dimanche 6 septembre 2015

Apocalypse Now (1979) - Version Redux (2001)

Titre : Apocalypse Now

Date de sortie française : 26 septembre 1979 (sortie nationale)

Réalisateur : Francis Ford Coppola

Scénario : John Milius, Francis Ford Coppola, Michael Herr (d'après la nouvelle Heart of Darkness de Joseph Conrad)

Directeur de la photographie : Vittorio Storaro

Montage : Lisa Fruchtman, Gerald B. Greenberg, Walter Murch

Musique : Carmine Coppola, Francis Ford Coppola

Durée : 2h21 (Version Redux : 3h14)

Avec : Marlon Brando, Martin Sheen, Robert Duvall, Frederic Forrest, Sam Bottoms, Laurence Fishburne, Albert Hall, Harrison Ford

Synopsis Cloîtré dans une chambre d'hôtel de Saïgon, le jeune capitaine Willard, mal rasé et imbibé d'alcool, est sorti de sa prostration par une convocation de l'état-major américain. Le général Corman lui confie une mission qui doit rester secrète : éliminer le colonel Kurtz, un militaire aux méthodes quelque peu expéditives et qui sévit au-delà de la frontière cambodgienne. (Source : Allociné).

Mon avis


Alors que je voulais à la base juste écrire quelques lignes sur Apocalpyse Now (comme je le fais depuis peu), je me suis rendu compte que j'avais finalement beaucoup à dire sur l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de l'histoire, que ce soit au niveau du film en lui-même ou de tout ce qui a entouré sa production chaotique.
Je parlerai ici de la version Redux, sortie en 2001, et qui ajoute près de 50 minutes de scènes supplémentaires par rapport au montage qui avait obtenu la Palme d'Or au Festival de Cannes en 1979, date de sa première sortie.

La nouvelle de Joseph Conrad, Au Coeur des Ténèbres (publiée en 1899) a tout d'abord intéressé Orson Welles qui a été le premier à vouloir l'adapter sur grand écran. N'ayant pas reçu le soutien espéré des studios de production, Welles abandonne le projet pour se lancer dans la réalisation de Citizen Kane, avec le succès que l'on connaît.
Bien plus tard, George Lucas est pressenti pour réaliser le film mais il préfère se consacrer à son premier Star Wars. C'est donc Francis Ford Coppola qui s’attelle à la tache alors qu'il est tout fraîchement auréolé du succès immense des deux premiers volets du Parrain.

Coppola décide de transposer l'histoire de Conrad (qui se passe à l'origine en Afrique) au Vietnam alors que les Etats-Unis sont encore meurtris par la longue guerre qui s'est achevée à peine un an avant le début du tournage.
L'histoire est celle du capitaine Benjamin Willard (Martin Sheen) qui reçoit l'ordre des services secrets américain d'aller exterminer le colonel Kurtz (Marlon Brando), qui a perdu l'esprit et s'est retranché au Cambodge où les tribus locales le considèrent comme un demi-dieu.
Willard va donc devoir remonter le fleuve en compagnie de ses acolytes afin de retrouver Kurtz.
Lors de son voyage et en lisant le dossier de ce dernier, Willard va au fur et à mesure se rendre compte de la personnalité de Kurtz et réaliser qu'il n'est pas du tout l'homme qu'il avait imaginé.


Apocalypse Now est une des toute première oeuvre de fiction à parler de la guerre du Vietnam (il n'y a guère que Voyage au Bout de l'Enfer qui l'ait précédé) mais ce n'est finalement pas un film réellement centré sur la guerre. Passé les 45 premières minutes avec notamment la mythique scène de l'attaque des hélicoptères sur un air de Richard Wagner et les séquences avec le lieutenant-colonel Kilgore (l'énorme Robert Duvall), le film se calme pour nous plonger dans la moiteur de la jungle en compagnie des occupants du bateau.
A partir de ce moment, le film relate un voyage, celui de l'embarcation qui les mènera jusqu'à Kurtz mais également le voyage intérieur de Willard qui, va se mettre à douter de plus en plus au fur et à mesure qu'il en apprendra plus sur Kurtz et son passé.

Si le film est considéré par beaucoup comme légendaire, ce n'est pas pour rien. Difficile de ne pas être ébouriffé par les visuels qui nous sont proposés : le napalm qui rase une forêt, les hélicoptères devant le soleil, cette photographie...tout respire le Coppola.
Mais le cœur du film, ce qui nous subjugue, nous bouleverse même, c'est ce trip (émotionnel et visuel), ce voyage au bout de la folie, de la démence, ces regards hallucinés, cette violence crue, cette ambiance malsaine. On a les mains moites, comme l'atmosphère, comme cette jungle.

Le personnage de Kurtz est magnifiquement iconifié par Coppola, nous avons en premier sa voix en tout début de film, puis viendront ses textes, puis des photos, toute cette montée en tension pour finalement le voir arriver, tel le demi-dieu qu'il est, après 2h40 de film (!). A cet instant, dès qu'on entend ses déblatérations philosophiques, on en vient à se demander nous-même s'il est réellement fou, s'il n'est pas finalement qu'un énième homme brisé par la guerre...


D'ailleurs, qui de mieux que Marlon Brando, lui-même légende vivante (à l'époque) du cinéma pour se mettre dans la peau de ce personnage aux contours mystiques ? On sait que le tournage avec lui a été difficile (en plus de tout le reste dont je parlerai en fin d'article) et que Coppola a décidé de le filmer en grande partie dans la pénombre et en contre-plongée (et parfois avec une doublure) pour dissimuler son obésité, reste que le résultat est saisissant, encore plus avec la manière dont Brando déblatère ses textes sans jamais vraiment bien articuler, renforçant ce côté inquiétant du personnage.

Je parle de Brando mais le reste du casting n'est pas en reste, Martin Sheen campe son personnage à la perfection, en témoigne cette première séquence dans la chambre d'hôtel qui montre déjà toute la folie qui campe Willard.
Robert Duvall apparaît une trentaine de minutes dans le film mais quelles 30 minutes ! Kilgore est peut-être un des personnages les plus emblématique du métrage grâce à ses nombreuses répliques cultes, on peut, à ce niveau-là, un peu le comparer au Sergent Hartman dans Full Metal Jacket qui volait la vedette à tout le monde dans la première moitié du film. Duvall sera d'ailleurs nominé pour l'Oscar du meilleur acteur dans un rôle secondaire l'année suivante, comme quoi les vieillards de l'académie ont quand même du flaire parfois.

Il est vrai que ces trois gaillards là tirent une grande partie du rideau mais il ne faudrait pas oublier toute la clique qui accompagne Willard sur leur embarcation, que ce soit Laurence Fishburne (qui avait 15 ans au moment du tournage et qui a dû mentir sur son âge pour le rejoindre), Frederic Forrest et sa magnifique moustache, Sam Bottoms ou le commandant du bateau, Albert Hall.


Comme je l'ai mentionné, Apocalypse Now doit sa renommée légendaire à sa maîtrise formelles certes, mais également grâce au tournage qui est devenu de nos jours presque plus connu que le film en soi.
Lors de sa présentation au Festival de Cannes en 1979, Coppola résumait simplement ce qu'avait été Apocalypse Now pour lui : "Ce n'est pas un film sur le Vietnam, c'est le Vietnam", comparant le tournage à ce que les américains avaient vécu lors de la guerre.

