jeudi 9 avril 2015

Big Eyes (2015)

Titre : Big Eyes

Date de sortie française : 18 mars 2015 (25 mars en Suisse)

Réalisateur : Tim Burton

Scénario : Scott Alexander et Larry Karaszewski

Directeur de la photographie : Bruno Delbonnel

Musique : Danny Elfman

Durée : 1h46

Avec : Amy Adams, Christoph Waltz, Jason Schwartzman, Krysten Ritter, Danny Huston, Terence Stamp




Synopsis Big Eyes raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail. (Source : Allociné)

Petit retour sur Burton


Avant de parler du film en soi, je tenais à revenir, le temps de quelques lignes, sur un réalisateur que pratiquement tout le monde connaît, je veux bien entendu parler de Tim Burton.
Il faut dire que j'entretiens avec le personnage une "relation" qui n'est pas toujours au beau fixe. Je suis parfaitement conscient qu'il a su se forger son propre univers fantastique et gothique, reconnaissable au premier coup d’œil, et j'ai un certain respect à son égard vis-à-vis de ça. Cependant, ça fait maintenant quelques années qu'il semble perdu dans ce même univers, sans vraiment réussir à en faire quelque chose de neuf.

Si Burton est principalement connu auprès du grand public pour ses collaborations avec Johnny Depp et sa femme, Helena Bonham Carter (au point que c'en est presque devenu un running gag), ce sont véritablement ses deux films Batman qui lui ont permis de se faire un nom au début des années 1990. Il a depuis été assez prolifique, alternant le très bon (Ed Wood, Sleepy Hollow, Big Fish) et le mauvais (La Planète des Singes, l'épisode le plus ignoble de la franchise ou Alice au Pays des Merveilles qui est vraiment de mauvais goût).
De manière plus générale, j'ai vraiment l'impression que Burton est en train de s'essouffler depuis une dizaine d'années : c'est-à-dire l'époque de Charlie et la Chocolaterie et Les Noces Funèbres. Depuis, il tombe sans cesse dans l'auto-parodie avec cet univers gothique et ces personnages principaux solitaires, les yeux cernés et exposés à la méchanceté du monde extérieur (et avec toujours Johnny Depp et Helena Bonham Carter !).
Je n'ai rien contre son style gothique, c'est juste qu'il y a un fossé immense entre l'univers très mature d'un Batman et l'univers gothique tel que vu par les yeux d'un enfant de ses films récents,

Récemment, nous avons eu droit à Dark Shadows, qui avait du potentiel mais qui a été gâché, et à Frankenweenie que je n'ai pas encore eu l'occasion de voir mais dont j'ai eu de bons retours.
Avec l'annonce de Big Eyes et le retour de Burton au biopic plus de 20 ans après Ed Wood, nous étions légitimement en droit d'espérer un film qui s'écarterait enfin des sentiers tracés par le cinéaste depuis tant d'années.


Mon avis


Inspiré de faits réels, Big Eyes raconte l'histoire de Margaret Ulbrich (Amy Adams) qui quitte son mari avec sa fille pour aller vivre à San Francisco. Elle espère y trouver un travail grâce à son talent : la peinture. Les opportunités étant peu nombreuses, elle se retrouve à peindre des portraits en public qu'elle revend à des prix dérisoires.
C'est là qu'elle rencontre Walter Keane (Christoph Waltz), lui-même peintre (ou prétendu l'être), qui remarque tout de suite le talent et le style particulier de Margaret : tous ses tableaux représentent en effet des enfants avec de très grands yeux, son modèle principal étant sa propre fille.
Pour éviter d'avoir à céder la garde de sa fille, Margaret épouse Walter et prend par la même occasion son nom de famille.

Walter souhaite absolument que les peintures de sa femme soient affichées dans une galerie d'art. En voyant que les tableaux n'ont pas le succès escompté, il décide petit à petit de s'attribuer la paternité des tableaux, sachant qu'ils auront plus de succès si le public est au courant qu'ils sont l'oeuvre d'un homme. Celui-ci va petit à petit en vouloir toujours plus et Margaret va se sentir de plus en plus mal de vivre dans l'ombre et de voir son mari récolter tout le mérite à sa place.

Comme attendu, ce qui choque au premier coup d’œil dans le film est l'absence totale de la patte de Tim Burton, exit les univers loufoques. L'essentiel de l'intrigue se passe en effet à San Francisco, nous avons donc droit à certains plans quasi-inédits chez le cinéaste puisqu'il filme une ville existant réellement.
On remarque toutefois assez vite qu'il s'agit très certainement d'un des films les plus personnels de Burton quand on sait à quel point l'art (et les artistes en général) l'intéresse. Ce n'est pas non plus un hasard s'il a choisi l'histoire de Margaret Keane et de ses tableaux de filles aux grands yeux car c'est certainement la partie du corps qu'il a le plus souvent mis en avant dans sa filmographie, bon nombre de ses personnages possédant des yeux disproportionné (Les Noces Funèbres, Charlie et la Chocolaterie, Frankenweenie, même l'Etrange Noël de M. Jack dont il est scénariste).
Ainsi, même si son style ne se retrouve pas au niveau visuel, il se devine parfois aux thématiques abordées.


En raison du budget, 10 millions de dollars contre plus de 150 millions pour Alice et Dark Shadows, Burton s'est retrouvé obligé de tourner en numérique, meilleur marché, lui qui était toujours resté fidèle à la pellicule jusque-là. Il en résulte une image différente de ce qu'on a l'habitude de voir chez lui mais je dois admettre que ça rend vraiment bien à l'écran. Le mérite revient principalement à Bruno Delbonnel (qui avait déjà oeuvré chez Jean-Pierre Jeunet et les frères Coen) qui nous livre une photographie débordante de couleur, parfois à la limite du réaliste et penchant presque vers le décor de carte postale par moment (je pense notamment au passage à Hawaï).
Tout ceci est bien évidemment en raccord avec le sujet même du film, certains plans faisant véritablement penser à des tableaux vivants.

D'une manière générale, la mise en scène est assez classique, il n'y a pas vraiment d'extravagance comme on en trouve dans le reste de la filmographie de Burton. On peut même se demander si le cœur y était vraiment quand il a filmé son histoire quand on sait qu'il n'était pas censé le réaliser à la base (il devait uniquement être producteur et les deux scénaristes devaient le réaliser). Ça m'a quand même permis de me rendre compte que je dois avoir un problème avec le style Burton en général car je pense que c'est le plus beau film que j'aie vu de lui depuis Big Fish (qui était différent de ses autres films par l'image mais moins par les thématiques).

Autre fait rare chez Burton, il s'est attaché les services de deux acteurs avec qui il n'avait jamais tourné, laissant complètement de côté ses traditionnels acteurs fétiches. Il s'agit en effet de son premier film en images réelles depuis Big Fish (encore une fois !) à ne pas avoir Johnny Depp ou Helena Bonham Carter au casting. Encore une fois je trouve ça très intéressant qu'il arrive à se renouveler de ce côté-là, de plus Christoph Waltz, Amy Adams et surtout Jason Schwartzman sont des acteurs que j'apprécie énormément (même si ce dernier apparaît très peu à l'écran).


Ce choix s'avère payant car tous les acteurs jouent très bien. Amy Adams est touchante dans la peau de cette femme déchirée entre la frustration de vivre dans l'ombre de son mari et la peur de ce que ce dernier pourrait lui faire si elle révélait leur secret. Adams arrive à faire passer énormément d'émotions avec son regard, ce qui n'est pas anodin quand on est devant un film qui s'appelle Big Eyes.
Étrangement, j'ai eu un peu de mal avec le jeu de Christoph Waltz au tout début du film, sans que je n'arrive vraiment à expliquer pourquoi. J'ai trouvé qu'il cabotinait un peu et j'ai eu de la peine à m'intéresser au personnage dans les premières minutes. Ça s'arrange nettement par la suite quand il commence à être attiré par l'appât du gain et ça se termine en beauté avec son immense pétage de câble au tribunal.

Tous les autres personnages sont vraiment secondaires mais je tenais à mentionner vite fait le critique d'art John Canaday (Terence Stamp) qui est un des seuls à trouver les tableaux de Keane "honteux" et de "mauvais goût". Il tient d'ailleurs un discours intéressant en disant que ce n'est pas parce que les gens aiment que ça devient de l'art, on a peut-être ici un message subtile de Burton à ses détracteurs mais il est possible que je surinterprète, surtout que le film s'ouvre sur une citation de Warhol qui dit plus ou moins le contraire.

