ce qu'il dit, la faute à une direction d'acteurs inexistante. Mais est-ce vraiment sa faute au final ? Quand on a tourné avec les plus grands, je ne sais pas si on peut vraiment s'enthousiasmer à tourner avec le réalisateur de Yes Man.
Quant à Evangeline Lilly et sa perruque (du moins j'espère pour elle que c'en est une) elle meuble plutôt bien et apporte le personnage féminin fort récurrent chez Marvel (mais pas que).


Chose étrange, le directeur de la photographie, Russell Carpenter, est loin d'être un péquenaud puisqu'il s'est notamment illustré pour son travail avec James Cameron, récompensé d'un Oscar pour Titanic. Pourtant, il n'y a pas vraiment de recherche photographique sur Ant-Man, comme je l'ai déjà dit ce n'est pas moche mais ça ne restera en tout cas pas dans les mémoires.
Bon point du côté de la musique, Christophe Beck a été préféré à Brian Tyler et nos oreilles peuvent enfin se reposer un peu. A nouveau ce n'est rien d'exceptionnel mais comparé à la soupe de Tyler qui agresse les tympans on se retrouve au moins avec quelque chose de correct.

Le fait est que finalement, j'ai plutôt bien aimé le film. Malgré ses nombreux défauts, malgré la mainmise de Marvel sur leur licence, Ant-Man s'impose sans trop de difficulté comme étant le meilleur film de cette phase 2 extrêmement médiocre (à l'exception des Gardiens de la Galaxie). Le nivellement par le bas ainsi que les plans dévoilés par Marvel jusqu'en 2020 au moins font vraiment froid dans le dos quand on voit qu'on arrive désormais à se satisfaire d'un produit certes sympathique mais bien trop imparfait pour rester dans les mémoires.
Reste à espérer que les nouvelles licences (Dr. Strange, Black Panther, Captain Marvel) pourront apporter un peu de fraîcheur mais vu la ligne de conduite tenue par Kevin Feige, on est bons pour se taper de la merde pendant encore au moins 5 ans en ce qui concerne le Marvel Cinematic Universe.


dimanche 21 juin 2015

Jurassic World (2015)

Titre : Jurassic World

Date de sortie française : 10 juin 2015

Réalisateur : Colin Trevorrow

Scénario : Colin Trevorrow, Derek Connolly, Rick Jaffa et Amanda Silver (inspiré des personnages créés par Michael Crichton)

Directeur de la photographie : John Schwartzman

Montage : Kevin Stitt

Musique : Michael Giacchino

Durée : 2h04

Avec : Chris Pratt, Bryce Dallas-Howard, Nick Robinson, Vincent D'Onofrio, Ty Simpkins, Irrfan Khan, Omar Sy

Synopsis L'Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d'attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude. (Source : Allociné)

Mon avis


Que celui qui n'a pas des étoiles plein les yeux en repensant à l'univers de Jurassic Park me jette la première pierre ! La saga entamée par Steven Spielberg en 1993 est l'une des plus populaires du cinéma auprès du grand public et elle est de retour aujourd'hui dans nos salles 14 ans après un troisième volet considéré par beaucoup (dont moi) comme le vilain petit canard de la franchise.
Il était difficile de vraiment s'enthousiasmer pour ce nouveau volet au vu des différents trailers, sans compter qu'il s'agit du premier à ne pas utiliser d'animatroniques (ou du moins presque pas, Trevorrow est resté assez flou à ce sujet) alors que c'est ce qui donne tout ce cachet au premier film qui, même 20 ans après, n'a pas pris une ride.

Le film se situe, de l'aveu même de Colin Trevorrow, à la suite du premier, faisant donc complètement abstraction du Monde Perdu et de Jurassic Park III et présente pour la première fois le parc ouvert au public (idée que Spielberg, producteur sur celui-ci, avait d'ailleurs en tête depuis longtemps).
Afin de conserver l'intérêt du public envers les dinosaures, l'équipe du parc concentre ses efforts dans la création d'espèces hybrides grâce au génie génétique. Leur dernière création, l'Indominus Rex, promet d'être l'attraction la plus spectaculaire du parc et doit ouvrir bientôt au public.
Mais, comme vous vous en douter, ça ne va pas se passer selon leur plan et ils vont complètement sous-estimer l'intelligence de la bête qui va réussir à s'évader de son enceinte et semer la terreur dans le parc.


Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que je n'attendais pas grand-chose de ce film, les bande-annonces laissaient entrevoir un fan-service absolu sans réelle ambition pour venir chapeauter tout ça. Ceci fait qu'au final je n'ai pas été déçu dans l'absolu, mais je suis quand même assez mitigé.
Le film commence plutôt bien, Trevorrow arrive à recréer une sensation de redécouverte du parc et même un petit peu d'émerveillement quand retentit pour la première fois le thème de John Williams.
Le fan service ne m'a pas dérangé plus que ça, le problème c'est que Colin Trevorrow n'a clairement pas le talent de mise en scène de Spielberg (qui arrivait quand même à rendre épique un atterrissage d'hélicoptère !) et que le film manque cruellement d'identité à cause de ça.
Là où Spielberg arrivait à iconiser le T-Rex avec cette montée en tension jusqu'à le voir en entier pour la première fois, Trevorrow se plante et n'arrive pas à rendre l'Indominus Rex réellement "imposant" (et menaçant), alors qu'il est censé être encore plus grand !

Pourtant, on sent que l'envie est là, le film est plutôt généreux dans ce qu'il nous offre et se permet même un format 2.00:1 devenu extrêmement rare au cinéma afin de faire tenir les humains et les dinosaures dans un même plan et ainsi jouer sur les échelles.
Le film est également assez violent par moments, on y découvrira par exemple ce que je considère comme la mort la plus cruelle de la quadrilogie. On aura même droit à des giclées de sang (enfin au moins une dans mes souvenirs), ce qui n'est de loin pas toujours acquis de nos jours dans un blockbuster PG-13 américain.

Le casting s'en sort bien, Chris Pratt fait le job et Bryce Dallas Howard, outre le fait qu'elle réussit l'exploit de courir pendant tout le film avec ses talons hauts, a le mérite de s’offrir le plus grand moment de bravoure à la fin du film. Omar Sy apparaît plus de temps à l'écran que je ne l'aurais pensé et c'est plutôt agréable car il n'en fait jamais trop, son personnage étant plutôt sérieux (même si, ne nous le cachons pas, il ne sert pas à grand-chose le bougre).
Colin Trevorrow a décidé lui-même de ne pas faire revenir d'anciens personnages, à l'exception du Dr Wu (B.D. Wong) que l'on apercevait furtivement dans le premier Jurassic Park...choix compréhensible mais, quitte à rester dans le fan-service, je n'aurais pas craché sur un petit caméo du Dr. Malcolm (Jeff Goldblum) par exemple.


Le personnage de Vincent D'Onofrio, par contre, est complètement raté. Non seulement c'est un enfoiré fini et un cliché ambulant, mais le plan qu'il a dans la tête est tellement con qu'on sait parfaitement que ça ne marchera jamais (non mais sérieusement, une armée de raptors ??). Je ne parlerai pas des deux gosses car niveau charisme il faudra repasser...
D'ailleurs, au niveau connerie, le film contient son lot de moments complètement incohérents ou ridicules : je citerai par exemple les Raptors qui se choisissent un nouvel alpha avant de changer de nouveau d'avis en 15 secondes quand Chris Pratt les regarde dans les yeux...niveau n'importe quoi on n'est pas très loin de la "Pokéflûte" de Jurassic Park III, sans compter que ça casse complètement la thématique qui avait été entretenue dans tous les autres films, c'est-à-dire l'imprévisibilité de la nature et la théorie du chaos si bien expliquée par le Dr. Malcolm dans le premier film. Que dire aussi de la manière complètement ridicule dont se finit le combat entre le T-Rex et l'I-Rex (qui est pourtant jouissif à regarder dans sa globalité) ? Que dire du "Raptor ex machina" qui m'a presque fait hurler de rire dans la salle ?
Le film comprend tout de même un certain nombre de fautes de goût qui, même si elles ne plombent pas le film, m'auront fait soupirer quelques fois.