Entre dépassement de budget (Coppola a dû mettre de sa poche une grande partie), changement d'acteur principal (après une semaine, Harvey Keitel qui devait jouer Willard est remplacé par Martin Sheen car Coppola était mécontent de ses premières scènes), conditions météo désastreuses aux Philippines (lieu du tournage) et une tendance pour Coppola à devenir de plus en plus paranoïaque au fil du tournage, la production a été un véritable enfer pour toute l'équipe.
Pour en rajouter une couche, il y a aussi eu les caprices de Brando (qu'il voulait absolument dans le film) : cachet mirobolant, surpoids, il arrivait sur le plateau sans savoir ses textes.

Que de soucis en plus pour Coppola qui a en plus dû faire face aux problèmes de santé de Martin Sheen qui fera un infarctus peu après le tournage de la fameuse scène dans la chambre d'hôtel.
Il faut savoir que Sheen, qui avait énormément bu pour se mettre dans la peau de son personnage, n'a pratiquement pas été dirigé pour cette scène particulière, tant Coppola trouvait qu'il habitait bien Willard.
La suite je l'ai expliquée : crise cardiaque, arrêt de travail de 3 semaines (et contre les recommandations du médecin) et obligation pour Coppola de tourner des plans larges avec une doublure car le tournage avait déjà pris beaucoup trop de retard.

Si l'envers du décor vous intéresse, je vous conseille d'ailleurs vivement le documentaire filmé en amateur par la femme de Francis Ford Coppola sur le tournage du film : Aux cœurs des ténèbres : l'apocalypse d'un metteur en scène, qui revient de manière très intéressante sur cette production gargantuesque.


Tout ceci pour au final obtenir le film que l'on connaît et qui est considéré encore aujourd'hui comme un grand classique du cinéma américain.
S'il y a quelque chose que l'on ne peut pas enlever à Francis Ford Coppola, c'est son amour pour le cinéma et sa foi en ce projet qu'il aura soutenu jusqu'au bout, quitte à se mettre au bord de la faillite et à donner de sa personnes (il aura tout de même perdu 40 kilos pendant les 238 jours de tournage) pour faire aboutir un projet qui lui tenait autant à cœur.
Au final, cette abnégation aura payé car le film recevra un excellent accueil critique et marchera très bien en salles, permettant à Coppola d'éviter le gouffre financier auquel il semblait promis.

Alors que Le Parrain revient souvent dans les bouches des gens quand il s'agit de parler du chef-d'oeuvre du réalisateur, Apocalypse Now reste certainement le plus marquant et portera toujours sur lui ce côté un petit peu "mystique" quand on sait tout ce qu'a vécu l'équipe pour lui faire prendre vie.
La version Redux apporte certes quelques longueurs, mais elle ne dénature en rien le premier montage qui n'aura qu'encré encore plus Coppola parmi les plus grands réalisateurs que le cinéma américain ait connu.


dimanche 16 août 2015

Mission Impossible : Rogue Nation (2015)

Titre original : Mission : Impossible - Rogue Nation

Date de sortie française : 12 août 2015

Réalisateur : Christopher McQuarrie

Scénario : Christopher McQuarrie et Drew Pearce d'après les personnages créés par Bruce Geller

Directeur de la photographie : Robert Elswit

Montage : Eddie Hamilton

Musique : Joe Kraemer

Durée : 2h12

Avec : Tom Cruise, Simon Pegg, Jeremy Renner, Rebecca Ferguson, Ving Rhames, Sean Harris, Alec Baldwin


Synopsis L’équipe IMF (Impossible Mission Force) est dissoute et Ethan Hunt se retrouve désormais isolé, alors que le groupe doit affronter un réseau d’agents spéciaux particulièrement entraînés, le Syndicat. Cette organisation sans scrupules est déterminée à mettre en place un nouvel ordre mondial à travers des attaques terroristes de plus en plus violentes. Ethan regroupe alors son équipe et fait alliance avec Ilsa Faust, agent britannique révoquée, dont les liens avec le Syndicat restent mystérieux.
Ils vont s’attaquer à la plus impossible des missions : éliminer le Syndicat. (Source : Première)

Mon avis


La franchise si chère à Tom Cruise est de retour sur grand écran, quatre ans après l'excellent Protocole Fantôme qui a véritablement redonné ses lettres de noblesse à la licence. Cinquième film donc et 5ème réalisateur également, la saga ayant pour vocation d'apporter à chaque nouvel épisode le style et les idées d'un metteur en scène différent (comme c'est le cas pour la saga Alien par exemple).
Après la sobriété et la tension de De Palma, le too much de John Woo, la shaky cam de J.J. Abrams et l'inventivité folle saupoudrée de la légèreté de Brad Bird, c'est donc Christopher McQuarrie, scénariste renommé ayant collaboré à de nombreuses reprises avec Bryan Singer (il est d'ailleurs à l'origine du twist si célèbre de Usual Suspects) et bon ami de Tom Cruise qu'il a déjà dirigé dans le bon Jack Reacher, qui a la lourde tâche d'essayer de faire au moins autant bien que son prédécesseur.

Alors que Mission Impossible a été dissoute et ses membres désavoués, Ethan et ses amis doivent faire face à une grande menace, le Syndicat, organisation mystérieuse qui résulte d'un projet lancé par le Premier Ministre britannique mais qui n'avait jamais vu le jour. Solomane Lane (Sean Harris) a continué le projet de son côté pour devenir la tête pensante du Syndicat. Ethan est de plus surveillé par la CIA car il continue ses recherches alors que IMF n'existe plus.


Comme je l'ai mentionné, arriver après l'excellent film de Bird n'était pas aisé pour McQuarrie mais il avait clairement les épaules pour le faire et autant dire tout de suite qu'il s'en sort à merveille.
Reprenant ce qui faisait la force de Protocole Fantôme avec son ton assez léger, sa générosité et ses personnages attachants, McQuarrie se permet quelques folies bienvenues comme cette fameuse scène d'ouverture avec Tom Cruise accroché (pour de vrai !) à la porte d'un avion qui décolle...ça annonce la couleur et c'est vraiment couillu de sa part quand on sait que c'était clairement une des scènes les plus attendues après les différents trailers.

Ce qui est très fort, c'est que la suite présente certains passages qui n'ont rien à envier à la séquence d'ouverture : la scène de l'opéra, très hitchcockienne dans l'esprit, est géniale et parfaitement maîtrisée avec ce chanteur d'opéra qui dicte le rythme de la scène de bout en bout. McQuarrie intègre également quelque chose qui n'avait pas encore été fait dans la saga, l'infiltration aquatique, scène de haute tension où Ethan doit retenir sa respiration pas moins de 3 minutes, angoissant !
Le film propose en plus la première course-poursuite à moto digne de ce nom, là où Woo faisait un peu n'importe quoi, on a enfin droit à une séquence qui rend véritablement hommage à ces bolides en plus d'être très bien filmée.
D'ailleurs, toute la partie se passant au Maroc est très impressionnante niveau action et c'est aussi là que l'on voit que McQuarrie avait des idées plein la tête car même si le film se situe dans la continuité du travail de Bird il arrive à se renouveler suffisamment pour éviter l'effet de "déjà-vu".


Rogue Nation reprend également l'aspect beaucoup plus centré sur l'équipe autour de Ethan et qui va d'ailleurs lui sauver la peau à plusieurs reprises. On a toujours l'excellent Simon Pegg, drôle sans jamais tomber dans la bouffonnerie, Jeremy Renner un peu plus en retrait que dans Protocole Fantôme, Ving Rhames qui est de retour aux affaires et la petit nouvelle Rebecca Ferguson qui est un peu à l'image du film finalement : belle femme mais sans être vulgaire, sans en faire trop. D'ailleurs, ses adieux avec Ethan ne se concluent pas sur un baiser langoureux comme c'est (trop) souvent le cas mais sur une simple étreinte...
Du côté des antagonistes, on a droit à Sean Harris avec sa dégaine particulière qui campe un méchant assez classique mais plutôt inquiétant de par sa manière de procéder. Il n'a certes pas le charisme d'un Philip Seymour Hoffman mais il connaîtra un sort largement moins ridicule que celui réservé à Hoffman dans Mission Impossible 3.