Danny Elfman, qui a composé la musique de quasiment tous les films de Burton, nous livre ici une partition assez discrète et qui ne restera pas dans les mémoires, bien qu'elle soit plutôt agréable.
Les chansons sont interprétées par Lana Del, dont je ne suis déjà pas fan à la base, et ne collent absolument pas au film car elles arrivent à des moments complètement improbables. Je n'ai rien contre une bonne musique durant le générique mais là ça sonnait vraiment bizarre en plus de ne pas être nécessaire.


Big Eyes est donc un film vraiment très agréable en plus d'être une bouffée d'air frais dans l'univers résolument étrange de Tim Burton. Dire qu'il commence à se racheter une crédibilité artistique avec ce film serait un peu fort, mais on sent vraiment qu'il a voulu faire quelque chose de vraiment personnel sur un sujet qui le touche vraiment.
Il y a un parti pris flagrant de Burton envers Margaret et ça se sent dans la manière dont est traité le personnage de Walter qui est souvent tourné en ridicule. La scène du tribunal, par exemple, est une des plus drôles du film de par le numéro de Christoph Waltz.

Si vous faites partie de ceux - et il y en a - qui sont allergiques au style du réalisateur, vous risquez d'en sortir agréablement surpris. Si, au contraire, vous êtes un fan, vous vous sentirez peut-être un peu dépaysé au début, mais ça ne devrait pas vous empêcher d'apprécier le film...à moins d'être complètement hermétique à l'histoire.


samedi 4 avril 2015

Fast & Furious 7 (2015)

Titre original : Furious 7

Date de sortie française : 1er avril 2015

Réalisateur :  James Wan

Scénario : Chris Morgan

Directeur de la photographie : Stephen F. Windon

Musique : Brian Tyler

Durée : 2h20

Avec : Vin Diesel, Paul Walker, Jason Statham, Dwayne Johnson, Michelle Rodriguez, Tyrese Gibson, Chris Bridges, Jordana Brewster et Kurt Russell




Synopsis Dominic Toretto et sa « famille » doivent faire face à un mystérieux agresseur, Deckard Shaw, bien décidé à venger son frère, Owen Shaw, qui a été gravement blessé par la bande de Dominic. (Source : Wikipédia).

Mon avis


La franchise de bagnoles la plus connue du grand public et la plus rentable de chez Universal est de retour pour une 7ème cuvée ! Celle-ci a bien évidemment une saveur un peu particulière avec la mort de Paul Walker qui est intervenue en plein milieu de tournage et qui a repoussé la sortie du film de 9 mois. Avant de parler de ce dernier volet, je tenais à revenir rapidement sur cette franchise qui me tient particulièrement à cœur.

Les deux premiers épisodes (sortis respectivement en 2001 et 2003) se démarquaient par leur ambiance très underground et étaient complètement axée sur le côté courses urbaines et tuning. Cet aspect a d'ailleurs lancé une sorte de mode à l'époque, avec des jeux comme Need For Speed Underground qui s'inspiraient fortement de cet univers.
Fast and Furious et sa suite font partie de ces films qui ont considérablement marqués ma jeunesse et qui m'ont permis de commencer à développer une affection certaine pour les personnages, même si, de manière objective, la qualité des films n'était pas vraiment folichonne (la faute à une réalisation assez dégueulasse).

Tokyo Drift (2006) est un épisode que je considère un peu à part à cause du fait que tous les principaux protagonistes des autres films sont absents (à l'exception de Vin Diesel qui apparaît pour un caméo). L'ambiance des deux premiers films était là mais le personnage principal (interprété par Lucas Black) manquait clairement de charisme et le film, même si je l'ai apprécié à sa sortie, reste un peu en retrait me concernant. Il viendra quand même, par la suite, se rattacher au reste de la franchise pour lui permettre d'enlever son label un peu "bâtard" qu'il traînait avec lui.



Le quatrième opus (2009) a commencé à marquer le changement d'orientation de la franchise vers un aspect résolument tourné vers l'action. Le film en souffre d'ailleurs car cet aspect n'est pas encore maîtrisé (et assumé) et il en résulte que Fast & Furious 4 est clairement le moins bon épisode de la franchise à mes yeux.

Fast & Furious 5 (2011) transforme formidablement l'essai en proposant cette fois-ci ce qui est devenu le leitmotiv de la série depuis : l'action à 100% en assurant complètement la surenchère permanente. Il n'est désormais plus question de crédibilité, c'est du fun, des money shots en veux-tu en voilà et une réalisation solide derrière. Il faut aussi dire que l'arrivé de Dwayne Johnson y est pour quelque chose, la brutalité de son personnage (Luke Hobbs) s'intègre totalement à cet état d'esprit.

La sixième fournée (2013) gardait le même ton, en allant encore plus loin dans la démesure, avec certaines séquences complètement folles, allant même jusqu'à rendre le tout parfois absurde (on se rappelle tous de la fameuse séquence de l'aéroport avec la piste qui ne finit jamais).
Ces deux derniers épisodes représentent à mes yeux la quintessence de la franchise, avec deux films qui ne se prennent jamais vraiment au sérieux et des séquences mémorables, là où beaucoup de blockbusters actuels essaient de jouer la carte plus sombre avec de la dédramatisation toutes les 5 minutes.


Autant dire que j'attendais de pied ferme ce 7ème épisode, d'autant plus qu'il marque l'arrivée de James Wan (Saw, Insidious, Conjuring) aux commandes, Justin Lin ayant décidé de se tourner vers d'autres projets. J'étais très curieux de voir s'il allait arriver à rester dans l'esprit de la série tout en y injectant sa patte. J'attendais également (avec un peu d'appréhension certes) de voir quel traitement il allait accorder à Paul Walker et son personnage alors qu'il lui restait encore de nombreuses scènes à tourner au moment de sa mort tragique le 30 novembre 2013.

Le film débute à peu de choses près là où s'était conclu le précédent, avec la bande à Dominic Toretto (Vin Diesel) qui est de nouveau mis face à un gros problème, personnifié par Deckard Shaw (Jason Statham) qui veut venger son frère Owen (Luke Evans), sérieusement amoché par Dom et sa "famille" à la fin du sixième opus.
Scénario toute somme classique mais efficace, avec tout le film qui va se concentrer sur cette confrontation entre Shaw et la bande à Dom, tout en cherchant à mener Brian vers une porte de sortie digne de la place qu'il aura tenu dans la série.

L'histoire commence directement par une grosse scène de baston que j'attendais particulièrement, celle entre Hobbs et Shaw, qui va d'ailleurs se finir plutôt mal pour ce premier. Ceci amène directement un premier point que je voulais aborder, il s'agit de la quasi absence de Dwayne Johnson qui ne joue vraiment un rôle qu'au tout début et à la toute fin. Alors certes ça rend ses apparitions assez mémorables (quoi de plus jouissif que de le voir canarder un hélicoptère avec une sulfateuse ?) mais je pense qu'une plus grande présence à l'écran aurait permis à l'histoire de prendre encore une autre envergure.


Le film respecte parfaitement le ton posé par la franchise depuis le cinquième épisode, à savoir de l'action décomplexée et survitaminée du début à la fin. Cependant, celui-ci adopte un ton beaucoup plus sérieux que ses deux prédécesseurs, mort de Paul Walker oblige, et je trouve que ça pose un peu problème. La force de la franchise est d'assumer complètement son côté surréaliste dans un cadre résolument second degré et au ton léger ; le fait de rendre l'histoire plus sérieuse fait perdre sensiblement cet aspect second degré et, du coup, rend le film beaucoup moins décomplexé que ce qu'on serait en droit d'attendre.

Alors certes, ça ne détruit pas le film mais l'action devient soudainement beaucoup plus lourde et l'humour plus beauf. En guise d'exemple, je prendrai le personnage de Roman Pearce (Tyrese Gibson) : celui-ci a toujours été le comic relief de la saga mais ça passait toujours très bien quand le ton lui-même était raccord. Ici, il tombe dans une espèce de cabotinage qui pourrait vite devenir assez exaspérant car, pour le coup, on en arrive à faire de la dédramatisation, ce qui n'est justement pas le but de la série !

Certes je chipote un peu, ce point en particulier ne m'a d'ailleurs pas plus dérangé que ça mais ça montre que la production s'est clairement retrouvée devant une situation difficile à gérer après la mort de Paul Walker et qu'ils ont préféré jouer cette carte plutôt que de prendre le risque de présenter un film dans la lignée des deux précédents et que ça passe mal. De ce point de vue-là, je ne peux donc pas vraiment leur en tenir rigueur.