Comme c'était déjà le cas dans le 3ème film, on ne retrouve pas John Williams à la composition, cette fois-ci c'est Michael Giacchino (qui a beaucoup collaboré avec Brad Bird et J.J. Abrams) qui s'occupe de la musique et c'est là que l'on voit à quel point ça doit être difficile de passer après Williams qui avait largement contribué à faire de Jurassic Park ce qu'il est aujourd'hui...En effet, mis à part les thèmes que Giacchino a repris de son aîné (qui ont fait vibrer ma fibre nostalgique, je dois bien l'avouer), je n'ai retenu absolument aucune musique et je serais même incapable de dire si celle-ci est de qualité ou non.


Le film a été post-converti en 3D par la même équipe qui s'était occupée de la conversion de Jurassic Park. Je n'avais pas vu ce dernier lors de sa ressortie, je ne peux donc pas dire si la qualité était au rendez-vous, sur ce Jurassic World par contre je n'ai jamais ressenti la profondeur...jusqu'à en oublier carrément que je regardais un film en 3D (et non ce n'est pas un bon point car c'est typiquement le genre de film qui peut être très impressionnant si l'effet marche bien).

J'en ressors donc mi-figue mi-raisin, Jurassic World est un film généreux dans ce qu'il propose et un divertissement plutôt agréable à regarder. Malheureusement, le film pèche par excès de fan-service qui, même s'il ne m'a pas dérangé au premier abord, le rend très générique...surtout qu'il n'y a pas vraiment d'idées de réalisation derrière. On ne s'ennuie jamais vraiment, mais on n'est jamais transcendé non plus, si ce n'est peut-être pour le combat entre les deux Rex qui ne se conclut pas vraiment de manière très inspirée.
A mes yeux, le film s'impose quand même comme étant meilleur que Jurassic Park III (que la réalisation de Joe Johnston sauvait du naufrage complet) mais n'arrive clairement pas à la cheville des deux premiers dans l'ombre desquels il est certainement condamné à demeurer.


lundi 8 juin 2015

(Re)visionnages récents


J'ai le plaisir de vous annoncer la venue d'un nouveau genre d'article sur le blogs. Ceux-ci passeront en revue certains des films que j'ai vu récemment et sur lesquels je n'ai pas assez à dire pour donner un avis complet.
Je compte poster ici de petits avis concis afin de donner mes impressions sans vraiment aller plus en profondeur. J'espère que ce concept vous plaira !


Hacker (2015) - Michael Mann



Enfin le grand retour de Michael Mann sur grand écran, plus de 5 ans après un Public Enemies qui avait énormément divisé.
Hacker a été plutôt froidement accueilli par la critique et a fait un four au box-office, autant aux Etats-Unis qu'à l'international (il n'est d'ailleurs même pas sorti en Suisse-romande !). Ce lynchage est injustifié à mes yeux car avec ce film, Mann réinvente en quelque sorte son cinéma tout en parlant du monde numérique qui n'est finalement que la continuation logique de la carrière du réalisateur qui avait été un des tous premiers à tourner une grosse production entièrement numérique (Collateral, dont la photographie nocturne reste encore à ce jour l'une des plus belles jamais vues).
Avec Hacker, Mann nous prouve qu'il n'a rien perdu de sa virtuosité en nous offrant à nouveau une réalisation atmosphérique avec certains plans d'une beauté à en pleurer et qui nous rappellent que très peu arrivent à jouer dans la même catégorie que Mann dès qu'il s'agit de filmer la ville.
Alors certes ça n'atteint pas le niveau de chef-d'oeuvre d'un Heat ou d'un Collateral (qui reste à ce jour mon Mann et un de mes films préférés), mais c'est bien au-dessus du niveau moyen des films d'action récents et je suis attristé de voir que le nom de Michael Mann n'attire plus les foules aujourd'hui car il demeure l'un des cinéaste majeur de notre temps et ce n'est pas dit qu'il continue à réaliser pendant encore longtemps...



Ex Machina (2015) - Alex Garland



Première réalisation du scénariste de 28 jours plus tard et Dredd. Ex Machina est un film de science-fiction traitant du sujet de l'intelligence artificielle. Rien de bien original certes mais force est de constater que c'est très réussi.
Se passant majoritairement en huis clos, le sujet est traité de manière très sobre, sans que le spectateur ne soit tenu par la main.
Le métrage est également sobre dans sa réalisation, Garland nous montrant ce qu'il faut voir sans en faire des caisses.
L'intrigue se base autour du test de Turing et va amener le spectateur à se poser lui-même des questions sur l'humanité de Ava (l'IA du film), qui prend ici la forme d'une jolie jeune femme.
Le casting est également minimaliste mais c'est du très bon avec un Oscar Isaac barbu dans un rôle assez dérangeant et Domhnall Gleeson dont j'ai adoré le personnage plutôt naïf qui se prend d'affection pour Ava. Je pense que le spectateur pourra s'identifier dans trop de problèmes à lui.
Très agréable surprise donc que ce "petit" film de science.fiction, j'ai vraiment passé un excellent moment, du début jusqu'à cette fin ouverte mais extrêmement bien réussie qui risque peut-être d'en surprendre quelques-uns.



Le Septième Fils (2014) - Sergueï Bodrov



Inspiré du bouquin L'apprenti Epouvanteur de Joseph Delaney, Le Septième Fils est une de ces énièmes adaptation de littérature pour ados qui envahissent les salles de cinéma ces derniers temps. Entaché d'une production chaotique le film a été repoussé plusieurs fois avant de sortir finalement chez nous en décembre dernier.
Eh bien autant dire qu'il aurait mieux fait de ne pas sortir du tout, tant c'est mauvais du début à la fin.
Rien ne va, c'est moche et on se fait chier en permanence. Je pense que c'est l'un des premiers films Fantastique du genre où je n'ai vu aucun moment épique, aucun, c'est quand même un comble !. C'est un enchaînement d'absurdités et de non-enjeux à la fois horriblement prévisibles et inintéressants.
Mon dieu que c'est moche quoi, le film se permet même de s'offrir une espèce de filtre flou complètement dégueulasse qui fait mal au yeux pendant tout le long.
C'est vraiment à se demander ce que sont venus foutre ce pauvre Jeff Bridges (qui fait vraiment de la peine à voir) et Julianne Moore dans cette mascarade, ils n'en avaient vraiment pas besoin (surtout que cette dernière tient déjà un rôle dans les derniers Hunger Games). A éviter absolument !



Horns (2014) - Alexandre Aja



On reste dans le fantastique avec quelque chose de bien meilleur.
Horns a toutes les qualités qu'on est en droit d'attendre de ce genre de film, avec un concept assez génial en plus d'avoir quelqu'un qui sait tenir une caméra derrière.
Le film est truffé de bonnes idées et le fait d'avoir pris Daniel Radcliffe dans le rôle principal est à mes yeux un excellent choix de casting car ça lui permet vraiment de jouer sur son image (en bien comme en mal) et ça fonctionne vraiment bien, c'est qu'il est en train de se construire une carrière intéressante le bonhomme !
Le film met un peu trop de temps à réellement se lancer à mon goût mais une fois passé cette première partie, j'ai vraiment pris mon pied.
Le film est relativement second degré mais arrive quand même à poser certains enjeux dramatiques et plutôt sombres alors que le film se passe plutôt dans un univers jeune.
En particulier, j'ai adoré le passage où le personnage de Radcliffe "pète un cable" et se met à punir certaines personnes en fonction de leurs péchés...cette partie m'a d'ailleurs beaucoup fait penser à Se7en, ce qui n'est clairement pas pour me déplaire tant l'adoration que j'ai pour le film de Fincher se passe de superlatifs.