Là où la saga James Bond s'est plongée totalement dans l'introspection depuis l'arrivée de Daniel Craig (ce qui n'est pas un défaut, attention), Mission Impossible arrive désormais à intégrer ce grain de folie qui faisait les beaux jours du plus célèbre agent secret il y a quelques années de ça maintenant.
Comme je l'ai déjà mentionné, McQuarrie reste très fidèle à l'essence de Mission Impossible avec notamment une scène de haute tension sans aucune musique, reflet de ce qu'avait fait De Palma dans cette séquence suspendue si hallucinante du premier M:I.
Le réalisateur américain ajoute cependant tout ce qu'il faut pour obtenir ce que le public attend d'un film d'action actuel et, contrairement aux Yes-men des films Marvel par exemple, sait mettre en scène son film, en témoigne une nouvelle fois la scène géniale de l'opéra maîtrisée du début à la fin.


Généreux dans ce qu'il propose sans jamais en faire trop, Rogue Nation est un très bon cru du cinéma d'action et McQuarrie n'a clairement pas à rougir face à De Palma et Bird dont il respecte le travail tout en y ajoutant sa touche personnelle. Dosant à merveille les gros moments d'adrénaline à ceux remplis de tension, le film démontre en plus que Tom Cruise en a toujours dans le pantalon en effectuant lui-même la majorité de ses cascades.
Ethan Hunt est toujours ce surhomme charismatique mais qui montre toutefois des signes de faiblesse par moments, ce qui le rend vraiment humain et attachant (comme le reste de l'équipe d'ailleurs).

Pas grand-chose à reprocher donc si ce n'est un poil trop de plot twists sur la fin mais c'est vraiment pour chipoter. Mission Impossible : Rogue Nation est un excellent film d'action et vient prouver que le genre a encore de bonnes choses à offrir (on a déjà eu Fury Road et on aura encore Spectre cette année). Après Jack Reacher, Christopher McQuarrie prouve qu'il n'est pas qu'un bon scénariste mais qu'il arrive à faire des choses très intéressantes derrière une caméra.
Avec son succès critique et en salles, tous les feux sont donc au vert pour un 6ème épisode déjà confirmé par Tom Cruise et qui verra certainement l'arrivée d'un nouveau réalisateur, j'espère pour le meilleur.


jeudi 13 août 2015

(Re)visionnages récents - 2


It Follows (2015) - David Robert Mitchell



Alors que les bons films d'horreur se font rares sur grand écran (beaucoup sortent directement en VOD), It Follows arrive avec un concept assez génial dans l'idée, celui de la malédiction qui se transmet par voie sexuelle (métaphore évidente du sida et des MST en tous genres).
La malédiction en question, c'est une entité qui vous suit en permanence dès que vous couchez avec quelqu'un qui en est "infecté". La "chose" avance très lentement mais elle peut prendre toutes les formes possibles, du parfait inconnu au voisin de palier en passant par les parents proches.
Mon dieu, qu'est-ce que c'est bon de voir un film d'horreur qui n'abuse pas ad nauseam des jump scare (je n'en retiens qu'un seul de tout le film et il n'est pas là que pour faire "genre") mais qui arrive à installer un sentiment de malaise permanent et à plonger le spectateur dans une paranoïa qui le poursuivra tout du long, ne vous attendez pas à hurler de terreur, on a clairement à faire à un film d'ambiance.
Jamais vous n'allez regarder les arrière-plans autant que dans ce film et David Robert Mitchell l'a très bien compris avec ses plans souvent très longs et fixes qui laissent parfaitement le temps de scruter les alentours.
A noter également une bande son excellente signée Disasterpeace qui ajoute sa pierre à l'édifice qu'est It Follows, un excellent film d'horreur comme on aimerait en voir plus.


Gunman (2015) - Pierre Morel


Après avoir fait basculer Liam Neeson vers le côté obscur avec Taken en 2008 (rôle qu'il ne cesse de reprendre à toutes les sauces ces derniers temps fort malheureusement), Pierre Morel nous refait le coup avec cette fois-ci Sean Penn dans un rôle assez éloigné de ce qu'on a l'habitude de voir avec lui.
J'avoue éprouver une certaine sympathie pour le premier Taken, probablement parce que voir Liam Neeson défourailler tout le monde c'était plutôt fun, malgré les énormes défauts du film.
Gunman est finalement assez éloigné de Taken, principalement car il est beaucoup plus calme et laisse de côté le cliché habituel du père qui va sauver sa fille blablabla (bon ne vous inquiétez pas, vous allez en trouver d'autres des clichés dans ce film : triangle amoureux débile, vision de l'Afrique caricaturale et j'en passe des meilleurs).
On a toujours droit aux quelques éclairs de violence vraiment cruelle dont Pierre Morel a le secret mais dans l'ensemble, on se fait quand même plutôt chier ! La faute à Sean Penn qui ne dégage absolument rien, pas de charisme, on s'en fout limite de lui. Il faut également se coltiner un pauvre Javier Bardem qui cabotine un max pour ne rien arranger.
On pourra accorder au film une réalisation plutôt correcte avec des scènes d'action lisibles dans l'ensemble mais ça ne suffit pas, le film ne décolle jamais et quand on s'ennuie devant un film d'action, c'est qu'il y a un problème quelque part.


Brazil (1985) - Terry Gilliam


Considéré par beaucoup comme le chef d'oeuvre de Terry Gilliam, Brazil est la première de ses réalisations à s'écarter quelque peu des univers étranges auxquels il nous avait habitués jusqu'alors. Inspiré pour son fond par le classique de George Orwell, 1984 (mais également de grands chefs-d’œuvre dystopiques comme le Metropolis de Fritz Lang entre autres) le film s'en écarte par sa forme tout en gardant une ambiance à la fois dérangeante et absurde.
L'idée du totalitarisme (principalement stalinien mais on peut évidemment également penser au régime nazi) décrit par Orwell est parfaitement retranscrit avec ces humains quasiment déshumanisés dont la liberté d'expression n'a pratiquement plus lieu d'être. Le personnage principal, superbement interprété par Jonathan Pryce, ne connaît de moments de répit que lorsqu'il s’endort et se met à rêver. La thématique du rêve est également au centre du film, si bien qu'on en arrive à se demander si tout ce qui est vécu par les personnages est réel ou non.

Le gros point fort du film, c'est évidemment la maestria avec laquelle Gilliam retranscrit cet univers dystopique qui regorge de coins glauques de toutes parts. La patte Gilliam se retrouve également dans ces décors parfois surréalistes mais toujours très crédibles.
Un grand film à n'en pas douter mais j'avoue avoir eu un peu de peine à vraiment rentrer dedans. Je pense que le film aurait eu encore plus d'impact si Gilliam s'était affranchi de ce second degré et de ce côté un peu absurde.
A noter par contre l'énorme Robert De Niro qui, dans un second rôle, apporte cette touche humoristique qui contraste totalement avec l'univers.