Un autre point que j'aimerais soulever est la réalisation : on était en droit de s'attendre à ce que James Wan injecte un peu de son essence au film, il s'avère que ce n'est pas vraiment le cas.
Afin de coller au maximum au style de Justin Lin, Wan a certainement été confronté à un cahier des charges qui a considérablement limité sa liberté d'action. On se retrouve donc avec des séquences parfois grandioses mais souvent brouillonnes, certaines scènes d'action étant d'ailleurs particulièrement illisibles par moments.
Dans l'ensemble, ça reste cependant plutôt agréable à regarder avec des combats au corps-à-corps plutôt bien chorégraphiés (et dieu sait s'il y en a) et certaines bonnes idées de mise en scène.

Comme la saga nous en a donné l'habitude depuis quelques temps maintenant, nous avons droit à certaines séquences particulièrement épiques (la scène à Abu Dhabi à elle seule mérite de payer l'entrée) et toujours autant fun à regarder. Cette surenchère permanente a quand même un aspect négatif : en effet, nous avons droit à des séquences tellement folles que la scène d'action finale (qui est d'ailleurs très longue) fait plutôt pâle figure à côté et s'avère assez décevante. On pourra mettre ça sur le compte de l'écriture mais j'espère que ce n'est pas un premier signe d'épuisement dans une saga qui n'avait plus connu de baisse de régime depuis le quatrième épisode.

Au niveau du casting, nous voyons donc débarquer Jason Statham en tant que principal antagoniste et, même s'il n'apparaît pas tant que ça à l'écran, sa présence fait plaisir car il trouve là un rôle qui lui convient plutôt bien. On pourra regretter que sa "fin" soit quelque peu ridicule (et un peu facile) mais rien de bien fâcheux non plus.
Je tiens aussi à noter la présence de Kurt Russell, essentiellement connu pour ses rôles chez John Carpenter et qui effectue enfin son retour sur le devant de la scène (il va également jouer dans le prochain film de Tarantino en fin d'année). Malheureusement, son personnage n'est pas vraiment intéressant et se révèle finalement assez inutile et mal exploité.


Je ne peux bien sûr pas parler de Fast & Furious 7 sans évoquer le cas Paul Walker. Comme déjà mentionné, la production a été obligée de se mettre en pause afin de modifier le scénario et de trouver un moyen de quand même terminer les scènes que Walker devait tourner.
La production s'est donc tournée vers ses deux frères, Cody et Caleb, pour lui servir de doublure sur les plans larges, tandis que le visage de Paul a été reconstitué numériquement sur leurs corps pour les plans rapprochés.
Résultat ? On n'y voit que du feu ! A vrai dire, il n'y a que deux plans où j'ai eu une impression un peu étrange, dont la séquence de fin car je savais qu'elle avait été précisément tournée après la mort de l'acteur.

Cette fin, parlons-en justement (et stoppez donc votre lecture ici car des SPOILERS arrivent!) : une des principales interrogations que j'avais était de savoir par quelle astuce scénaristiques ils allaient mettre Brian "à la retraite", on savait qu'il s'agirait d'un hommage mais sans savoir quelle forme il allait prendre.
Et là je lève mon chapeau car c'est extrêmement réussi et ça devrait toucher tous ceux qui ont suivi la franchise depuis le début. L'hommage est le fait de Vin Diesel en personne et prend la forme d'une magnifique métaphore, faisant un parallèle entre le parcours de Brian et celui de son interprète avec un dernier plan où la voiture de Dom et celle de son meilleur ami prennent chacun une route différente...belle manière de conclure (la larmichette n'était d'ailleurs pas loin mais mon cœur de pierre a empêché ça).

Cette nouvelle fournée de la franchise n'atteint donc pas les hauteurs de ses deux prédécesseurs, la faute à un ton beaucoup plus sérieux (mais obligé par les circonstances) et à une réalisation un peu en deçà. Cependant, le film joue à nouveau parfaitement son rôle de divertissement jouissif à regarder et contenant bon nombre de séquences mémorables.
Reste à voir maintenant la direction que prendra le 8ème épisode, déjà confirmé depuis longtemps, sans son acteur principal. Pour moi, la boucle est bouclée mais je ne demande qu'à être surpris, la franchise a déjà prouvé avec éclat qu'elle gérait parfaitement les changements d'orientation.

samedi 14 mars 2015

Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (2014) - Collaboration avec La Magie des Mots

Titre original : Hundraåringen som klev ut genom fönstret och försvann

Date de sortie française : 28 mai 2014

Réalisateur : Felix Herngren

Scénario : Felix Herngren et Hans Ingemansson (adapté du roman de Jonas Jonasson)

Directeur de la photographie : Göran Hallberg

Musique : Matti Bye

Durée : 1h54

Avec : Robert Gustafsson, Iwar Wiklander, David Wiberg, Mia Skäringer, Alan Ford





Synopsis Le jour de son 100ème anniversaire, un homme s'échappe de sa maison de retraite pour une cavale rocambolesque, certain qu'il n'est pas trop tard pour tout recommencer à zéro. Débute alors une aventure inattendue et hilarante aux côtés d'un escroc, d'un vendeur de hot-dogs, d'une rousse et d'un éléphant... (Source : Allociné)

Avant propos


Presque 4 mois après l'article que j'ai écrit sur Da Vinci Code, voici enfin venue la seconde collaboration avec le blog des Lectures à la pleine lune. Le principe reste toujours le même : il est conseillé de lire en premier l'article portant sur le livre que vous pouvez trouvez dès à présent par ici et passer ensuite à celui écrit par mes soins et portant uniquement sur le film en lui-même.

Mon avis


Gros succès surprise de l'an dernier avec plus de 50 millions de dollars récolté dans le monde pour un budget initial de 60'000'000 couronnes suédoises (soit l'équivalent de 7.5 millions de dollars), Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire s'est imposé comme le 3ème plus gros succès pour un film suédois à l'international derrière les deux premiers volets de la série Millenium.

J'étais allé le voir un peu par hasard au cinéma l'an passé dans sa version française et j'avais trouvé le film vraiment bon, avec un humour qui me parlait totalement.
Afin de pouvoir donner mon avis dans les meilleures dispositions, je me suis résolu à le revisionner mais dans sa version originale suédoise pour le coup, puisque c'est uniquement de la sorte que le métrage peut être jugé à sa juste valeur.

Tout d'abord, de quoi parle-t-on ? C'est l'histoire de Allan Karlsson (Robert Gustafsson) qui, le jour de ses 100 ans, décide de s'évader de la maison de retraite dans laquelle il est pensionnaire pour partir à l'aventure.
Sur son chemin, il va se retrouver par hasard (je n'expliquerai pas comment) en possession d'une valise contenant 50 millions de couronnes. Vont ensuite se mettre à sa poursuite non seulement un gang de motards qui doit récupérer l'argent mais également la police car il a été porté disparu après sa fuite.
Durant son "road trip", il va faire la connaissance de différents personnages qui vont continuer le chemin avec lui et l'histoire sera régulièrement entrecoupée de flashbacks racontant toute la vie de Allan, sa passion pour les explosions et les grandes choses qu'il a accomplies.


Le premier parallèle qui saute aux yeux est évidemment celui fait avec Forrest Gump, la différence ici est que le simple d'esprit est remplacé par un vieillard. Tout comme Forrest, Allan a en effet eu un rôle prépondérant, souvent sans vraiment le vouloir, dans certains événements ayant marqué l'histoire.
Cependant, alors que Forrest reste assis sur son banc durant l’entièreté de l'histoire et s'adresse aux passants venant s’asseoir à côté de lui, Allan se rappelle de ces événements à différents moments de son périple, sans qu'il ne sache jamais réellement où aller.

Ce qui fait la force du film, c'est son humour, à la fois noir et très absurde par moment et qui fait souvent (pas pas tout le temps) mouche, pour autant que vous accrochiez à celui-ci.
Nous avons droit, entre autres, à des parodies de personnages ayant réellement existé : le Général Franco ou Staline pour ne citer qu'eux.
Certains personnages complètement décalés ajoutent encore une touche complètement improbable au récit : citons par exemple Herbert Einstein, le frère inventé du grand Albert, qui est présenté comme quelqu'un de complètement idiot et incapable.

La grande passion de Allan a toujours été les explosions et ça lui a d'ailleurs valu un séjour dans un hôpital psychiatrique duquel il ressortira castré mais c'est également la raison pour laquelle il se retrouve dans la maison de retraite après avoir fait sauter un renard qui avait tué son chat.
Mais c'est également cette attirance qui va le mettre en lumière auprès de toutes ces grandes personnalités. Le projet Manhattan ? C'est grâce à lui !