Diversion (2015) - Glenn Ficarra et John Requa



Film que j'attendais particulièrement car il marque enfin le retour de Will Smith dans un premier rôle (et après After Earth et Un Amour d'hiver je commençais à avoir un peu de peine pour lui).
Le résultat n'est pas vraiment transcendant...mais n'est pas non plus mauvais pour autant. Le film joue très bien son rôle de divertissement et je ne me suis jamais ennuyé devant cette histoire d'escrocs.
Alors certes c'est bon de revoir Will Smith et son charisme habituel, mais c'est également toujours agréable de voir la délicieuse Margot Robbie à l'écran...le couple marche très bien, il n'y a aucun problème là-dessus.
Je reprocherai surtout au film une utilisation ad nauseam de twists, si bien que ça devient vite prévisible et assez incohérent par moments. C'est vraiment dommage car le film commençait très bien de ce point de vue mais il s'embourbe un peu trop vite et se fait prendre à son propre jeu.
Les fans de Will Smith (comme moi) seront certainement ravis de le revoir sur grand écran mais j'ai quand même ressenti une pointe de déception car il y a un réel potentiel qui n'est jamais exploité à 100%...dommage !



Projet Almanac (2015) - Dean Israelite



Encore un film de science-fiction qui part avec une idée plutôt originale, le voyage temporel filmé en found footage.
L'idée du voyage dans le temps et des paradoxes temporels a déjà été passé à toutes les sauces au cinéma, j'espérais donc voir quelque chose d'un peu différent.
Et il se trouve que j'ai plutôt bien aimé ! Certes ce n'est pas très subtil (étant produit par Michael Bay ça peut se comprendre) mais ça se laisse vraiment regarder. J'y ai retrouvé un petit air de Chronicle qui n'est pas pour me déplaire (même si j'ai quand même largement préféré ce dernier).
Après, on arrive à ce qui est souvent inhérent aux films qui se penchent sur le voyage temporel : la cohérence. C'est là que le bât blesse car le film en est bourré, dès le moment où il commence à y avoir plusieurs timelines en parallèle ça devient vite la fête au n'importe quoi.
J'aurais bien voulu voir une once d'ambition artistique en plus, quelque chose qui fasse vraiment passer le film un cran en-dessus mais je ne l'ai malheureusement pas trouvé.
Projet Almanac reste cependant un petit film plutôt agréable si vous laissez de côté ces problèmes et les amateurs de films pour ados (et de science-fiction au passage) en trouveront probablement pour leur compte.



San Andreas (2015) - Brad Peyton



Quand le réalisateur de Comme Chiens et Chats 2 (!) s'essaie au film catastrophe (un genre un peu délaissé ces derniers temps), ça donne San Andreas...et que vaut-il concrètement ? Il faut dire que j'y allais sans attentes particulières si ce n'était de voir Dwayne Johnson voler avec son hélicoptère entre cinq building qui s'effondrent tout en réussissant à sauver tout le monde en passant (et bien sûr Alexandra Daddario que les fans de True Detective connaissent très bien !).
Le résultat est décevant...pas décevant par rapport à mes attentes (qui comme je l'ai dit étaient minimes) mais plutôt par rapport à ce qu'on serait en droit d'attendre d'un film catastrophe de cette envergure.
San Andreas, c'est à peu près tous les clichés possibles et imaginables du genre, avec des deus ex machina toutes les 10 minutes, un pseudo-histoire d'amour qui sort de nulle part et qui est tellement mal fichue qu'elle a même commencé à m'énerver à partir du milieu du film, un beau père qui s'avérera être le dernier des couards, un drapeau américain qui flotte au milieu du plan pour montrer c'est qui les patrons...
Ajoutez à ça des personnages pas franchement intéressants, dénués de toute ambiguïté et ça devient vite pénible à regarder.
Merde quoi, même The Rock je l'ai trouvé trop effacé alors qu'il est censé crever l'écran, ce mec c'est quand même un monstre de charisme en temps normal !

Le film est plutôt bien fichu, la destruction est bien retranscrite mais il y a quand même des CGI très laids qui se promènent par-ci par-là, je pense par exemple à la toute première scène avec la voiture qui tombe dans le ravin, j'ai cru saigner des yeux tellement c'est grossier.
J'ai vu le film en 3D mais celle-ci n'a absolument aucun intérêt...et pourtant y'avait de quoi donner de la profondeur avec les nombreux plans aériens (George Miller l'avait parfaitement réussi avec le dernier Mad Max) mais ça reste désespérément plat.
Après, je ne me suis pas vraiment ennuyé, c'est l'essentiel me direz-vous mais j'estime être en droit d'attendre bien mieux, même s'il ne s'agit "que" d'un film catastrophe.



À La Poursuite de Demain (2015) - Brad Bird


Drôle de film que ce Tomorrowland (dont le titre n'a pas pu être conservé en Europe pour des raisons de droits), dernière production Disney réalisée par le génial Brad Bird et dont la promotion complètement foireuse laissant présager depuis longtemps un camouflet au box-office.
Pourtant, l'idée est là et Bird arrive à nouveau à proposer un univers original (dans la même veine que ce que nous avaient proposé les Wachowski avec Jupiter Ascending en début d'année) à une époque où les suites et les remakes/reboots sont légions dans le cinéma hollywoodien.
En plus, Bird sait vraiment mettre en scène son sujet et ça fait du bien de voir ça car le film nous offre certains plans de grande beauté : la première fois que l'héroïne arrive à Tomorrowland ou le décollage de la fusée à Paris (juste génial et putain ce que c'est beau !) pour ne citer que ceux qui me reviennent à l'instant.
Et pourtant...je reste un peu sur ma faim, la faute à un rythme parfois un peu bancal, je n'ai jamais réussi à vraiment rentrer dans le film. Je ne me suis pas vraiment attaché à l'héroïne principale qui a tendance à en faire un peu trop par moment, je lui ai largement préféré le personnage de George Clooney qui est à mes yeux le plus intéressant du film.
Cet arrière-goût amer provient peut-être aussi du fait que je n'ai jamais vraiment ressenti de réels enjeux ou une réelle ambition : le personnage de Hugh Laurie, qui est censé être l'antagoniste du film, apparaît peu et ne sert finalement pas à grand-chose, peut-être aurait-il mieux fallu ne pas mettre de méchant du tout...

Je compte le revisionner prochainement car je pense être passé à côté de certains aspects, il faut dire que je ne l'ai pas vu dans les meilleures conditions (je sortais d'une quasi nuit blanche).
Il n'empêche que c'est vraiment rafraîchissant de voir encore des auteurs qui osent prendre des risques en proposant des univers originaux, le film ne mérite clairement pas d'être boudé comme il l'est (quand on voit qu'à côté San Andreas cartonne). Il manque malheureusement ce petit quelque chose qui m'aurait permis de rentrer dedans et de me laisser transporter à Tomorrowland...un petit peu à la manière des Rêveurs du film.