Vice-Versa (2015) - Pete Docter


Alors que Pixar traverse une période un peu difficile d'un point de vue créatif (3 de leurs 4 derniers films sont des suites pas toujours vraiment inspirées si on met de côté le dernier Toy Story), la nouvelle réalisation de Pete Docter (Monstres et Cie, Là-haut) promettait à nouveau un univers original se concentrant sur les différentes émotions vivant dans la tête de Riley, une petite fille de 11 ans qui va voir sa vie bouleversée par un déménagement qui va la faire quitter le Minnesota et tous ses amis.
S'il y a bien quelque chose qu'il faut laisser aux studios Pixar, c'est bien leur talent d'écriture, on va vraiment suivre les différentes émotions de la petite Riley : la joie, la tristesse, la colère, la peur et le dégoût (même si l'histoire se concentre surtout sur ces deux premières). Les personnages sont certes des stéréotypes (la tristesse grassouillette et à lunettes, la colère avec sa grosse voix, la peur et son look nerd, etc.) mais ça leur colle parfaitement et c'est ce qui permet de s'attacher à eux.
Là où le film réussit parfaitement ce qu'il entreprend, c'est qu'il fait réellement ressentir des émotions au spectateur : j'ai rigolé de bon cœur à de nombreuses occasions mais j'ai également été plutôt triste à certains moments, particulièrement lors de la dernière scène avec l'ami imaginaire de Riley (que je ne spoilerai pas ici) qui est extrêmement touchante.
Je reprocherais par contre une DA pas forcément toujours très inspirée, autant je trouve les personnages de la tristesse ou de la peur très bien réussis, autant le design de la joie aurait pu être un peu plus "foufou". Le monde du cerveau de Riley est très réussi par contre celui du "vrai" monde extérieur est plutôt banal et ne réinvente en tout cas pas le genre.
Vice-Versa est vraiment un beau film et un petit coup de cœur me concernant, je suis ressorti de la séance avec un grand sourire et c'est vraiment ce que j'attends d'un film du genre.
Par contre, je rajouterais juste que le court-métrage qui précède le film, Lava, est à des années-lumière de ce que Pixar à l'habitude d'offrir dans le domaine. J'ai trouvé celui-ci d'un goût vraiment douteux, si bien que j'étais mal à l'aise pendant les 7 minutes que ça aura duré...carton rouge sur ce coup !


Divergente 2 : L'Insurrection (2015) - Robert Schwentke


Ahlala...y'a des fois où je me demande vraiment pourquoi je me donne tant de peine pour écrire quelques lignes sur certains films.
J'avoue avoir une certaine amitié pour le premier opus de la série Divergente, tout comme j'en éprouve également une pour le premier volet de la franchise Hunger Games (un peu pour les mêmes raisons, c'est-à-dire que dans les deux cas je m'attendais à voir le truc le plus con jamais imaginé).
Insurgent (le titre anglais est bien plus simple) reprend bien évidemment là où son prédécesseur nous avait laissé à coup de gros flashbacks bien appuyés comme il faut pour rappeler au spectateur le plus con les (immenses !) enjeux qui avaient été laissés en suspens.
La suite ? Un enchaînement de tout ce qu'il y a de plus insupportable dans ce genre de films : ne s'arrêtant pas en si bon chemin en ce qui concerne prendre le spectateur pour le dernier des débiles, le film ne se prive pas d'appuyer lourdement sur tous les sentiments afin de mieux les faire passer auprès de la minette de 12 printemps. Tris se sent responsable de la mort de ses parents ? Ne vous inquiétez pas, celle-ci sera mentionnée 32 fois et Tris pleurera autant de fois en y repensant. Le personnage de Zoë Kravitz est en colère contre Tris quand elle apprend que cette dernière a tué son copain ? On va aller la positionner droit devant celle-ci pour lui jeter 18 regards bien noirs comme il faut (mais ne vous inquiétez pas, tout sera oublié en 10 secondes plus loin dans l'histoire). Theo James est en colère ? Pas de souci, on va lui faire serrer les poings et grogner profondément...Si un jour il me vient l'idée masochiste de revoir ce film, il faudra que je pense à faire un décompte du nombre de fois où j'ai levé les yeux au ciel.

Mais encore, s'il n'y avait que ça ! Que vient foutre Naomi Watts dans ce bordel sérieux ? Autant on peut accorder à Kate Winslet de se préoccuper un peu de ce qu'elle fait mais Watts a l'air de ne piger absolument rien à ce que son personnage raconte. Heureusement qu'on la voit peu car bon dieu que c'est navrant.
Et puis c'est quoi ce délire avec Tris sérieux ? Je veux bien que l'on ait une héroïne principale qui soit forte mais dans ce cas il ne fallait pas prendre Shailene Woodley pour l'incarner, elle est toute frêle ! Du coup j'y crois pas une seule seconde quand je la vois se farcir 3 mecs armés à la fois à la seule force de ses poings (ce qui donne parfois lieu à des chorégraphies assez surréalistes)...lui faire se couper les cheveux pour se donner un air de garçon manqué n'a aucune chance d'aider dans ce sens.

Je garde le meilleur pour la fin, et là j'ai presque hurlé de rire, ils nous font le coup de la fausse mort de l'héroïne ! Tout le monde sait qu'il y a un troisième bouquin, tout le monde sait que personne ne va y croire mais les mecs se sont quand même dit : "Allez les gars, on fait mourir Tris mais en fait non car [insérer justification improbable]". C'est énorme !
Du coup maintenant j'ai envie de voir la suite, j'ai envie de savoir s'il est techniquement possible de faire pire, les scénaristes auront en plus l'occasion de briller par deux fois encore comme la dernière partie va (encore) être divisée en 2 chapitres au cinéma. Vite !


L'Armée des Douze Singes (1995) - Terry Gilliam


10 ans après Brazil, Terry Gilliam revient au film d'anticipation dans un univers dystopique avec cette adaptation libre de La Jetée, un court-métrage français de 1962. Reprenant en grande partie la direction artistique utilisée pour Brazil, Gilliam y retrouve également les thèmes qui lui sont chers avec un univers sombre et cette confrontation entre l'homme et la technologie, plus spécifiquement la science qui sera la cause de la disparition de 99% de la population mondiale à cause d'un virus d'origine inconnue répandu à travers le monde en 1996.
James Cole (Bruce Willis), prisonnier en 2035 est envoyé dans le passé pour essayer de recueillir des informations sur le virus et sa propagation ainsi que sur une organisation terroriste amoureuse des animaux, L'Armée des 12 Singes, qui est soupçonnée d'être à l'origine de l'épidémie.
L'exercice du voyage dans le temps au cinéma est plutôt délicat et bon nombre de films actuels qui le tente se cassent souvent les dents, le voyage temporel n'étant qu'un prétexte sans jamais vraiment servir le scénario.
Ici, tout est d'une cohérence folle, l'histoire est superbement écrite et l'univers monté par Gilliam est extraordinaire : il est d'ailleurs à noter que la majorité des décors sont réels car l'équipe n'a pas pu tourner en studio en raison d'un budget trop serré, Gilliam a donc tourné en grande partie dans des entrepôts abandonnés.
les personnages qui habitent cet univers ne sont bien évidemment pas en reste, et le mérite revient à leur interprétation : que ce soit Bruce Willis (certainement ici dans un de ses meilleurs rôles), l'hilarant Brad Pitt, complètement halluciné ou la belle Madeleine Stowe, parfaite dans son rôle.
Clairement au-dessus à mes yeux que Brazil qui m'avait laissé un petit arrière-goût amer, L'Armée des Douze Singes reste pour moi le grand chef-d'oeuvre de Terry Gilliam et un des meilleurs longs-métrages traitant du voyage temporel.