Le film ne plaira pas à tout le monde, c'est sûr. Il faut accrocher à l'humour noir omniprésent pour pouvoir vraiment apprécier.
Me concernant, je dois avouer que j'ai été beaucoup moins emballé lors du revisionnage, il y a plusieurs explications possibles : je me rappelais de pas mal de situations vécues par Allan et je n'avais donc plus l'effet de surprise. Le fait de regarder le film en suédois a certainement aussi joué en sa défaveur car il est difficile de rire quand on ne comprend absolument rien aux dialogues (et on ne retrouve pas dans les sous-titres le ton qui donne le charme aux discussions.
Alors certes, il y a certains passages en anglais (et même une petite portion en français !) quand Allan travaille avec les américains entre autres.

Le métrage contient tout de même son lot de scènes hilarantes, je citerais pas exemple la séquence quand Allan est envoyé dans un goulag et qu'il rencontre Herbert Einstein. Allan met alors au point un plan pour s'échapper mais Einstein ne comprend absolument pas ce qui amène à une situation vraiment absurde et très drôle.

Niveau réalisation, c'est plutôt classique. Felix Herngren a certaines bonnes idées comme par exemple d'adapter le style de réalisation (et le montage) aux situations que vit Allan. Toute la séquence d'espionnage lors de la guerre froide est filmée comme pourrait l'être un James Bond par exemple.


Sans jamais atteindre le niveau d'un Forrest Gump, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire a le mérite de ne jamais vraiment se prendre au sérieux et d'assumer complètement son côté absurde. On pourra lui reprocher quelques longueurs et une certaine répétitivité passé un certain stade mais l'humour omniprésent fait que l'on ne s'ennuie jamais durant les deux heures.
Il perd clairement de son charme (du moins à mes yeux) lors du second visionnage car l'effet de surprise n'est plus là, que ce soit au niveau du principe ou au niveau des situations vécues par Allan.
Si vous vous demandez à quoi ressemble une comédie suédoise, je pense que le film en donne un bon aperçu.
Les personnes n'accrochant pas à l'humour trouveront certainement le temps long...tous les autres passeront certainement un moment très agréable devant les aventures de Allan Karlsson.


vendredi 27 février 2015

Birdman (2015)

Titre original : Birdman or (The Unexpected Virtue of Ignorance)

Date de sortie française : 25 février 2015

Réalisateur : Alejandro González Iñarritu

Scénario : Alejandro González Iñarritu, Nicolás Giacobone, Alexander Dinelaris et Armando Bo (d'après la nouvelle "What We Talk About When We Talk About Love" de Raymond Carver)

Directeur de la photographie : Emmanuel Lubezki

Musique : Antonio Sánchez

Durée : 1h59

Avec : Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone, Zach Galifianakis et Naomi Watts



Synopsis À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir... (Source : Allociné)

Mon avis


Tout juste auréolé de 4 Oscars (dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur) et plus de 4 mois après sa sortie américaine (encore une idée de génie des distributeurs français), Birdman débarque enfin dans nos contrées après s'être fait douloureusement attendre par tous ceux qui, comme moi, avaient été totalement emballés par la bande-annonce.
Je l'attendais d'autant plus que, pour une fois, le film semblait se démarquer de manière assez radicale des habituels films à Oscars totalement formatés et souvent (il faut bien le dire) ennuyants.

Il s'avère que ce Birdman est exceptionnel sur pas mal de points et je tenais vraiment à revenir dessus et à le défendre car il m'a l'air incompris par pas mal de monde.

Le film relate l'histoire de Riggan Thomson, ancien acteur qui avait connu la gloire avec une série de films dans lesquels il jouait le super-héros Birdman.
Désormais déchu, il tente de se reconstruire une reconnaissance et une crédibilité en montant une pièce de théâtre où il est à la fois metteur en scène et comédien.

Quiconque connaît un minimum Michael Keaton devrait tout de suite voir le parallèle entre l'histoire de Riggan et celle de Keaton lui-même. Alors que le premier a connu le succès dans Birdman au début des années 1990, le second a connu son heure de gloire en tenant le rôle de Bruce Wayne dans les deux Batman de Burton (Batman en 1989 et Batman : Le Défi en 1992). Keaton, tout comme son personnage, est ensuite un peu tombé dans l'oubli avant de renaître avec ce rôle hors du commun.
De plus, autant Riggan que Keaton souffrent du syndrome du "mec qui a joué Batman / Birdman" sans que les gens ne sachent vraiment qui est derrière le masque et sans savoir reconnaître leur talent.
De ce point de vue, c'est un vrai tour de force que nous propose Keaton avec cette véritable mise en abîme de lui-même.


Le personnage de Keaton n'est pas le seul à représenter cette mise en abîme du métier d'acteur en général : nous avons Sam Thomson (Emma Stone), la fille de Riggan, qui représente la toxicomane (fléau toujours bien présent à Hollywood), Mike Shiner (Edward Norton) qui représente l'égocentrique avec ce personnage imbu de lui-même au possible et Lesley (Naomi Watts) qui représente l'ambition, l'envie de convaincre pour sa toute première représentation à Broadway.
Nous avons donc différents archétypes du cinéma hollywoodien actuel, chaque personnage ayant son caractère propre et ceci est extrêmement bien exploité dans le film, j'y reviendrai plus tard.

Le casting est vraiment excellent et l'audace de Iñarritu est d'ailleurs à souligner car il donne le rôle le plus sérieux à Zach Galifianakis, plutôt connu pour ses interprétations déjantées. A côté de la renaissance de Michael Keaton et de la performance de Norton, Emma Stone prouve encore une fois qu'elle peut faire des merveilles quand elle est bien dirigée, son jeu de regard est d'ailleurs toujours autant merveilleux (je pense en particulier à une scène de dispute avec son père où elle passe en une fraction de seconde de la colère à la tristesse par un simple changement de regard).
La fille de Riggan est d'ailleurs très intéressante de par son histoire et le fait qu'elle soit le seul personnage principal à ne pas avoir de rôle dans la pièce montée par son père. Ses apparitions apparaissent donc comme des moments de pause dans cet engrenage infernal qu'est Birdman.

Il est à noter qu'Edward Norton se retrouve ici dans son élément, lui qui a joué dans de nombreuses pièces durant sa carrière, il avoue d'ailleurs avoir été impressionné par la retranscription que fait Iñarritu du monde du théâtre.


Attaquons maintenant le gros morceau, ce qui fait toute l'âme du film et lui donne tout son sens : la réalisation.
Tout le film est constitué uniquement de plan-séquences et ceux-ci sont montés de manière à ce qu'aucune coupe franche ne soit visible au premier coup d'oeil, si bien que le film entier semble être un unique plan-séquence d'une durée de deux heures. C'est un véritable tour de force que nous délivre ici Iñarritu, tant la coordination doit être parfaite entre les acteurs et les cadreurs pour réussir de tels plans. Il suffit qu'un des acteurs marche trop vite ou trop lentement pour faire foirer la séquence, ils doivent également savoir exactement à quel moment apparaître et disparaître du champ.
La méthode n'est pas sans rappeler La Corde de Hitchcock mais les effets numériques permettent, de nos jours, de cacher les coupes de manière extrêmement ingénieuse et stylisée.
Ces effets permettent d'ailleurs certains mouvements de caméra tout bonnement hallucinants d'ingéniosité.

En plus d'être un exercice de style maîtrisé à la perfection, le plan-séquence sert complètement le message du film. En effet, tels les acteurs d'une pièce de théâtre qui se succèdent l'un après l'autre sur la scène, la caméra de Iñarritu va "jongler" d'un personnage à l'autre de manière très fluide.
L'histoire se déroulant sur plusieurs jours, il a fallu trouver un moyen d'insérer des ellipses temporelles sans couper le plan-séquence. Plusieurs techniques sont utilisées mais les plus impressionnantes sont celles qui consistent à voir apparaître le même personnage à deux endroits différents dans le même "plan" et ceci dans un laps de temps très court (je pense par exemple à la scène où Mike est sur une estrade au-dessus de la scène avant de se retrouver sur celle-ci, tout ça dans un même plan !).

La quasi-totalité (si ce n'est la totalité) du film étant tourné en steadicam, la fluidité dans le suivi des acteurs est totale (chose que l'on ne pourrait pas atteindre avec une simple caméra posée sur rails).
Les dialogues s'affranchissent bien évidemment des habituels champs/contre-champs pour privilégier les mouvements circulaires autour des personnages.
Tout est toujours vu d'un seul point de vue, renforçant encore plus la dimension théâtrale du métrage où le spectateur assiste à la représentation sous un seul angle.