Les Indestructibles (2004) - Brad Bird


Faute de m'avoir pleinement convaincu, Tomorrowland m'aura au moins donné envie de regarder Les Indestructibles que je n'avais jamais vu malgré tout le bien qui se dit sur celui-ci.
Erreur désormais corrigé et quelle claque ! Alors que Pixar traverse une période où ils sont quelque peu en panne artistique, le film de Brad Bird vient mettre tout le monde d'accord et met la grosse pâtée à tous ces films de super-héros peu inspirés sortis ces derniers temps.
Pixar ayant adoré le travail de Bird sur le Géant de Fer lui a laissé carte blanche totale et qu'est-ce que ça en jette !
L'animation en images de synthèse lui permet des mouvements de caméras qui seraient beaucoup trop contraignants à effectuer sur un tournage live. Ici tout est toujours parfaitement lisible, on sait ce qu'il se passe et les scènes d'action restent encore un modèle du genre (coucou Avengers !). Et qu'est-ce que c'est beau putain ! L'animation est vraiment scotchante.
La direction artistique très inspirée permet de s'attacher profondément à cette famille pas comme les autres qui s'inspire sans se cacher des 4 Fantastiques (avec la femme élastique, la femme invisible, le bébé torche humaine et M. Indestructible qui rappelle La Chose de par sa force).
De belles références à James Bond se retrouvent également dans les scènes d'infiltration où même la musique n'a rien à envier à un film du célèbre agent secret.
Rajoutez à tout ça un méchant dont le plan machiavélique est pour une fois plus élaboré que simplement "détruire" le monde et vous obtenez un des meilleurs films d'animation de ces 10 dernières années tout simplement. 
J'attends désormais avec impatience la suite qui a été confirmée pour 2016, en espérant que Bird conserve sa virtuosité et son originalité.


Contact (1997) - Robert Zemeckis


Depuis Interstellar, j'avais ajouté Contact dans la liste de mes films à voir afin de pouvoir enfin me rendre compte de mes propres yeux s'il y avait tant de points communs que ça.
Je dois avouer que mis à part la présence de Matthew McConaughey et de trous de ver à la fin du film, j'ai trouvé assez peu de points communs entre le film de Nolan et celui de Zemeckis.
Au final ce n'est pas très folichon. Le problème principal du film c'est qu'on s'ennuie tout simplement et venant du mec qui nous a pondu les Retour vers le Futur c'est quand même sacrément décevant.
Il n'y a pas vraiment de mise en scène, Zemeckis se contente de filmer simplement son sujet...je veux bien mais encore une fois ça rend le truc chiant et vraiment lourd au bout d'un moment.
J'ai eu aussi du mal avec le scénario qui nous promet une rencontre du 3ème type avec des petits bonhommes venus d'une autre galaxie, j'aurais kiffé ça moi ! Malheureusement, la partie où on emprunte les trous de ver ne dure même pas 15 minutes (et j'en suis sûr car je viens de vérifier !), j'étais dégoûté.
La romance entre McConaughey et Jodie Foster n'est clairement pas assez développée pour ressentir une once d'attachement pour eux, c'est dommage car les personnages pris séparément sont plutôt intéressants.
Le film n'est pas foncièrement mauvais, je lui reconnais des qualités, mais il souffre clairement d'un gros manque de rythme. En outre, je comprends le rapprochement avec Instersellar mais je n'ai pas vu tant de points communs de ça, après réflexion j'aurais plutôt tendance à le rapprocher du Abyss de James Cameron.


Monty Python : Sacré Graal ! (1975) - Terry Gilliam


ATTENTION, CLASSIQUE EN APPROCHE !
J'avais de vagues souvenirs du premier film de la cultissime troupe des Monty Python, l'ayant vu il y a fort longtemps de ça à une époque où je n'étais pas encore forcément en mesure de comprendre l'humour absurde des bonhommes.
Première réalisation de Terry Gilliam, le "discret" de la bande, Sacré Graal est une parodie de la légende du roi Arthur (Graham Chapman) et de sa quête pour trouver le Graal.
Je ne sais pas vraiment quels superlatifs utiliser pour décrire à quel point le film est génial en plus d'être un des plus drôles que j'aie vu. Des moments cultes, il y en a un à pratiquement chaque plan : le Chevalier Noir, le Chevalier français, les Chevaliers qui disent "Ni!", la Sainte-Grenade d'Antioche et le lapin carnivore...toutes les vannes font mouche et leur potentiel est totalement transgénérationnel.
En plus d'être hilarant du début à la fin, le film bénéficie d'une mise en scène exemplaire pour le genre, Terry Gilliam et sa troupe avaient décidément tout compris !
Etant un grand amateur d'humour absurde, j'ai été plié de rire, il n'y a pratiquement pas un moment de répit tout au long des différents chapitres de l'histoire.
Définitivement un des plus grands classique (le plus grand ?) du genre, Sacré Graal atteint un niveau qui ne sera certainement plus jamais atteint par les comédies formatées et débiles qui sortent aujourd'hui, un pur régal !


Monty Python : La Vie de Brian (1979) - Terry Jones


Sur ma lancée, je me suis droit attaqué à leur second film qui est cette fois-ci une satire de la religion et du fanatisme religieux plus particulièrement.
Contrairement à Sacré Graal, le film n'est pas une succession de sketchs mais un vrai film à part entière avec une histoire tirée d'une traite du début à la fin.
Le film n'atteint certes pas la maestria absolue de son prédécesseur mais il vient se situer juste après celui-ci.
Terry Gilliam laisse ici la place à son homonyme Jones derrière la caméra et le résultat est à nouveau extrêmement drôle et finement écrit.
On retrouve l'humour absurde habituel de la troupe anglaise mais celui-ci sert réellement au développement de l'histoire, si bien que le film est d'une cohérence folle avec des idées géniales disséminées un peu partout.
La Vie de Brian est à nouveau une pépite du genre, les Monty Python ne se gênent pas pour faire du politiquement incorrect, ayant même été contraints de censurer certains passages du film à sa sortie.
Comme d'habitude, tous les rôles principaux sont tenus par les six énergumènes mais tout fonctionne si bien que ça passe comme une lettre à la poste.
Avec La Vie de Brian, les Monty Python confirment leur génie absolu et enfoncent encore plus profondément leur univers dans les annales de la comédie. De plus, quoi de mieux que de conclure le film par la célèbre chansonnette d'Eric Idle "Always Look on the Bright Side of Life", espèce d'hymne à la bonne humeur qui vous enverra au dodo un grand sourire sur les lèvres.


Monty Python : Le Sens de la Vie (1983) - Terry Jones



Je termine la trilogie Monty Python avec celui que je considère comme le moins bon des trois : Le Sens de la Vie.
Le film reste complètement ancré dans l'univers absurde de la troupe et ça marche toujours très bien, c'est finement écrit et le film est clairement le plus ambitieux des trois avec cette véritable fresque sur la vie, de la naissance à la mort.
Le film reprend le principe des sketchs qu'il y avait déjà dans Sacré Graal et c'est finalement le plus grand défaut que je lui trouve, contrairement à ce premier, toutes les saynètes ne se valent pas.
On retiendra bien entendu le fameux passage du restaurant avec Mr Creosote qu'à peu près tout le monde connaît, la scène de la guerre Zoulou ou celle de la naissance.
Le fait est que j'ai trouvé les Monty Python bien plus "sages" que dans leurs deux précédents films. Certes ça reste politiquement très incorrect mais je n'ai pas ressenti la même folie que d'habitude, du moins pas sur l'entièreté du film.
Finalement, c'est celui où j'ai le moins ri mais ça reste une comédie de très haut niveau que je conseille évidemment à tous, ne serait-ce que pour boucler la boucle du collectif anglais.