Loin de la Foule Déchaînée (2015) - Thomas Vinterberg


N'étant pas du tout un connaisseur du cinéma de Vinterberg (je n'ai vu aucun de ses films tout en sachant qu'ils divisent beaucoup), j'ai donc vécu mon dépucelage avec cette adaptation du grand classique du romancier anglais Thomas Hardy, pas loin de 50 ans après la version de John Schlesinger que je compte regarder prochainement pour comparer.
La première chose qui saute aux yeux dès les premières minutes du film, c'est cette beauté formelle, cette photographie somptueuse qui met en valeur de la plus belle des manières l'Angleterre rurale du 19ème siècle.
Le film contient son lot de scènes fortes, j'en retiens essentiellement deux, celle de la chanson autour d'une table entre les personnages de Carey Mulligan et Michael Sheen et celle de la rencontre entre cette première et Frank (Tom Sturridge) dans un bosquet, éblouissante visuellement par son jeu sur les contrastes.
Le casting n'est pas en reste avec Carey Mulligan comme souvent très touchante avec un jeu de regard formidable, un Michael Sheen parfait et Matthias Schoenaerts dont le personnage est finalement le plus unilatéral, le plus loyal et finalement peut-être le plus attachant.
Loin de la Foule Déchaînée est une belle histoire mise en scène de très belle manière et qui devrait se savourer de la sorte. Sans qu'il m'ait réellement transcendé, le film a au moins le mérite de présenter quelque chose de différent parmi la masse de produits hollywoodiens insipides que l'on nous sert ces temps-ci.


Mission Impossible (1996) - Brian De Palma


Avec la sortie imminente de Rogue Nation, l'occasion est idéale pour un revisionnage de ses prédécesseurs en commençant par un des plus grands classiques du film d'espionnage/action j'ai nommé Mission Impossible (premier du nom). Mon dernier visionnage du film remontant à très longtemps, je n'avais plus de gros souvenirs et autant dire que ça a été pour moi une redécouverte totale. Dirigé de main de maître par Brian De Palma, qui restait pourtant sur plusieurs échecs au box-office (dont un très récent avec L'Impasse), ce premier volet présente tout ce que j'adore dans le genre : un héros charismatique, une intrigue en béton et des scènes au suspense insoutenable : je pense bien évidemment en premier lieu à cette scène absolument géniale du vol de la disquette, sans aucune musique, avec des plans jonglant constamment entre Ethan et tous les potentiels dangers pouvant venir ruiner sa mission : la température, le bruit, etc.
Toute la séquence à Prague au début du film n'est pas en reste non plus avec juste ce qu'il faut d'action, sans en faire des tonnes.
Le chef-d'oeuvre aurait été total sans cette fin complètement too much dans le train avec la scène de l'hélicoptère qui a extrêmement mal vieillie (le saignement des yeux n'était pas loin) en plus d'apporter une surdose d'action alors que le film s'en était parfaitement passé jusque-là (je crois d'ailleurs que c'est Tom Cruise, producteur, qui a insisté pour la tourner).
Ceci étant dit, ça ne gâche pas pour autant le film, tout ce qui précède étant tellement maîtrisé que je pardonne bien volontiers cette "erreur" qui contribue d'ailleurs à donner un charme certain à ce premier volet de la série.


Mission Impossible 2 (2000) - John Woo


On enchaîne avec la suite ! Considérée par certains comme un navet et par beaucoup comme un nanar, je serai un peu plus gentil en le qualifiant de "bon" nanar.
A mille lieux de celle de De Palma, la réalisation de John Woo y est pour beaucoup dans cette chute drastique de qualité. N'étant pourtant pas un manche en temps normal, Woo a l'air de n'en avoir complètement rien à branler durant tout le film, jusqu'à en tomber dans l’auto-parodie salace.
Mission Impossible 2 c'est des ralentis, beaucoup de ralentis, TROP de ralentis. Woo nous en fout lors des scènes d'action mais pas seulement (pendant la scène de rencontre entre Ethan et Nyah par exemple, pour bien te montrer le coup de foudre). Rappelons quand même qu'à la même époque (grosso modo) sortait Matrix qui révolutionnait le genre avec son utilisation inédite (et impressionnante) du bullet time.
Mission Impossible 2 c'est aussi des scènes complètement "what the fuck" telle celle de l'escalade à main nu d'une falaise par Ethan, complètement relax style jogging du matin, ou celle où celui-ci passe derrière un mur de flamme avec une colombe qui s'en échappe (véridique, vous la sentez la grosse symbolique ?).
Tout ça n'a pas l'air glorieux dit comme ça mais le fait est que je me suis pas mal éclaté : les ralentis ? Ça me fait souffler du nez. Ethan qui prend la position du Christ sur sa falaise ? Ça me fait sourire. Le combat final avec un Tom Cruise ninja (avec des ralentis partout bien entendu) ? Ça me fait marrer.
Ajoutez à ça une intrigue totalement prévisible (le coup des masques ça marchait bien dans le premier mais là il y a clairement abus) et un méchant inintéressant au possible et vous obtenez tous les ingrédients pour un bon petit nanar.
Alors certes c'est honteux quand on le compare à la maîtrise du film de Brian De Palma mais pris en tant que tel, j'avoue avoir pris un certain plaisir (coupable à n'en pas douter) durant le visionnage...le charisme intact de Tom Cruise n'y est certainement pas étranger.


Mission Impossible 3 (2006) - J.J. Abrams



Pas grand-chose à dire sur le premier long métrage de J.J. Abrams. Le film n'est clairement pas exempt de défauts mais je le placerais à ce stade derrière le premier mais devant l'opus de John Woo.
Jamais désagréable mais jamais totalement excitant pour autant, le film se démarque surtout par son méchant campé par le génial mais regretté Philip Seymour Hoffman qui est certainement l'antagoniste le plus réussi de la franchise.
Le casting des rôles secondaires est d'ailleurs très intéressant et réussi dans son ensemble avec les apparitions de Simon Pegg, Laurence Fishburne, Michelle Monaghan ou Jonathan Rhys-Meyers pour ne citer qu'eux.
Abrams remonte clairement le niveau du film de Woo même si sa mise en scène n'est pas forcément toujours très lisible, surtout lors des scènes d'action où il abuse un peu trop du shaky cam (par contre il est encore plutôt calme sur les lens flare dont il abusera complètement dans ses deux Star Trek).
Il en résulte un film d'action plutôt généreux, centrant son intrigue sur la recherche d'une "patte de lapin", sorte de MacGuffin dont on ne connaîtra jamais réellement la réelle nature. Abrams ne renouvelle certes pas le genre (voire la franchise) mais il évite plutôt bien les travers dans lesquels était tombé Woo et nous signe un premier film plus que correct.


Mission Impossible : Protocole Fantôme (2011) - Brad Bird


Après la première grande réalisation de J.J. Abrams, Brad Bird vient à son tour s'essayer pour la première fois au film live après avoir connu de gros succès dans l'animation (Le Géant de Fer d'abord, puis chez Pixar avec Ratatouille et Les Indestructibles). Premier visionnage me concernant et donc découverte totale et je ne dirai qu'une chose : Woah !
De la part d'un néophyte dans le domaine, on ne peut que saluer l'incroyable travail qu'a effectué Bird sur son film qui retrouve enfin une mise en scène digne de ce nom avec un sens du suspense et de la tension (la scène de l'escalade de Dubaï mon dieu, j'ai cru asphyxier). L'ingrédient de base est toujours là mais il est agrémenté d'ajouts vraiment bienvenus comme l'humour qui transparaît principalement à travers le personnage de Simon Pegg (et qui fait bien mieux passer certaines incohérences, inhérentes à la série) ou l'esprit d'équipe beaucoup plus mis en avant (d'ailleurs, l'affiche du film elle-même laisse enfin de la place aux "sidekicks" de Tom Cruise).
Et cette équipe, il faut dire qu'elle a de la gueule : j'ai déjà parlé de Pegg mais Jérémy Renner et Paula Patton sont aussi excellents et assez développés pour qu'on puisse s'attacher à eux.
Rempli de bonnes idées, grâce notamment aux gadgets ultra modernes utilisés par l'équipe (l'infiltration du Kremlin avec le panneau dans le couloir est juste géniale, l'idée de la lentille oculaire à reconnaissance faciale également), Protocole Fantôme surpasse ses deux prédécesseurs que ce soit au niveau de l'écriture ou de la réalisation et offre ce que le film d'action a pu faire de mieux ces dernières années.