J'ai lu et entendu beaucoup de critiques comme quoi le film était prétentieux dans sa réalisation. J'ai cependant de la peine à voir où est la prétention là-dedans. Il faut être sacrément couillu pour se lancer dans un projet tel que celui-ci et le concept du plan-séquence est un exercice de style qui, au pire, s'avérera vain. Ici, comme je l'ai déjà mentionné, le plan-séquence est le cœur du film et est complètement un reflet de celui-ci en plus d'être impressionnant à regarder.


Le chef opérateur, Emmanuel Lubezki, s'impose encore plus comme étant l'un des meilleurs directeurs photo actuels. Une telle maîtrise impose forcément le respect quand on sait à quel point il est difficile de maîtriser la lumière quand on utilise des plans séquences qui peuvent faire passer les personnages d'endroits complètement éclairés à d'autres beaucoup plus sombres.
Si je devais citer une séquence qui m'a particulièrement marquée, ce serait celle où Riggan est obligé de se promener en slip au beau milieu de Times Square après avoir eu un incident de peignoir. En plus de son côté absurde, cette scène est visuellement magnifique à regarder !

Comme mentionné plus haut, le film met en abîme le métier d'acteur et la difficulté de se faire un nom. Nous avons également droit à une critique assez exacerbée des blockbusters actuels (et plus particulièrement des films de super-héros).
Cet aspect est pointé du doigt essentiellement par les hallucinations de Riggan qui se manifestent sous la forme de Birdman lui-même qui lui parle - dans sa tête - avec une voix très grave (rappelant d'ailleurs un peu celle du Batman de Nolan) et qui apparaîtra même physiquement au cours de la séquence la plus folle du film. Celui-ci lui conseille de laisser tomber sa pièce et de reprendre son ancien rôle, même si c'est très mauvais les gens paieront de toute façon pour aller voir.
La pique fait mal mais vise totalement juste : le public lambda d'aujourd'hui ira voir les yeux fermés un film dès que "Marvel" figurera sur l'affiche et ce même s'il s'avère être le plus gros navet de tous les temps.

Iñarritu assume toutefois un côté totalement ironique dans le choix du casting, ce n'est en effet pas un hasard si Michael Keaton (Batman), Edward Norton (Hulk) et Emma Stone (The Amazing Spider-Man) ont tous les 3 joué dans un de ces fameux films de super-héros auparavant. Naomi Watts a d'ailleurs elle aussi connu la gloire avec son rôle dans un gros blockbuster, le King Kong de Peter Jackson.

La musique, presque uniquement constituée de batterie jazz, n'est d'ailleurs pas en reste. Composée (et énormément improvisée) par Antonio Sánchez, elle joue également un rôle dans l'ambiance si particulière du film. Le batteur apparaît même carrément à l'écran à certains moment, comme pour montrer la volonté de Iñarritu de faire voir "derrière le rideau".


Après le triomphe d'Alfonso Cuarón avec Gravity l'an passé, Iñarritu prouve encore une fois que les mexicains peuvent faire des merveilles. Celui-ci apporte un peu de folie au cinéma américain un peu trop formaté et réussi l'exploit de nous présenter un film dans lequel règne un chaos constant, tout en étant millimétré du début à la fin.
L'utilisation du plan-séquence permet non seulement de rendre la mise en scène extrêmement fluide, mais c'est également le procédé qui permet le mieux aux acteurs d'exprimer leur jeu car ils ne sont que rarement interrompus dans leurs dialogues.

Birdman a beau durer 2h, le visionnage est tellement jouissif que j'aurais volontiers prolongé l'expérience 30 minutes voir même 1h de plus !
Débordant d'humour parfois absurde et souvent noir, le film réalise pratiquement le sans faute. Certains pourront lui reprocher un dénouement un petit peu trop "facile" mais ce serait oublier tout ce que le film a construit avant. La toute fin pourra d'ailleurs être interprétée de différentes manières... mais au final, est-ce vraiment important ?
Tel The Grand Budapest Hotel il y a pratiquement un an jour pour jour, Birdman s'annonce déjà comme un des grands films de 2015, à aller voir de toute urgence !

...n'en déplaise à certains.

samedi 21 février 2015

The Mentalist (2008 - 2015)

Titre : The Mentalist

Nombre de saisons : 7

Nombre d'épisodes : 151 (dernier diffusé le 18 février 2015)

Créateur : Bruno Heller

Genre : Série policière

Acteurs principaux : Simon Baker, Robin Tunney, Tim Kang, Owain Yeoman, Amanda Righetti








Synopsis : Un mentaliste utilise ses extraordinaires dons d'observation pour résoudre des crimes en tant que consultant travaillant aux côtés de la police. Une façon pour lui contribuer à la justice et de démasquer le mystérieux tueur en série qui a assassiné son épouse et sa fille... (Source : Allociné)

Cet article contient des spoilers sur l'intrigue, passez votre chemin si vous êtes en cours de visionnage de la série ou si vous comptez la regarder un jour et que vous ne souhaitez pas vous gâcher le plaisir !

La majorité des informations proviennent de mes souvenirs et le reste a été tiré du wiki dédié à la série.

Pourquoi cet article ?


Je tiens à mettre les choses au clair très rapidement, ce blog reste consacré avant tout au cinéma. Je tenais tout de même à fait une exception ici car je me sentais obligé de parler d'une série qui me tient particulièrement à cœur et qui vient de se conclure. Il devrait s'agir de l'unique exception car je ne suis pas un consommateur fou de séries et je n'ai pas assez de temps pour m'y intéresser en profondeur. Bonne lecture !

Qu'est-ce que The Mentalist ?


Débutée en septembre 2008, The Mentalist (renommé Mentalist en France car le "The" fait très très peur) raconte l'histoire de Patrick Jane (Simon Baker), ancien "médium" qui apparaissait sur des shows télévisés et qui est devenu consultant pour le California Bureau of Investigation (CBI) après que sa femme et sa fille se soient fait assassinées par le serial killer notoire, Red John, qui répondait à l'une des provocations de Patrick lors d'une de ses apparitions télévisées.
Le mode opératoire de Red John est toujours le même : il tue ses victimes et laisse une trace de son passage sous la forme d'un grand smiley dessiné avec le sang de celles-ci.


La majeure partie de l'intrigue va donc se concentrer sur la traque de Red John par Patrick et ses collègues du CBI.
En parallèle à ce fil rouge, notre mentaliste va utiliser son sens de l'observation et sa capacité à "lire" les gens afin de résoudre des enquêtes que le CBI seul aurait beaucoup de mal à classer.

En quoi la série se différencie-t-elle des autres ?


Les séries policières, on ne peut pas dire que c'est ça qui manque à la télévision, il suffit de zapper le soir et vous être plus ou moins certains de tomber sur l'une d'entre elles. The Mentalist a le mérite de se détacher quelque peu du genre en proposant un personnage central qui est capable à lui seul de boucler des énigmes, souvent de manière complètement contraire à l'éthique voir illégale. Son cynisme et les situations auxquelles il est confronté contribuent à donner un aspect parfois comique à la série, ce qui est très rafraîchissant pour le genre.

The Mentalist a également une valeur particulière à mes yeux car il s'agit de la tout première série que j'ai suivie du tout début jusqu'à la toute fin (sans la prendre en cours de route). Un ami me l'avait conseillée à l'époque et j'avais commencé à regarder alors que la série en était autour du 4ème ou 5ème épisode de la première saison.

La traque de Red John a eu beau occuper une grande partie des six premières saisons, la série ne se focalisait pas uniquement là-dessus. Les épisodes consacrés entièrement au fil rouge étaient d'ailleurs assez "rares" jusqu'à la fin de la saison 5 mais ils restent de loin les meilleurs qui aient été diffusés, la tension étant particulièrement importante.
Les saisons se construisaient d'ailleurs souvent selon le même schéma : on avait droit à un épisode consacré à Red John en début de saison, un ou deux en milieu et un en tant que "season finale".
En parlant de season finale, celui de la saison 3 reste très certainement le meilleur épisode de la série et je regrette, avec le recul, que la vraie révélation de l'identité de Red John n'ait pas atteint les mêmes sommets de tension mais j'y reviendrai.


Les personnages


Les séries ont un gros avantage par rapport aux films, c'est leur durée. Celle-ci permet un développement des personnages beaucoup plus fin que dans un long métrage de 2h (franchises de plusieurs films exceptées bien évidemment). Les personnages de The Mentalist ont tous un côté très attachant et c'est la principale raison pour laquelle je suis resté fidèle à la série toutes ces années, même quand le fil rouge Red John a pris fin.
J'ai déjà parlé de Patrick mais le personnage de Teresa Lisbon (Robin Tunney) est tout autant intéressant. Sa relation avec Jane sera empreinte d’ambiguïté tout le long de la série avec une sorte de mélange entre de l'amitié, de l'amour et du désespoir par moment quand le mentaliste se met dans des situations délicates.
Leur relation va d'ailleurs occuper toute la fin de série, dès que l'affaire Red John sera réglée, et les scènes qu'ils partagent les deux sont souvent très bien écrites et m'ont émues au bord des larmes par moments.