Kung Fury (2015) - David Sandberg



Je finis pas une petite bizarrerie, LE phénomène internet dont tout le monde parle en ce moment j'ai nommé Kung Fury. Financé via Kickstarter, il s'agit d'un court-métrage d'une trentaine de minutes qui rend hommage aux années 80 (et à tous les clichés qui les accompagnent).
Le film se veut résolument kitsch avec un filtre à l'effet VHS qui colle bien à l'ambiance mais qui n'est pas forcément toujours très agréable à l’œil. Les références sont évidemment très nombreuses et c'est peut-être finalement le plus gros reproche que je pourrais lui faire, c'est qu'il joue vraiment la référence pour la référence, sans jamais vraiment essayer de faire un vrai film de cinéma derrière.
Le film assume complètement son format de série B et il faut avouer que ça fonctionne vraiment bien. Alors certes c'est débile à souhait mais il y a vraiment certaines bonnes idées comme la partie avec Hitler qui sort des saluts nazi façon Kung Fu qui m'a bien fait rire ou la séquence beat em all qui m'a un peu fait penser au fameux plan-séquence de Old Boy mais dans l'autre sens.
Bref, une petite curiosité bien sympathique qui ne pète pas plus haut que ça, je serais quand même très curieux de voir ce que ça pourrait donner ce genre de délire au format long.

samedi 16 mai 2015

Mad Max : Fury Road (2015)

Titre : Mad Max : Fury Road

Date de sortie française : 14 mai 2015

Réalisateur : George Miller

Scénario : George Miller, Brendan McCarthy et Nick Lathouris

Directeur de la photographie : John Seale

Montage : Margaret Sixel

Musique : Junkie XL

Durée : 2h

Avec : Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult, Hugh Keays-Byrne, Rosie Huntington-Whiteley, Zoë Kravitz


Synopsis Hanté par un lourd passé, Mad Max estime que le meilleur moyen de survivre est de rester seul. Cependant, il se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d'un véhicule militaire piloté par l'Imperator Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s'est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…(Source : Allociné)

Mon avis


Max is back ! 30 an après un 3ème volet raté, un des anti-héros les plus emblématiques des années '80 fait son grand retour sur grand écran. Exit Mel Gibson, trop âgé, c'est Tom Hardy qui reprend le rôle du road warrior dans ce nouvel opus toujours dirigé par le visionnaire George Miller.
Fait assez rare, le film est un reboot réalisé par la même personne que les films originaux, on était donc en droit de s'attendre à ce que l'esprit de la franchise soit respecté, tout en y ajoutant cette dose de folie supplémentaire.

Il existe de ces films, où dès le premier plan, dès la première séquence, vous savez d'emblée que vous allez assister à quelque chose d'exceptionnel, Fury Road en fait partie.
Ce premier plan présentant Max à côté de sa fidèle Interceptor, sa voix expliquant brièvement qui il est, son aspect complètement bestial avec ses longs cheveux et ses grognements et, surtout, cette poursuite endiablée au terme de laquelle Max se fera capturer.
Le ton est donné, l'univers est posé.
A l'instar des premiers films, on se retrouve à nouveau dans un univers post-apocalyptique où la population se bat pour l'essence et l'eau. La désolation est encore mieux retranscrite car il n'y a rien à part du désert à perte de vue.

La "tribu" qui a capturé Max est dirigée par Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne, qui jouait d'ailleurs également dans le premier Mad Max), qui entretien un culte de la personnalité et se sert de "femmes escalves" pour procréer.
Alors qu'il envoie Furiosa (Charlize Theron), une de ses impératrices, récolter de l'essence à bord d'un camion, cette dernière le trahi et s'éloigne du chemin. Immortan Joe remarque que 5 de ses femmes ont disparu et il envoie donc toute son armée à sa poursuite.

Max, étant donneur universel de sang, est utilisé comme poche de sang pour un de ces guerriers, Nux (Nicholas Hoult) et est attaché à l'avant de l'un des bolides.
Il s'en suite une course poursuite dantesque qui occupera une bonne partie de l'intrigue.


Si vous cherchez le blockbuster d'action de l'année (et même de la décennie ? nous sommes légitimement en droit de se poser la question), pas besoin de chercher plus loin. George Miller (à 70 ans !) ne fait pas dans la dentelle et vient donner une leçon de film d'action dont l'impact résonnera pendant encore longtemps à Hollywood.
La poursuite finale de Mad Max 2 restait, encore de nos jours, une référence du genre, Fury Road vient faire encore plus fort en nous proposant une poursuite à travers le désert d'une folie rarement atteinte.

Miller se permet tout et de la manière la plus réaliste possible. En effet, très peu de fonds verts ont été utilisés et la grande majorité de ce que vous voyez à l'écran est vrai.
Ajoutez à ça une gestion de l'espace extraordinaire et des chorégraphies jouissives au possible et tout y est : on y croit !
Je pourrais écrire 1000 lignes sur le film, je pense que je n'arriverai jamais à décrire ce que j'ai ressenti durant la première demi-heure du film, une sorte d'extase permanente, le souffle coupé en permanence devant ce que j'avais devant les yeux, une jouissance de tous les instants, ce ne sont que quelques-uns des superlatifs qui peuvent décrire ce nouveau Mad Max.

Comme je l'ai mentionné, la grande majorité de ce qu'on voit à l'écran est vrai, cependant, même les rares plans en numériques mettent tout le monde d'accord. La séquence à l'intérieur de la tempête de sable par exemple est une des choses les plus incroyables qu'il m'ait été donné de voir dans un cinéma.

Les bandes-annonces promettaient déjà un rendu visuel assez dingue, la photographie de John Seale contribue énormément à donner ce cachet si particulier au film. La journée, les couleurs sont très jaunes / orangées et très saturées par moment (je pense notamment à la séquence à l'intérieur de la tempête de sable). La photographie souligne parfaitement la chaleur du désert en journée mais n'est pas en reste lors des séquences de nuit avec un bleu très profond et presque surréaliste.


Les nombreux plans larges du film nous permettent de contempler les paysages de Namibie que l'on n'a pas beaucoup l'occasion de voir au cinéma.
Le travail de Miller est d'ailleurs assez remarquable car il arrive à conserver les notions de distance alors que le film entier se passe dans le désert. Les personnages ne semblent perdus à aucun moment et le spectateur non plus.

Les personnages, d'ailleurs, sont très fidèle à l'univers Mad Max : difformes, inquiétants pour certains, délirants pour d'autres. On retrouve tout ce qui faisait le charme de la trilogie.
Le personnage de Max est fidèle à lui-même, très peu bavard et encore plus bestial que jamais. Il n'est pas vraiment présenté mais pourquoi en aurait-il été autrement ? C'est quand même un personnage qui existe depuis plus de 30 ans, pas besoin de perdre du temps dans des présentations redondantes.
Ceci fait que Max est assez discret au début, il en est même un peu relégué au second plan derrière Furiosa qui s'avérera être le miroir de celui-ci au fil de l'intrigue (principalement le miroir du Max du premier épisode, avec un développement assez similaire).

Personnellement, le fait que Max ne soit pas autrement mis en avant de m'a pas dérangé, principalement parce que le personnage de Furiosa est vraiment énorme.
Ce n'est d'ailleurs pas la seule, Nux est également très bien écrit et les personnages secondaires s'en sortent très bien de manière générale.
Ce n'était pas un tâche facile pour Tom Hardy de remplacer Mel Gibson, il en était d'ailleurs conscient. Son but était d'offrir un Max différent de celui des années 80 et le résultat est vraiment convainquant, tant Max n'a jamais semblé autant "Mad". Le jeu de regard de Hardy joue beaucoup là-dedans, couplé au fait qu'il ne s'exprime pratiquement que par des grognements en début de film.