Les Frères Grimm (2005) - Terry Gilliam


Après le fiasco Don Quichotte, adaptation qu'il avait en tête depuis de nombreuses années et annuléeTerry Gilliam se tourne vers une autre adaptation, celle de la vie de Jacob et Wilhelm Grimm.
en plein tournage après de nombreux problème,
Le film marque le retour de Gilliam au film d'aventure fantastique, dans la lignée de Bandits, bandits et des Aventures du Baron de Münchhausen. Plutôt que de relater simplement la vie des deux célèbres conteurs allemands, Terry Gilliam a la bonne idée de confronter directement Wilhelm (Matt Damon) et Jacob (Heath Ledger) à leurs propres contes. Les deux frères sont décrits ici comme des aventuriers ayant acquis une grande renommée en chassant sorcières et maléfices à travers l'Allemagne...renommée bâtie uniquement sur l'usage de trucages ingénieux.
Le film transpire de l'imagination un peu folle de Gilliam dans un domaine qui est parfaitement calibré pour son style. Il ne se prive pas d'aller puiser ses influences dans de nombreux contes des frères Grimm...mais pas que !
Le film est plutôt sombre et le style "papier-mâché" particulier du réalisateur vient appuyer l'aspect fantastique de l'histoire. On pourra déplorer certains effets numériques vraiment moches qui viennent quelque peu ternir la beauté formelle du film mais sans que ce soit rédhibitoire pour autant.
Le casting cinq étoiles s'en sort honorablement avec un duo Damon-Ledger qui fonctionne très bien (malgré un Matt Damon un peu en roue libre il faut l'avouer). Mention spéciale à Peter Stromare et son accent italien qui m'aura bien fait rire.
Une belle réussite donc que cette adaptation libre de la vie des Frères Grimm qui se laisse découvrir et savourer un petit peu à la manière d'un conte, avec la petite touche d'humour "gilliamesque" qui va avec bien évidemment !


Into The Woods (2015) - Rob Marshall


Le film musical...voilà un concept qui m'échappe encore. Prendre des acteurs pour pousser la chansonnette alors qu'ils ne sont clairement pas tous égaux face à l'exercice ça peut donner du très bon où ça peut faire souffrir vos oreilles.
A vrai dire, je ne sais pas vraiment ce qui m'a poussé à voir Into The Woods, production Disney sortie en début d'année et réunissant un casting pas dégueulasse du tout (peut-être le fait que j'avais vu les Frères Grimm le soir d'avant).
Je ne sais vraiment pas trop quoi dire tellement c'est mauvais, là où j'éprouvais une certaine sympathie pour Les Misérables qui était pourtant loin d'être parfait, on a ici un concentré de tout ce qui est à gerber chez les productions Disney.
C'est niais mon dieu mais que c'est niais, toutes les musiques sont d'une bêtise à peine croyable. On va avoir droit aux traditionnels discours (chantés) sur le pouvoir de l'amitié, le pouvoir de la famille, etc.
Plusieurs contes viennent s'entremêler dans ce fouillis sans aucun enjeux et qui ne respectent même pas leur matériau d'origine (Cendrillon c'est juste du gros n'importe quoi).
Il faut en plus se coltiner Johnny Depp (le "loup") qui joue du Johnny Depp et qui continue de creuser sa tombe artistique, à croire qu'il n'était déjà tombé assez bas et une Meryl Streep qui vient cachetonner et décrocher une nomination pour un Oscar qui nous prouve une fois de plus que l'Académie n'a dû voir que son nom sur l'affiche sans voir le film. Ah oui il y a aussi l'insupportable Chris Pine qui joue le prince charmant de Cendrillon et qui s'offre une scène musicale totalement hallucinante de ridicule avec son frère (amoureux de Raiponce) dans une rivière. Au final, c'est Anna Kendricks qui s'en tire le mieux car la seule qui n'essaye pas toutes les 2 minutes d'en faire des tonnes.
Mais le pire c'est que c'est long mon dieu, il faut supporter ce calvaire pendant 2h ! Heureusement que le chant ne représente au final qu'une minorité du film sinon Disney auraient été coupables d'avoir créé la pire torture qu'un homme puisse endurer.

jeudi 6 août 2015

Ant-Man (2015)

Titre : Ant-Man

Date de sortie française : 14 juillet 2015

Réalisateur : Peyton Reed

Scénario : Edgar Wright, Joe Cornish, Adam McKay, Paul Rudd, basé sur les personnages créées par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby

Directeur de la photographie : Russell Carpenter

Montage : Dan Lebental et Colby Parker Jr.

Musique : Christophe Beck

Durée : 1h57

Avec : Paul Rudd, Michael Douglas, Evangeline Lilly, Corey Stoll, Michael Peña, Bobby Cannavale, T.I.

Synopsis Scott Lang, cambrioleur de haut vol, va devoir apprendre à se comporter en héros et aider son mentor, le Dr Hank Pym, à protéger le secret de son spectaculaire costume d’Ant-Man, afin d’affronter une effroyable menace… (Source : Allociné)

Mon avis


Voici donc le dernier venu de la grosse écurie Marvel et certainement la production la plus bizarre qu'ils aient eu à gérer.
Petit retour en arrière : l'adaptation d'Ant-Man est à l'origine une idée de Edgar Wright, le génial réalisateur de la trilogie Cornetto et de Scott Pilgrim. Le projet lui tient à cœur depuis bien longtemps et se concrétise dans son esprit avant même que Disney/Marvel ne décident de lancer le Marvel Cinematic Universe (on est alors en 2006).
Le film est officialisé en 2009 et il sera annoncé comme étant incorporé à la fin de la phase 2 de ce fameux MCU.
Malheureusement, Kevin Feige (président de Marvel Studios et grand manitou du MCU) voyait certainement d'un très mauvais œil de laisser carte blanche complète à Edgar Wright, c'est qu'il a un fil rouge à faire suivre le bougre ! Wright et Joe Cornish doivent donc remanier le scénario pour le faire correspondre à l'univers déjà mis en place jusque-là alors que le film était pensé à l'origine pour être indépendant.
Ce sera finalement en mai 2014, seulement quelques semaines avant le début du tournage, que Marvel annonce le départ "volontaire" de Edgar Wright pour cause de "divergences de point de vue" selon la version officielle (le scénario a en fait été retapé dans son dos, la vraie raison de son départ ne devrait pas se chercher plus loin que ça).

Ce qui s'annonçait alors comme le projet le plus prometteur du MCU devenait ainsi du jour au lendemain un énième film de super-héros lambda, démontrant une nouvelle fois le nivellement par le bas de la part de Marvel qui engagent à nouveau un Yes Man quelconque pour le remplacer.
La tâche reviendra finalement à Peyton Reed, le réalisateur de...Yes Man (tiens donc !) et le scénario est réécrit par Adam McKay et Paul Rudd (qui se connaissent bien puisque le premier a dirigé le second dans les deux Ron Burgundy). Finalement, après toutes ces péripéties, reste-t-il quelque chose de bien à extirper de ce film ?