Wayne Rigsby (Owain Yeoman) et Grace Van Pelt (Amanda Righetti) ont également une relation très ambiguë durant les premières saisons. Leurs caractères s'opposent pourtant à bien des égards : Rigsby est souvent le "comic relief" du show, tandis que Van Pelt représente plutôt le glamour (Amanda Righetti est une femme sublime) et la jeunesse.
J'ai été assez triste de les voir quitter la série après leur mariage dans la saison 6 mais je pense qu'ils n'auraient plus vraiment eu leur place dans la nouvelle intrigue.

Finalement, je vais décerner la palme du meilleur personnage (à mes yeux et dans mon cœur en tout cas) à Kimball Cho (Tim Kang). Cho est un personnage mono-expressif et un peu le "gros dur" de la série mais, malgré cela, il est extrêmement attachant et les rares scènes où il décroche un sourire font parties des toutes meilleures de la série.
En plus d'être un enquêteur hors pair, Cho est également un homme d'honneur et, même s'il ne le montre pas, il considère Jane, Lisbon, Rigsby et Van Pelt comme de véritables amis. Il est de plus le seul personnage, avec Jane et Lisbon, à apparaître dans absolument tous les épisodes de la série.

Certains personnages récurrents feront des apparitions tout le long de la série, je ne reviendrai pas ici sur chacun d'entre eux car on en aurait pour 6 mois. Je tiens juste à mentionner la "guest star" Emmanuelle Chriqui, dont le personnage de Lorelei Martins aura une importance considérable durant toute la saison 5.


L'évolution de l'intrigue


Red John nous est introduit dès l'épisode pilote mais uniquement en tant qu'entité, il n'apparaîtra physiquement pour la première que dans l'épisode final de la première saison (c'est également la première fois que l'on entendra sa voix particulière, très aiguë).
Au moment où la série débute, Red John est soupçonné d'avoir tué 10 personnes (dont la femme et la fille de Patrick), le décompte final, au milieu de la saison 6, en dénombrera 36 !
C'est dire si Red John reste actif durant toute la série, laissant toujours sur son passage l'habituel smiley ensanglanté.
Il n'est cependant pas seul, plusieurs "admirateurs" s'amusent à le copier en utilisant son mode opératoire, nous avons donc droit à plusieurs épisodes qui semblent se concentrer sur Red John avant que Patrick (qui connaît le serial killer par cœur) ne se rende compte qu'il ne s'agit que d'imitateurs.

Comme je l'ai mentionné plus haut, chaque season finale est consacré entièrement à Red John et finissent tous par un cliffhanger qui auront fait souffrir plus d'un fan. C'est d'ailleurs Bruno Heller en personne qui s'est chargé de l'écriture de tous ces épisodes, ce qui explique la tension particulière qui s'en dégage.

J'en profite d'ailleurs pour revenir sur ce fameux double épisode (d'une durée exceptionnelle de 1h20) qui est venu conclure en apothéose la saison 3.
Comme déjà mentionné, je considère ce final comme le meilleur de la série car c'est la première fois que Patrick (et le public dans son sillage) a cru, de manière certes un peu naïve, s'être débarrassé pour de bon de son némésis. Ce face-à-face entre Jane et celui qu'il prenait pour Red John en personne, Timothy Carter (le génial Bradley Whitford) reste encore gravé dans ma tête maintenant que la série a pris fin.


Le final de la saison 5 valait lui aussi son pesant de cacahuètes car il a permis de limiter la liste des suspects potentiels à 7 noms et, ainsi, à donner un coup de boost final au fil rouge.
La première partie de la saison 6 était tout bonnement excellente avec chaque épisode consacré à la lutte finale contre Red John jusqu'à ce fameux 6x08, tout simplement intitulé "Red John" et qui verra la fin du serial killer, qui s'avère en fait être le chérif Thomas McAllister (Xander Berkeley), aperçu dès l'épisode 2 de la première saison (!), tué des mains de Patrick Jane en personne...la boucle était bouclée.
Je me dois de revenir sur cet épisode qui était censé constituer l'apothéose de toute la série et qui, je trouve, a été foiré. La mort de Red John et la manière dont celui-ci réagit à celle-ci n'est pas du tout à la hauteur de toute l'intrigue qui avait été montée autour de ce personnage. Le côté presque mystique du serial killer en a vraiment pris un sale coup avec cette fin et je trouve que le choix de casting aurait pu être plus inspiré (quelqu'un de plus jeune, qui en "jette" plus). Je pense que personne n'aurait crié au scandale si le final de la saison 3 avait fait office de véritable fin de Red John, car cette confrontation était nettement plus réussie.

L'intrigue Red John étant résolue et la série n'en étant qu'à la moitié de la saison 6, le grand défi pour Bruno Heller était maintenant de maintenir l'intérêt des fans pour la série alors que l'intrigue principale était terminée.
La fin de la saison se concentrera en priorité sur la fuite de Patrick sur une île d'Amérique Latine dans un premier temps (car il est recherché pour meurtre) puis à son transfert au FBI où il officiera à nouveau comme consultant (après avoir usé de chantage) ainsi qu'à sa relation avec Lisbon dans un second temps.

Le pari de Heller était en quelque sorte réussi car je ne me suis pas désintéressé de la série et les fans trépignaient désormais d'impatience de savoir si une histoire d'amour allait se mettre en place entre les deux personnages principaux.
Au moment de la diffusion de la 6ème saison, la série était en stand-by et CBS n'avait pas encore décidé si elle allait être reconduite ou non. Le season finale a donc été écrit de manière à avoir une bonne fin à la série dans le cas où celle-ci serait annulée, tout en conservant un potentiel de suite si une 7ème saison devait voir le jour. Ce final, d'ailleurs, est le plus touchant de toute la série (surtout si on était comme moi attaché aux personnages) et j'aurais été amplement satisfait si l'histoire s'était terminée de la sorte.


En mai 2014, il est finalement annoncé que la série serait renouvelée pour une ultime saison, d'une durée raccourcie à 13 épisodes (contre les 22-24 habituels).
Cette saison 7, qui peut se voir en quelque sorte comme un cadeau envers les fans, sera dédiée presque uniquement à l'histoire d'amour entre Jane et Lisbon, même si un événement dramatique viendra "gâcher" un peu cette idylle avec la mort d'un personnage qui devenait important.

Cette ultime saison n'est, certes, pas la meilleure mais l'écriture des scènes entre Jane et Lisbon ainsi que de celles incluant Cho ont le mérite d'être plutôt bien écrites, de telle sorte que j'avais envie de connaître le dénouement.
Celui-ci a eu lieu le 18 février dernier, avec à nouveau un double-épisode d'une durée de 1h20. J'avais espéré un final bouleversant mais finalement, nous avons droit à un happy end assez classique qui contentera les fans mais qui ne prend pas vraiment de risques. Si je devais livrer un petit bémol ici, je dirais que le final de la saison 6 aurait constitué une meilleure fin que celle que l'on nous a livré.

En conclusion...


Ainsi se termine la série qui aura dicté mes semaines depuis 7 ans. Comme je l'ai déjà dit, j'ai eu tout le temps de développer un profond attachement avec les personnages au fil des saisons et ça provoque toujours un petit pincement au cœur de devoir s'en séparer de la sorte, même si le final est heureux.
Par cet article, j'espère avoir réussi à expliquer tout le bien que je pense de la série et j'espère pouvoir en convaincre certains de s'y mettre (il n'est jamais trop tard, je me suis mis à Breaking Bad quand la série arrivait à sa fin par exemple).
Comme je l'ai expliqué, tout n'est pas parfait, je regrette la fin ratée de Red John (qui était clairement l'épisode à ne pas foirer) et une saison 7 qui n'a pas assez osé, par peur de contrarier les fans.

La série a su se démarquer des autres séries policières lambda, essentiellement par son personnage principal qui apparaît souvent comme une sorte "d'anti-héros" avec son caractère assez cynique et son amour propre. Tout l'intérêt vient du fait qu'on ne sait jamais exactement quel stratagème va utiliser Patrick pour résoudre le problème et ainsi boucler l'enquête.