Un mystère qui régnait autour du film était de savoir si la course-poursuite endiablée allait se poursuivre durant l'intégralité du film, ce n'est pas le cas.
Certains moments de repos bienvenus permettent au spectateur de souffler un peu avant la prochaine salve. Ceux-ci permettent également le développement des personnages et leur rapprochement, on en apprendra plus sur le passé de Furiosa notamment.
Il y a, en particulier, un "ventre mou" au milieu du film mais ça ne pose pas vraiment problème, si le film avait été une poursuite non-stop, il y avait le risque que le spectateur se lasse ou ne soit plus impressionné au bout d'un moment.
Tout repart ensuite de plus belle pour une poursuite finale peut-être pas autant impressionnante que la première, mais qui contient son lot de plans extraordinaires. Voir Max traverser l'écran sur une perche pendant que 3 véhicules explosent derrière, ça vaut son pesant de cacahuètes !

Fury road reste fidèle à l'ambiance opéra rock complètement raccord avec le post-apocalyptique steampunk dans lequel se déroulent les événements. A ce niveau, Junkie XL a énormément travaillé sur la musique. On pouvait s'attendre au pire, il faut dire qu'il n'avait pas vraiment brillé sur le dernier 300 (ou sur Night Run plus récemment), mais le résultat final est plutôt surprenant même si on n'aurait pas craché sur plus de thèmes différents. Je retiens surtout le thème principal (celui que l'on entend dans la bande annonce) qui revient plusieurs fois durant le film.
On ressent clairement une influence zimmerienne dans certains thèmes avec un petit peu trop de percussions (ceux qui connaissent le travail de Hans Zimmer verront de quoi je parle) mais ce n'est pas dérangeant dans la mesure que la musique est très souvent noyée dans les effets sonores du film, renforçant encore la sensation de chaos dans le rendu.

Même la post-conversion 3D est réussie, la profondeur est vraiment visible, ça se ressent particulièrement sur certaines séquences (comme la tempête de sable, à nouveau). J'ai entendu dire qu'un technicien spécialisé dans la 3D était présent sur le tournage, ça expliquerait la qualité de la conversion. Je pense également que Miller a regretté de ne pas avoir tourné le film directement dans ce format, il s'est donc assuré que la post-conversion soit de la meilleure qualité possible.


En plus d'être complètement fidèle à l'univers Mad Max des années 80, Fury Road fait donc encore mieux et détrône le second épisode à mes yeux. Cette maîtrise dans le chaos de George Miller atteint des proportions que je ne pensais jamais voir au cinéma.
Je n'ai peut-être pas encore le recul nécessaire pour écrire cet article, mais je tenais vraiment à vous faire part de mes impressions à chaud, quitte à ce que ce soit un peu désorganisé...

Après le ratage total qu'a été le dernier Avengers (dont je parle ici), Mad Max : Fury Road vient donner une leçon à tous ces blockbusters formatés qui ne prennent aucun risque sortis ces derniers mois. Non seulement il relève la barre, mais il la place à un niveau qu'il sera extrêmement difficile d'atteindre.
Je suis également heureux de voir que la Warner a accepté de prendre ce risque avec George Miller qui restait quand même sur un gros échec au box-office avec Happy Feet 2, ça montre qu'un réalisateur peut faire des choses incroyables quand on lui donne les moyens et qu'on ne le bride pas dans ses choix créatifs. J'espère de tout cœur que ce Fury Road va cartonner dans les salles pour que sa suite, déjà prévue, soit confirmée à 100%.

Avec ce film, j'ai renoué avec la sensation de ressortir d'une salle de cinéma soufflé, en ayant l'impression d'avoir vraiment vu quelque chose de grand, chose qui ne m'était plus arrivée depuis un petit moment désormais.
Pour tout ceci je dis merci à George Miller et j'espère que Fury Road fera office de référence pour la suite et que les producteurs oseront se décoincer plus qu'ils ne le sont actuellement, le cinéma ne pourra que en ressortir gagnant.


mardi 12 mai 2015

Minority Report (2002) - Collaboration avec Les Lectures à la pleine lune

Titre : Minority Report

Date de sortie française : 2 octobre 2002

Réalisateur : Steven Spielberg

Scénario : Scott Frank et Jon Cohen (adapté de la nouvelle "The Minority Report" de Philip K. Dick)

Directeur de la photographie : Janusz Kaminski

Montage : Michael Kahn

Musique : John Williams

Durée : 2h25

Avec : Tom Cruise, Colin Farrell, Max Von Sydow, Samantha Morton, Kathryn Morris, 


Synopsis : A Washington, en 2054, la société du futur a éradiqué le meurtre en se dotant du système de prévention / détection / répression le plus sophistiqué du monde. Dissimulés au coeur du Ministère de la Justice, trois extra-lucides captent les signes précurseurs des violences homicides et en adressent les images à leur contrôleur, John Anderton, le chef de la "Précrime" devenu justicier après la disparition tragique de son fils. Celui-ci n'a alors plus qu'à lancer son escouade aux trousses du "coupable"...Mais un jour se produit l'impensable : l'ordinateur lui renvoie sa propre image. D'ici 36 heures, Anderton aura assassiné un parfait étranger. Devenu la cible de ses propres troupes, Anderton prend la fuite. Son seul espoir pour déjouer le complot : dénicher sa future victime ; sa seule arme : les visions parcellaires, énigmatiques, de la plus fragile des Pré-Cogs : Agatha. (Source : Allociné)

Avant-propos


Comme l'annonce si bien le titre de ce petit article, il s'agit ici de la troisième collaboration que j'effectue avec le blog des Lectures à la pleine lune. Une fois n'est pas coutume c'est moi qui ai proposé de parler de cette oeuvre en particulier et je vous conseille chaudement de vous attaquer à l'article rédigé sur la nouvelle par ici avant de passer à la lecture de la partie dédiée au film.

Mon avis


S'il y a bien un réalisateur qui parle à tout le monde, des plus petits aux plus grands, et qui a su marquer plusieurs génération de son empreinte, c'est bien Steven Spielberg.
Minority Report représente dans sa filmographie une de ces œuvres qui a marqué un tournant avec des films beaucoup plus matures à partir de la fin des années 90 et le début des années 2000.

A peine un an après son A.I. Intelligence artificielle, également adapté d'une nouvelle (et qui devait être réalisé par Kubrick mais a été repris par Spielberg après sa mort), le père de Jurassic Park et Indiana Jones reste donc dans la science-fiction et nous livre un film dont la portée donne encore matière à réfléchir plus de 10 ans après.

L'intrigue se passe à Washington, dans un avenir proche, où les meurtres ont été complètement éradiqués grâce aux visions des précogs qui arrivent à prédire un crime proche grâce à certains signes précurseurs. Les noms du futur criminel ainsi que celui de la future victime sont envoyés aux agents de la Précrime dont le chef, John Anderton (Tom Cruise), analyse les images envoyées par les précogs afin de déterminer l'endroit exact où doit se produire le meurtre.
La majorité des meurtres n'étant plus prémédités, les agents de Précrime n'ont donc que quelques minutes pour agir et arrêter la personne qui s'apprête à passer à l'acte.
Tout va cependant basculer quand John va assister à une vision le mettant lui-même en scène. N'ayant pas d'autre choix, il fuit et va se retrouver confronté non seulement à son passé, mais également à son avenir.


Ce qui frappe tout de suite, c'est l'atmosphère résolument dystopique, délicieusement appuyée par la photographie très froide de Janusz Kaminski.
Le monde, au début du film, nous paraît totalement déshumanisé, avec les technologies qui prennent totalement le contrôle sur l'être humain. Ici, les publicités sont omniprésentes et agressives et tout le monde est surveillé perpétuellement. C'est tout le génie visionnaire de Philip K. Dick qui se retrouve ici, il avait déjà compris (en 1956 !) ce que les technologies pouvaient avoir de néfaste avec cet aspect surveillance (NSA ou les réseaux sociaux d'aujourd'hui) et cette publicité omniprésente qui surgit à la manière de nos pop-up actuels.