Ant-Man c'est l'histoire de Scott Lang (Paul Rudd), un cambrioleur professionnel tout juste sorti de prison à qui est donné l'occasion de trouver sa rédemption (et revoir sa fille) en enfilant un costume permettant de réduire sa taille à celle d'une fourmi et fabriqué par Hank Pym (Michael Douglas), premier porteur dudit costume.
Il va devoir utiliser ses nouveaux pouvoirs pour voler la Yellowjacket mise au point par Darren Cross (Corey Stoll) qui ambitionne de créer une armée d'hommes-fourmi, chose que Hank voit d'un très mauvais œil.

Ant-Man c'est avant tout le film qui nous fait nous dire que le niveau général des production Marvel est vraiment au ras des pâquerettes car il se hisse sans problème à la première place de la phase 2 sans jamais être transcendant où être mieux qu'un film "sympathique". On peut bien entendu dire merci à Wright pour ça car, ne nous voilons pas la face, toutes ses bonnes idées que Peyton Reed a conservé dans la version finale sauvent le film. Il est d'ailleurs dommage qu'une grande partie de celles-ci soient déjà montrées dans les trailers : par exemple la scène du train ou celle de la course sur le pistolet que Wright avait d'ailleurs présenté lors d'un test footage il y a quelques années de ça. Toutes les blagues jouant sur le décalage entre l'aspect épique des combats et leur taille proviennent d'ailleurs, de l'aveu même de Reed, de son prédécesseur et sont celles qui font le plus mouche (d'ailleurs la salle dans laquelle j'étais l'a aussi compris car c'était les moments où elle rigolait le plus). Un ajout de Reed est d'ailleurs complètement wrightien dans l'âme, c'est le gag avec Michael Peña quand il explique la façon dont il a eu vent d'une certaine information. C'est plutôt bien trouvé mais j'ai trouvé ça dommage qu'il revienne une deuxième fois à la toute fin, du coup ça devient trop appuyé.

Ce détail montre que Peyton Reed a bien sûr essayé de conserver l'essence de Wright mais il lui manque le talent de mise en scène de ce dernier. Cependant, il s'en sort honorablement à ce niveau, l'action étant bien plus lisible que dans le dernier Captain America par exemple. Mention très bien aussi aux effets spéciaux, c'est plutôt crédible dans l'ensemble et les passages où Scott est miniaturisé proposent quelques séquences assez impressionnantes.


Le problème avec ce film, c'est qu'au fond c'est à peu près le même scénario que le premier Iron Man avec un méchant typique de chez Marvel ces derniers temps, c'est-à-dire qui est inintéressant dans l'ensemble, en plus de ne jamais vraiment donner l'impression d'être menaçant.
Je trouve aussi exaspérant le fait que l'équipe ait absolument voulu faire une référence aux Avengers (chose qui ne figurait bien sûr pas dans le script du duo Wright/Cornish) alors que le film est censé présenter le personnage. Pire, un des Vengeurs en personne est présent dans le film et c'est sûrement le plus inintéressant de tous. C'est fou à quel point Kevin Feige et ses sous-fifres se sentent toujours obligés de rappeler au spectateur "Hey, on est chez Marvel là, tout est lié !".

L'humour du film est à double tranchant, comme je l'ai déjà mentionné les idées wrightiennes sont plutôt sympa et m'ont parfois fait rire. J'ai eu un peu plus de peine avec le personnage de Michael Peña qui se veut être le comic relief de l'histoire (qui n'en avait pas vraiment besoin puisqu'elle adopte déjà un ton assez léger, on parle quand même d'un homme-FOURMI), on voit qu'il prend son pied mais il en fait clairement trop, sans compter qu'une grosse partie des blagues sont extrêmement prévisibles.

J'ai déjà parlé de Corey Stoll qui n'en impose pas assez, du côté des gentils, Paul Rudd s'en sort vraiment bien avec un rôle qui lui colle parfaitement. Jamais totalement sérieux, sans jamais tomber dans la bouffonnerie, je lui trouve un charisme certain !
Michael Douglas c'est plus délicat, il est clairement au-dessus du navrant Robert Redford dans le Soldat de l'Hiver mais on sent qu'il ne croit jamais vraiment à ce qu'il dit, la faute à une direction d'acteurs inexistante. Mais est-ce vraiment sa faute au final ? Quand on a tourné avec les plus grands, je ne sais pas si on peut vraiment s'enthousiasmer à tourner avec le réalisateur de Yes Man.
Quant à Evangeline Lilly et sa perruque (du moins j'espère pour elle que c'en est une) elle meuble plutôt bien et apporte le personnage féminin fort récurrent chez Marvel (mais pas que).


Chose étrange, le directeur de la photographie, Russell Carpenter, est loin d'être un péquenaud puisqu'il s'est notamment illustré pour son travail avec James Cameron, récompensé d'un Oscar pour Titanic. Pourtant, il n'y a pas vraiment de recherche photographique sur Ant-Man, comme je l'ai déjà dit ce n'est pas moche mais ça ne restera en tout cas pas dans les mémoires.
Bon point du côté de la musique, Christophe Beck a été préféré à Brian Tyler et nos oreilles peuvent enfin se reposer un peu. A nouveau ce n'est rien d'exceptionnel mais comparé à la soupe de Tyler qui agresse les tympans on se retrouve au moins avec quelque chose de correct.

Le fait est que finalement, j'ai plutôt bien aimé le film. Malgré ses nombreux défauts, malgré la mainmise de Marvel sur leur licence, Ant-Man s'impose sans trop de difficulté comme étant le meilleur film de cette phase 2 extrêmement médiocre (à l'exception des Gardiens de la Galaxie). Le nivellement par le bas ainsi que les plans dévoilés par Marvel jusqu'en 2020 au moins font vraiment froid dans le dos quand on voit qu'on arrive désormais à se satisfaire d'un produit certes sympathique mais bien trop imparfait pour rester dans les mémoires.
Reste à espérer que les nouvelles licences (Dr. Strange, Black Panther, Captain Marvel) pourront apporter un peu de fraîcheur mais vu la ligne de conduite tenue par Kevin Feige, on est bons pour se taper de la merde pendant encore au moins 5 ans en ce qui concerne le Marvel Cinematic Universe.


dimanche 21 juin 2015

Jurassic World (2015)

Titre : Jurassic World

Date de sortie française : 10 juin 2015

Réalisateur : Colin Trevorrow

Scénario : Colin Trevorrow, Derek Connolly, Rick Jaffa et Amanda Silver (inspiré des personnages créés par Michael Crichton)

Directeur de la photographie : John Schwartzman

Montage : Kevin Stitt

Musique : Michael Giacchino

Durée : 2h04

Avec : Chris Pratt, Bryce Dallas-Howard, Nick Robinson, Vincent D'Onofrio, Ty Simpkins, Irrfan Khan, Omar Sy

Synopsis L'Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d'attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude. (Source : Allociné)

Mon avis


Que celui qui n'a pas des étoiles plein les yeux en repensant à l'univers de Jurassic Park me jette la première pierre ! La saga entamée par Steven Spielberg en 1993 est l'une des plus populaires du cinéma auprès du grand public et elle est de retour aujourd'hui dans nos salles 14 ans après un troisième volet considéré par beaucoup (dont moi) comme le vilain petit canard de la franchise.
Il était difficile de vraiment s'enthousiasmer pour ce nouveau volet au vu des différents trailers, sans compter qu'il s'agit du premier à ne pas utiliser d'animatroniques (ou du moins presque pas, Trevorrow est resté assez flou à ce sujet) alors que c'est ce qui donne tout ce cachet au premier film qui, même 20 ans après, n'a pas pris une ride.