Après, on accroche ou non. Pour ma part, je pense qu'il est très difficile de suivre une série si on n'arrive pas à s'attacher aux protagonistes. The Mentalist a l'avantage de présenter une palette de personnages présentant des personnalités différentes et auxquels il est, je trouve, plutôt facile de se lier.
Il est sûr qu'il ne s'agit pas de la meilleure série existante, elle sera d'ailleurs très certainement oubliée d'ici peu de temps (elle a beau cartonner en France, les audiences étaient en chute libre Outre-Atlantique) mais, comme je l'ai déjà expliqué, il s'agissait de la première série que j'ai suivi intégralement du début à la fin et elle présente en ce sens une valeur particulière à mes yeux...et ça on ne pourra jamais me l'enlever.

Plutôt qu'une longue conclusion, je vais plutôt en rester là et vous laisser profiter de la musique qui, je pense, définit le plus la série auprès des fans. Merci pour ces moments...


dimanche 25 janvier 2015

Whiplash (2014)

Titre : Whiplash

Date de sortie française : 24 décembre 2014

Réalisateur : Damien Chazelle (également scénariste)

Directeur de la photographie : Sharone Meir

Musique : Justin Hurwitz

Durée : 1h46

Avec : Miles Teller et J. K. Simmons







Synopsis Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence... (Source : Allociné)

Mon avis


En cette saison des récompenses hollywoodiennes, arrivent chez nous petit à petit tous les films "à Oscar" qui sont déjà sortis depuis un moment outre-Atlantique. Whiplash fait partie de ceux-ci, il vient en effet de décrocher 5 nominations à cette prestigieuse cérémonie et a de fortes chances de ne pas repartir bredouille.
Il me tardait vraiment de le voir mais en raison d'un emploi du temps très chargé, j'ai dû repousser l'échéance plusieurs fois. Que vaut-il alors concrètement ?

Tout d'abord, je tiens à préciser que je ne suis pas un amateur de Jazz et la principale question que je me posais était de savoir si j'allais pouvoir entrer dans un film centré là-dessus ou si, au contraire, j'allais m'ennuyer à mourir.
Le premier scénario s'est assez vite imposé, tant le film est bourré de qualités.

L'histoire est centrée sur le personnage de Andrew (Miles Teller), élève dans une des meilleures écoles de musique au monde, dont le rêve est de devenir le plus grand batteur de sa génération. Il réussit à intégrer le "band" de Terence Fletcher (J. K. Simmons), un professeur et chef d'orchestre extrêmement exigeant.
L'intrigue portera essentiellement sur la relation entre ces deux personnages : d'un côté Andrew qui donne tout ce qu'il a pour devenir meilleur et de l'autre Fletcher qui passe son temps à proférer un torrent d'insultes dès qu'un de ses musiciens joue une note de travers.


Whiplash est d'abord un film de performance d'acteur à différents niveaux. Alors que Miles Teller livre une performance extrêmement physique, J. K. Simmons est plus dans la prestation d'acteur à proprement parler. Cette prestation assez impressionnante rend d'ailleurs chaque scène dans laquelle il apparaît intense et jouissive à regarder.
Damien Chazelle racontait qu'il souhaitait réaliser un métrage qui ressemblerait à un film de guerre ou de gangsters, la première référence qui saute aux yeux est bien évidemment celle à Full Metal Jacket de Kubrick. Fletcher est en effet très proche du Sergent Hartman dans sa manière de s'adresser aux musiciens en alignant les insanités toutes plus insultantes les unes que les autres.

Damien Chazelle a d'ailleurs eu la bonne idée de filmer son histoire de manière à s'éloigner de ce qui se fait habituellement dans le domaine des films "musicaux". Le rythme est extrêmement soutenu et il y a très peu de temps morts. Avec du recul, il est vrai que c'est à peu près à chaque fois la même scène qui se répète mais elle n'est pas 2 fois exactement pareille car on ne sait jamais à quel moment Fletcher va exploser.
Les scènes de concert sont filmées de manière extrêmement dynamiques avec énormément d'inserts sur les différents instruments, sur les gouttes de sueurs de Andrew ou sur ses mains en sang. Le montage est d'ailleurs complètement en phase, suivant lui aussi un rythme endiablé.

Miles Teller a lui-même joué de la batterie, il a cependant dû s'adapter au style de batterie jazz du film. Il s'avère qu'il n'a en réalité joué lui-même "que" le 70% de ses scènes, le reste ayant été doublé par un batteur professionnel. On ne peut pas vraiment lui en vouloir, tant l'intensité du film va crescendo et je ne vois pas comment il aurait pu assumer la scène de fin à lui tout seul.


Cette scène finale, justement, vaut le détour à elle toute seule, j'avais rarement été autant tendu sur mon siège, ayant à chaque instant l'angoisse qu'il fasse une fausse note qui aurait eu de quoi satisfaire Fletcher.
On atteint ici le summum de l'intensité, tant au niveau de la relation entre Andrew et Fletcher qu'au niveau de la performance physique de ce premier. Nous avons d'ailleurs droit à une séquence impressionnante où la caméra passe de Fletcher à Andrew en panoramique de plus en plus rapidement. Nous avons ici le climax de l'intrigue mais également de la mise en scène avec cette espèce "d'hyperactivité" toute en maîtrise de Chazelle.

Whiplash est clairement un film à voir, fan de Jazz ou non. Le film a l'intelligence de ne pas tomber dans les habituels travers qui cassent le rythme. Ici, nous avons certes une amourette mais celle-ci ne dure même pas 15 minutes, appuyant clairement la volonté de Chazelle de tenir la cadence tout du long.
Finalement, la seule séquence qui vient casser la machinerie serait cette scène de dîner de famille où on tombe dans l'habituel cliché du musicien "looser" et du joueur de football américain populaire. On aurait pu s'en passer, d'autant plus qu'elle n'apporte pas grand-chose au récit (ceux qui ont vu le film reconnaîtront la scène en question).
Sinon je n'ai rien à reprocher à ce film, c'est vraiment jouissif, très bien réalisé et on ne s'ennuie pas une seule seconde. Mention spéciale tout de même à J.K. Simmons qui, après m'avoir fait énormément rigoler dans la trilogie Spider Man de Sam Raimi, nous offre ici une performance éclatante de prestance, tant sa présence à l'écran est un régal. Certes on rigole de ses insultes mais je pense que personne ne voudra jamais se trouver à la place de ces musiciens.


vendredi 2 janvier 2015

Top/flop 2014


2014 est mort, vive 2014 !


L'an de grâce 2014 est désormais derrière nous et il est temps de revenir sur ce qui a été fait de bien et de moins bien au cours de l'année écoulée.
J'ai donc décidé de faire un top 5 des films que j'ai le plus apprécié mais également de ceux qui ont, à mon avis, complètement raté leur affaire.

Ce classement se base sur les 76 films qui sont sortis chez nous en 2014 et que j'ai eu l'occasion de visionner. J'aurais souhaité en regarder encore plus certes, mais le prix des places de cinéma en Suisse est tellement (et honteusement) cher que j'ai préféré m'assurer de ne pas finir l'année sous un pont.

Je tiens à préciser que ce top/flop se base sur le ressenti totalement subjectif que j'ai eu après visionnage de chacun des films et non sur la qualité intrinsèque de ceux-ci à proprement parler (même si tous les films de mon Top 5 ont été généralement bien accueillis par la critique). Je ne peux que vous encourager à voir par vous-même si vos goût sont compatibles avec les miens ou non !

Top




1. Interstellar. Ca ne va pas en surprendre beaucoup certes, mais ça a clairement été le meilleur moment de cinéma pour moi cette année. J'ai déjà dit tout ce que j'avais à dire sur le film dans cet article mais je rajouterais juste que le simple fait qu'il ne m'ait pas déçu avec toutes les attentes que j'avais placé dessus est déjà en soi un petit exploit qui justifie sa place de numéro 1 !












2. The Grand Budapest Hotel. Les superlatifs manquent pour désigner tout le génie de Wes Anderson dans ce qu'il a accompli avec ce film qui a été ma première baffe cinématographique de l'année. Wes Anderson est un de ces cinéastes dont le style se repère au premier coup d'oeil avec des cadres millimétrés, une excellente utilisation des travellings et des zooms, ces fameux plans subjectifs qui nous transportent littéralement dans la peau des personnages et ses univers hauts en couleurs.
The Grand Budapest Hotel c'est également une vraie déclaration d'amour au cinéma avec plusieurs époques différentes filmées chacune dans un format différent (on a droit à du 1.37, du 1.85 et du 2.35, des formats complètement raccords avec l'époque qu'ils représentent).
Le film brille également par son casting qui voit tous les acteurs fétiches de Wes Anderson faire une apparition bien sentie tout en laissant la place à des petits nouveaux (Ralph Fiennes est génialissime, tout comme Willem Dafoe dans ce rôle de tueur à gages qui lui va si bien).
Wes Anderson s'est imposé au fil de sa filmographie comme un des réalisateurs que j'estime le plus et son Grand Budapest Hotel a de nouveau placé la barre très haute.