Il voyait également se profiler ce qu'on pourrait appeler aujourd'hui la tolérance zéro et ses dérives ultra-sécuritaires. Car c'est ce dont il s'agit, on n'arrête pas des criminels, on arrête des futurs criminels (qui ne le sont donc pas encore au moment de leur arrestation, vous suivez toujours ?).

Il en résulte donc tout un paradoxe dans l'essence même de l'idée de la Précrime. Philosophiquement parlant, le film livre une réflexion bien sentie sur le déterminisme et tout ce qu'il implique, à savoir le fait que tout événement découle d'un autre par une relation de cause à effet. Selon Laplace, une personne ayant une connaissance totale de toutes les variables et des situations des individus composant un moment donné serait capable de prédire le futur de manière certaine.

Aidée de ses précogs, la Précrime est donc une police proactive à 100% qui arrête des meurtriers qui ne le sont pas encore. Si nous vivions dans un monde totalement déterministe, on ne pourrait pas décemment condamner quelqu'un pour avoir tué une tierce personne car il ne pouvait pas en être autrement. On peut donc se poser la question du bien fondé de cette organisation.




L'essence du film se retrouve également dans le développement du personnage de John Anderton qui va passer en l'espace de quelques minutes du chasseur au chassé. L'histoire prend dès lors une tournure beaucoup plus humaine tandis que l'on suit Anderton dans sa cavale. Persuadé de ne vouloir commettre aucun crime, il va être confronté à son passé (et son avenir !) et la question se pose alors de savoir jusqu'à quel point décide-t-on de ses actions...Il y a un glissement du déterminisme vers un aspect beaucoup plus tourné vers le libre-arbitre.

Au fur et à mesure des recherches de John, on apprend comment il a perdu son fils et qu'il se sent responsable. Il faut d'ailleurs souligner que Tom Cruise livre une excellente prestation et permet au spectateur de se prendre d'affection pour son personnage malgré son côté  un peu sombre (il est devenu accro à une drogue de synthèse depuis la disparition de son fils par exemple).

Spielberg arrive vraiment à transcender son histoire avec cette caméra très libre qui nous offre parfois des mouvements très audacieux. Une scène particulièrement marquante est celle où John se repose après avoir subi une greffe des yeux et que des agents du Précrime arrivent pour "scanner" l'iris de toutes les personnes présentes dans l'immeuble à l'aide d'araignées robotisées.
Cette scène est impressionnante par le suspense qui s'en dégage mais également car elle est filmée en plan-séquence assez virtuose où la caméra va passer d'un appartement à l'autre en filmant toujours l'action du dessus, splendide !


J'ai parlé de Tom Cruise plus haut mais tout le casting s'en sort bien, même Colin Farrell alors qu'il a tendance à m'agacer un peu dans certains de ses rôles. Samantha Morton (Agatha) joue parfaitement son rôle "d'humain déshumanisé" et son impact sera considérable à la résolution de l'intrigue.
Une intrigue qui est d'ailleurs très bien dosée, avec son lot de rebondissements pas forcément très surprenants mais qui fonctionnent plutôt bien. On aurait peut-être pu espérer un peu plus de folie de la part de Spielberg mais ce serait chipoter sur pas grand chose car le rythme est vraiment très bon.

Pour ce film, John Williams a pu composer la musique après avoir vu une version quasi-définitive du film. Souhaitant être lui aussi fidèle à l'ambiance, il livre une partition plus expérimentale que ce qu'on a l'habitude d'entendre chez lui, avec des sons mélangeant orchestre symphonique classique et synthétiseur. D'ailleurs, Spielberg lui-même a déclaré que le score de Williams se "ressentait" plus qu'il ne s'entendait, on ne saurait lui donner tort...

Minority Report, bien qu'il n'entre pas dans mes Spielberg préférés, est donc un bon ambassadeur du "tournant" (mais le mot est peut-être un peu fort) qu'a pris la filmographie du cinéaste à l'aube du troisième millénaire. En plus d'être une fois de plus une excellente adaptation d'une oeuvre de Philip K. Dick (il n'a clairement pas à rougir vis-à-vis de films comme Blade Runner ou Total Recall pour ne citer qu'eux), le film arrive à encadrer son sujet à merveille. La réflexion sur le déterminisme et les dérives d'un système ultra-contrôlé donne de quoi réfléchir, on en arriverait presque à se demander s'il existe vraiment un mur entre la science-fiction et la réalité.
Les thématiques abordées démontrent non seulement la vision extrêmement visionnaire de Philip K. Dick mais n'ont en plus jamais été aussi actuelles en cette époque où on ne sait jamais vraiment où et quand nous sommes surveillés.


lundi 4 mai 2015

Avengers : L'Ère d'Ultron (2015)

Titre original : Avengers: Age of Ultron

Date de sortie française : 22 avril 2015

Réalisateur : Joss Whedon

Scénario : Joss Whedon, inspiré des personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby

Directeur de la photographie : Ben Davis

Musique : Brian Tyler et Danny Elfman

Durée : 2h22

Avec : Robert Downey Jr., Chris Evans, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Scarlett Johansson, Jeremy Renner, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, James Spader, Paul Bettany, Don Cheadle, Samuel L. Jackson



Synopsis : Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine.Afin d’empêcher celui-ci d’accomplir ses sombres desseins, des alliances inattendues se scellent, les entraînant dans une incroyable aventure et une haletante course contre le temps… (Source : Allociné)

Mon avis


Dernier né du Marvel Cinematic Universe, Avengers: L'Ère d'Ultron regroupe pour la deuxième fois tous les super-héros emblématique du petit monde de Marvel, 3 ans après un premier opus plutôt réussi.
Etant l'avant-dernier film de ce qui constitue la Phase 2 du MCU (celle-ci va s'achever avec la sortie de Ant-Man en juillet prochain), le film promettait d'apporter certaines réponses à l'intrigue développée dans les différents films sortis ces deux dernières années, et plus particulièrement à celle mise en avant dans Captain America : Le Soldat de l'Hiver dont ce nouveau Avengers est la suite directe.

Déjà garanti d'un carton historique au box-office, le film est-il à la hauteur des attentes et des enjeux posés ou est-ce que le MCU commence véritablement à perdre son souffle ?

Pas besoin de tergiverser bien longtemps : c'est mauvais, voire même très mauvais par moments.
Il existe de ces films où on sait dès le premier plan qu'on va avoir à faire à quelque chose de médiocre, cet Avengers en fait partie.
L'histoire s'ouvre sur l'attaque d'une base HYDRA par les Vengeurs avec pour but de s'emparer du sceptre de Loki. Cette scène débute en fait par un plan-séquence en numérique où la caméra passe d'un Vengeur à l'autre (à la manière de ce qui avait été fait dans le premier Avengers) avant de finir par le fameux plan, déjà visible dans les bande-annonces, où tous les héros sont côte-à-côte, au ralenti. Le ton est vite donné, tant la séquence est kitsch.


De retour à leur base, Tony Stark (Robert Downey Jr.), aidé à contrecœur par Bruce Banner (Mark Ruffalo), décide d'utiliser le temps qu'il a en possession du sceptre pour concrétiser un projet de longue date : Ultron, une intelligence artificielle destinée à assurer la paix dans le monde en éliminant toute menace (extraterrestre essentiellement).
J'aborde justement ici ce que je considère comme un des plus gros problèmes du film (et c'est d'ailleurs un comble), c'est Ultron lui-même.
Ce dernier décide en effet d'éliminer ce qu'il considère comme la plus grande menace pour l'humanité : l'humanité elle-même ! On peut éventuellement saluer cet aspect qui touche assez juste au vu de ce qu'il se passe dans le monde actuellement, mais le problème vient du fait que Ultron se retrouve donc comme le grand méchant de l'histoire sans véritable raison, ça le rend donc tout de suite inintéressant. Dans son ensemble, celui-ci est complètement raté : il ne dégage aucune impression de puissance, aucun charisme et même le doublage de James Spader n'est pas à la hauteur, il faut dire qu'il n'est pas non plus aidé par les dialogues attribués à Ultron qui, lorsqu'il n'est pas en train d'expliquer son plan machiavélique pour exterminer les humains, se perd à citer du Nietzsche...ça fait peine à voir, on est bien loin du charisme d'un Loki (qui a d'ailleurs été coupé au montage pour la version cinéma).