3. La Grande Aventure Lego. Une excellente surprise que ce film Lego qui, en plus d'être très impressionnant visuellement réussit à parler autant aux enfants qu'au plus vieux d'entre nous. Tout le génie du film tient d'ailleurs à cet aspect, les bambins se verront rire devant les situations cocasses vécues par Emmet tandis que les adultes que nous sommes reconnaîtront la multitudes de clins d'oeil à la pop-culture dont regorge le film en plus des références aux Lego eux-mêmes, la morale du film reposant sur l'éternel choix que nous avons entre suivre bêtement le mode d'emploi ou tout créer par nous-mêmes.
Ajoutez à ça un casting de doublage rempli de noms prestigieux (Chris Pratt, Morgan Freeman, Will Ferrell, Liam Neeson, Jonah Hill ou Chaning Tatum pour ne citer qu'eux) et vous obtenez un des meilleurs (si ce n'est LE meilleur) films d'animation grand public de ces dernières années.
2014 était décidément une excellente année pour Phil Lord et Chris Miller qui ont récidivé plus tard dans l'année avec 22 Jump Street !





4. Boyhood. Un des projets les plus fous ! Celui de tourner un film sur une période de 12 ans avec le même casting de bout en bout ! On aurait pu craindre que, en dehors de son concept incroyable, le film soit finalement assez vide et que le scénario ne suive pas mais il n'en est rien.
Boyhood est le "coming-of-age movie" ultime. Le fait de voir à la fois Mason mais également son interprète (Ellar Coltrane) grandir à l'écran permet de s'attacher à lui quasi instantanément. Les grandes étapes qu'il traverse dans sa vie sont certes très banales mais tellement universelles que je me suis vu dans Mason, avec un sourire niais sur les lèvres, à de nombreuses reprises tout au long du récit.
Le film ne nous perd pas, même sans jamais indiquer de manière explicite en quelle époque nous nous trouvons. De nombreux détails permettent tout de suite de situer l'année en question : la sortie de la Gameboy Advance SP ? Nous sommes en 2003. Celle de la Wii ? Nous sommes en 2006.
La Pottermania, les premiers amours, les premières ruptures, la procrastination à grands coups de console de salon, le premier studio, Richard Linklater nous montre tout d'une manière tellement légère, tellement belle qu'on ressort obligatoirement de ce film avec un sentiment de bien-être et rien que pour ça je lève mon chapeau !




5. Gone Girl. Cette dernière place a été extrêmement difficile à attribuer mais la maestria de David Fincher se devait d'être saluée ici. On se demande toujours si Fincher va finir par avoir un petit coup de mou dans sa filmographie, il n'en est rien !
Une nouvelle fois, la précision chirurgicale du réalisateur, sa maîtrise du cadre et du suspense est impressionnante.
On retrouve à nouveau un thriller à l'ambiance malsaine et qui arrive à surprendre avec son twist placé en milieu de film qui sert de tremplin à tout ce qui arrive ensuite.
Mais Fincher c'est également un directeur d'acteurs et quand j'apprécie Ben Affleck dans un film, ça veut dire que ce point est parfaitement maîtrisé (Rosamund Pike sera d'ailleurs certainement en lice pour l'Oscar de la meilleure actrice en février prochain).








Flop


1. Un amour d'hiver. Mon dieu, si on devait définir le navet ultime dans le dictionnaire, je pense qu'un amour d'hiver figurerait en gros à côté.
Y'a vraiment un moment où il faut arrêter les conneries, ce n'est juste pas possible de sortir un truc pareil. Tous est extrêmement mauvais : la réalisation, le scénario, le jeu d'acteur (mais qu'ont-ils fait de Will Smith et Russell Crowe bordel ?!).
Akiva Goldsman, le réalisateur, réussit l'exploit de rater absolument tout du début à la fin, même l'histoire d'amour de Twilight est moins niaise que ce truc (!). Le film a fait un four monumental à sa sortie et ça me fait bien plaisir de voir que le public ne cautionne pas ce genre d'atteinte au bon goût.
Néanmoins, si vous êtes curieux et que vous avez vraiment envie de voir à quoi ressemble ce que le cinéma peut faire de pire, je vous le conseille...à condition de mettre votre cerveau dans un tiroir et de vous brûler les yeux avant.








2. Ninja Turtles. Puisqu'on en est au chapitre du mauvais goût, je me vois obligé de parler du nouveau film sur les Tortues Ninja, réalisé par Jonathan Liebesman (et non pas Michael Bay qui est "uniquement" producteur).
Les bandes-annonces faisaient déjà très peur, tant le design des tortues semblait complètement raté. Finalement, celles-ci ne s'en sortent pas trop mal, même si je trouve qu'il y a une régression par rapport à celles que l'on voyait dans les films du début des années 1990 (vous avez dit foutage de gueule ?).
Par contre, je demanderai une minute de silence pour ce pauvre Splinter qu'ils ont complètement massacré, lui donnant un air de rat crevé alors qu'il est censé être un maître dans les arts martiaux.
Le film est d'un mauvais goût visuel mais également au niveau de certaines blagues vraiment douteuses (surtout de la part de Michelangelo qui n'oublie jamais de nous rappeler à quel point il a envie de pécho April /Megan Fox).



3. Transcendance. La déception de l'année, un vrai gâchis alors que j'avais posé de grands espoirs sur la première réalisation de Wally Pfister, l'ancien chef opérateur de Nolan jusqu'à Dark Knight Rises.
Une intrigue prometteuse, un gros casting (Morgan Freeman, Johnny Depp, Cillian Murphy) pour un gros pavé dans la mare.
Rien ne va dans ce film, je me suis ennuyé de bout en bout tant c'est bourré d'incohérences.
Le discours que tient Wally Pfister me déplaît aussi fortement dans le sens qu'il est totalement contre le numérique (c'est pourquoi il s'entend bien avec Nolan) mais il tourne un film qui est centré sur une intelligence artificielle dans un monde où les ordinateurs ne sont plus loin de dépasser les humains.
Du coup, on n'y croit jamais, Johnny Depp est complètement transparent, si bien que je n'en avais jamais grand-chose à faire de son sort.
Heureusement, le film est plutôt bien réalisé et présente quelques beaux plans, mais c'est clairement insuffisant pour gommer la déception qu'aura été Transcendance pour moi.





4. Lucy. Je ne sais pas ce qu'avait fumé Luc Besson pour croire qu'il arriverait à faire tenir son histoire en 1h30 seulement ! Non parce que je veux bien être gentil mais quand t'arrives avec ce genre de concept, tu prends bien le temps de développer sinon ça ne vaut même pas la peine. Et le pire c'est qu'on est obligé de se taper les discours scientifiques à mourir d'ennui de Morgan Freeman (qui a décidément surfé entre le bon et le mauvais en 2014) sur ce présupposé scientifique erroné qui voudrait que l'on n'utilise que 10% de notre cerveau (Besson était d'ailleurs conscient de la non véracité de cette théorie).
Forcément, en 1h30 on doit se presser pour tout raconter et, du coup, on a le droit à un flot d'incohérences et d'événements surréalistes...je veux bien que ce soit de la science-fiction mais faut pas pousser mémé non plus !









5. Godzilla. Une autre grosse déception...et là je suis vraiment dégoûté parce que les bandes-annonces étaient génialement montées et en dévoilaient juste ce qu'il fallait, de quoi me mettre l'eau à la bouche.
Au final, je suis frustré car on nous vend un film qui s'appelle Godzilla alors que ce dernier n'apparaît qu'une vingtaine de minutes en tout ! C'est d'autant plus dommage que le design du Kaiju est juste énorme et qu'il est extrêmement bien filmé dans les scènes où il apparaît, avec ces plans en contre-plongée donnant vraiment un sentiment de gigantisme.
Une déception également car la meilleure séquence du film (celle du saut en parachute depuis l'avion) et montrée dans les bandes-annonces et que nous n'avons aucune autre scène de la sorte.
J'avais revisionné le Godzilla de Roland Emmerich avant d'aller au cinéma et, même si le design de la bête avait scandalisé tout le Japon, celle-ci était omniprésente !
Ici, on sent que Gareth Edwards a voulu jouer à fond la carte de la montée en tension, en dévoilant Godzilla petit à petit avant de pouvoir enfin contempler le Kaiju dans son intégralité. Le problème c'est qu'à force de ne rien montrer on arrive rapidement à la fin du film et on n'en a pas vu assez, Godzilla se faisant carrément voler la vedette par les deux MUTO qui sont les vrais antagonistes du film.