Ce qui choque également, c'est l'absence totale d'enjeux. C'est d'ailleurs vraiment dommageable d'avoir un film de cette envergure censé apporter des réponses à certaines des "grandes" questions laissées en suspens dans les films précédents et n'avoir finalement que le néant scénaristique dans le produit final.
On sent malgré tout que Joss Whedon a essayé d'instaurer une ambiance plus sérieuse et plus pesante que ce qu'on trouve habituellement chez Marvel. Cependant, et il fallait s'y attendre, ceci est complètement gâché par de la dédramatisation à toutes les sauces. On commence à avoir des enjeux dramatiques ? Ça se passe mal pour nos Vengeurs ? Hop, on a une petite blague qui arrive et qui casse complètement le truc ! Ce problème était déjà présent dans le premier Avengers mais c'était bien moins handicapant qu'ici.


Du coup, les enjeux sont très vite détruits et tout devient extrêmement prévisible. Tout ceci sans parler du fait que le film souffre d'un énorme problème de rythme. Il commence en effet sur les chapeaux de roue avec la séquence dans la base HYDRA puis va ensuite enchaîner les moments de tension et de relâchements de manière assez anarchique. En guise de gros ventre mou, je me sens obligé de mentionner cette scène un peu surréaliste où les Avengers se réfugient dans la maison de Hawkeye (Jeremy Renner) perdue au milieu de nulle part dans un décor qui n'a rien à envier à "La petite Maison dans la Prairie".
Forcément, entre le rythme à la ramasse et l'absence totale d'enjeux, difficile de vraiment s'enthousiasmer. C'est d'ailleurs le premier Marvel où je me suis profondément ennuyé durant la quasi-totalité du film, c'est quand même extrêmement rédhibitoire.

Au niveau des personnages, on retrouve la "petite" clique du premier opus mais le développement des personnages est clairement inégal. Le personnage de Hawkeye, par exemple, a droit à un traitement particulièrement poussé dans L'Ère d'Ultron, si bien que je me demande si Jeremy Renner n'aurait pas été frustré d'avoir un rôle si anecdotique dans le premier film et aurait demandé à la production de mettre plus en avant son personnage.
Un développement particulier est également accordé à la relation entre Bruce Banner et Natasha Romanoff (Scarlett Johansson), c'est bien beau mais, encore une fois, ça ne sort de nulle part et c'est complètement inintéressant en plus d'être pénible à regarder.

Chez les petits nouveaux, on fait la rencontre des jumeaux Maximoff : Quicksilver (Aaron Taylor-Johnson) et Scarlet Witch (Elizabeth Olsen), tout d'abord du côté de l'HYDRA (qui leur a donné leurs pouvoirs grâce au sceptre de Loki) puis d'Ultron, avant de se ranger du côté des Vengeurs en découvrant le véritable plan du principal antagoniste.
Les personnages sont plutôt intéressants mais ils ne sont pas exploités de la même manière. Wanda est plutôt intéressante et joue un rôle intéressant vers la fin de l'histoire.
Pietro avait un gros potentiel mais il a malheureusement été gâché, le personnage étant complètement sous-exploité et inutile au récit. On est bien loin du Quicksilver de Bryan Singer dans X-Men: Days of Future Past qui apparaissait assez peu mais qui en jetait vraiment.
Au vu de tout le teasing qu'il y avait eu autour des deux jumeaux à la fin du dernier Captain America, on était vraiment en droit de s'attendre à mieux.


L'Ère d'Ultron voit également l'arrivée de Vision (Paul Bettany), en quelque sorte une personnification de Jarvis, qui est finalement l'un des personnages les plus intéressants, que ce soit au niveau du design où de la place qu'il pourrait prendre dans l'histoire. Il n'est malheureusement pas assez exploité à mon goût, n'apparaissant que dans le dernier quart du film. J'espère cependant qu'il reviendra dans le futur car il y a vraiment moyen d'en faire quelque chose (et Paul Bettany a vraiment la classe !).

Niveau réalisation, c'est déjà bien plus agréable à regarder que le dernier Captain America et ses combats filmé par des parkinsoniens. Il y a certaines bonnes idées mais ça reste somme toute classique pour un blockbuster dans le genre, il y a tout de même certaines séquences dont le rendu fait vraiment faux (à nouveau, le plan-séquence introductif). Il faut par contre de nouveau se coltiner la post-conversion en 3D made in Marvel qui est toujours autant ratée, tant le film n'est pas du tout pensé pour le format. J'ai désespérément cherché un peu de profondeur dans l'image durant toute la projection, en vain (mis à part les sous-titres...). Préférez donc une projection classique si vous en avez l'occasion, vous économiserez le prix de la 3D (ce qui est un moindre mal).

Pour en finir avec tout ce qui ne va pas, il faut se farcir une énième fois la soupe musicale insipide de Brian Tyler qui n'aide vraiment à rendre la chose épique, tant c'est le bordel par moment. Même ce pauvre Danny Elfman est venu participer au naufrage, à croire qu'il avait besoin d'arrondir ses fins de mois...

Peu de bonnes choses à retenir donc de cette deuxième réunion des Avengers, l'effet de surprise qui avait grandement contribué à rendre le premier opus franchement agréable s'est estompé et on se retrouve avec un long-métrage pénible à regarder sans aucun enjeu digne d'intérêt (et on ne me fera pas croire que la version longue y changera quelque chose). De l'aveu même de Joss Whedon, le tournage a été extrêmement éprouvant et on ne le retrouvera d'ailleurs pas pour les deux parties de Infinity War qui ont été confiées aux frères Russo, peu rassurant quand on voit leur travail sur le dernier Captain America.


Au-delà de L'Ère d'Ultron, j'aimerais également passer un coup de gueule contre la machine Marvel qui rouille de plus en plus au fil des films : le constat est très net, sur les quatre derniers films estampillés MCU, trois étaient mauvais, seuls Les Gardiens de la Galaxie avait réussi à se démarquer en proposant un vent de fraîcheur bienvenue chez le géant des comics. Il serait peut-être temps de se remettre en question, mais je doute fortement que Kevin Feige (le grand gourou du MCU) ne modifie ne serait-ce qu'une ligne de son cahier des charges.
Tout n'est pas perdu cependant, avec la Phase 3 qui va voir débarquer son lot de personnages inédits au MCU, chacun ayant son propre film (Docteur Strange, Black Panther ou même Spiderman sur lequel Marvel a récupéré les droits). C'est peut-être là l'occasion d'apporter quelque chose de neuf à cet Univers qui s'enfonce de plus en plus dans la médiocrité, c'était d'ailleurs le grand espoir que je portais en Ant-Man...jusqu'à ce que Edgar Wright quitte le projet l'an dernier.

Pour conclure, je dirais que Infinity War s'annonce sous de très mauvais augures, tant il va être compliqué de gérer le grand nombre de personnages qui vont venir se greffer aux Vengeurs.
Si vous êtes allergique au genre super-héroïque, vous allez donc devoir souffrir en silence encore un long moment car la mode n'est de loin pas prête de s'arrêter.