Le film se situe, de l'aveu même de Colin Trevorrow, à la suite du premier, faisant donc complètement abstraction du Monde Perdu et de Jurassic Park III et présente pour la première fois le parc ouvert au public (idée que Spielberg, producteur sur celui-ci, avait d'ailleurs en tête depuis longtemps).
Afin de conserver l'intérêt du public envers les dinosaures, l'équipe du parc concentre ses efforts dans la création d'espèces hybrides grâce au génie génétique. Leur dernière création, l'Indominus Rex, promet d'être l'attraction la plus spectaculaire du parc et doit ouvrir bientôt au public.
Mais, comme vous vous en douter, ça ne va pas se passer selon leur plan et ils vont complètement sous-estimer l'intelligence de la bête qui va réussir à s'évader de son enceinte et semer la terreur dans le parc.


Avant d'entrer dans le vif du sujet, je tiens à préciser que je n'attendais pas grand-chose de ce film, les bande-annonces laissaient entrevoir un fan-service absolu sans réelle ambition pour venir chapeauter tout ça. Ceci fait qu'au final je n'ai pas été déçu dans l'absolu, mais je suis quand même assez mitigé.
Le film commence plutôt bien, Trevorrow arrive à recréer une sensation de redécouverte du parc et même un petit peu d'émerveillement quand retentit pour la première fois le thème de John Williams.
Le fan service ne m'a pas dérangé plus que ça, le problème c'est que Colin Trevorrow n'a clairement pas le talent de mise en scène de Spielberg (qui arrivait quand même à rendre épique un atterrissage d'hélicoptère !) et que le film manque cruellement d'identité à cause de ça.
Là où Spielberg arrivait à iconiser le T-Rex avec cette montée en tension jusqu'à le voir en entier pour la première fois, Trevorrow se plante et n'arrive pas à rendre l'Indominus Rex réellement "imposant" (et menaçant), alors qu'il est censé être encore plus grand !

Pourtant, on sent que l'envie est là, le film est plutôt généreux dans ce qu'il nous offre et se permet même un format 2.00:1 devenu extrêmement rare au cinéma afin de faire tenir les humains et les dinosaures dans un même plan et ainsi jouer sur les échelles.
Le film est également assez violent par moments, on y découvrira par exemple ce que je considère comme la mort la plus cruelle de la quadrilogie. On aura même droit à des giclées de sang (enfin au moins une dans mes souvenirs), ce qui n'est de loin pas toujours acquis de nos jours dans un blockbuster PG-13 américain.

Le casting s'en sort bien, Chris Pratt fait le job et Bryce Dallas Howard, outre le fait qu'elle réussit l'exploit de courir pendant tout le film avec ses talons hauts, a le mérite de s’offrir le plus grand moment de bravoure à la fin du film. Omar Sy apparaît plus de temps à l'écran que je ne l'aurais pensé et c'est plutôt agréable car il n'en fait jamais trop, son personnage étant plutôt sérieux (même si, ne nous le cachons pas, il ne sert pas à grand-chose le bougre).
Colin Trevorrow a décidé lui-même de ne pas faire revenir d'anciens personnages, à l'exception du Dr Wu (B.D. Wong) que l'on apercevait furtivement dans le premier Jurassic Park...choix compréhensible mais, quitte à rester dans le fan-service, je n'aurais pas craché sur un petit caméo du Dr. Malcolm (Jeff Goldblum) par exemple.


Le personnage de Vincent D'Onofrio, par contre, est complètement raté. Non seulement c'est un enfoiré fini et un cliché ambulant, mais le plan qu'il a dans la tête est tellement con qu'on sait parfaitement que ça ne marchera jamais (non mais sérieusement, une armée de raptors ??). Je ne parlerai pas des deux gosses car niveau charisme il faudra repasser...
D'ailleurs, au niveau connerie, le film contient son lot de moments complètement incohérents ou ridicules : je citerai par exemple les Raptors qui se choisissent un nouvel alpha avant de changer de nouveau d'avis en 15 secondes quand Chris Pratt les regarde dans les yeux...niveau n'importe quoi on n'est pas très loin de la "Pokéflûte" de Jurassic Park III, sans compter que ça casse complètement la thématique qui avait été entretenue dans tous les autres films, c'est-à-dire l'imprévisibilité de la nature et la théorie du chaos si bien expliquée par le Dr. Malcolm dans le premier film. Que dire aussi de la manière complètement ridicule dont se finit le combat entre le T-Rex et l'I-Rex (qui est pourtant jouissif à regarder dans sa globalité) ? Que dire du "Raptor ex machina" qui m'a presque fait hurler de rire dans la salle ?
Le film comprend tout de même un certain nombre de fautes de goût qui, même si elles ne plombent pas le film, m'auront fait soupirer quelques fois.

Comme c'était déjà le cas dans le 3ème film, on ne retrouve pas John Williams à la composition, cette fois-ci c'est Michael Giacchino (qui a beaucoup collaboré avec Brad Bird et J.J. Abrams) qui s'occupe de la musique et c'est là que l'on voit à quel point ça doit être difficile de passer après Williams qui avait largement contribué à faire de Jurassic Park ce qu'il est aujourd'hui...En effet, mis à part les thèmes que Giacchino a repris de son aîné (qui ont fait vibrer ma fibre nostalgique, je dois bien l'avouer), je n'ai retenu absolument aucune musique et je serais même incapable de dire si celle-ci est de qualité ou non.


Le film a été post-converti en 3D par la même équipe qui s'était occupée de la conversion de Jurassic Park. Je n'avais pas vu ce dernier lors de sa ressortie, je ne peux donc pas dire si la qualité était au rendez-vous, sur ce Jurassic World par contre je n'ai jamais ressenti la profondeur...jusqu'à en oublier carrément que je regardais un film en 3D (et non ce n'est pas un bon point car c'est typiquement le genre de film qui peut être très impressionnant si l'effet marche bien).

J'en ressors donc mi-figue mi-raisin, Jurassic World est un film généreux dans ce qu'il propose et un divertissement plutôt agréable à regarder. Malheureusement, le film pèche par excès de fan-service qui, même s'il ne m'a pas dérangé au premier abord, le rend très générique...surtout qu'il n'y a pas vraiment d'idées de réalisation derrière. On ne s'ennuie jamais vraiment, mais on n'est jamais transcendé non plus, si ce n'est peut-être pour le combat entre les deux Rex qui ne se conclut pas vraiment de manière très inspirée.
A mes yeux, le film s'impose quand même comme étant meilleur que Jurassic Park III (que la réalisation de Joe Johnston sauvait du naufrage complet) mais n'arrive clairement pas à la cheville des deux premiers dans l'ombre desquels il est certainement condamné à demeurer.


lundi 8 juin 2015

(Re)visionnages récents


J'ai le plaisir de vous annoncer la venue d'un nouveau genre d'article sur le blogs. Ceux-ci passeront en revue certains des films que j'ai vu récemment et sur lesquels je n'ai pas assez à dire pour donner un avis complet.
Je compte poster ici de petits avis concis afin de donner mes impressions sans vraiment aller plus en profondeur. J'espère que ce concept vous plaira !


Hacker (2015) - Michael Mann



Enfin le grand retour de Michael Mann sur grand écran, plus de 5 ans après un Public Enemies qui avait énormément divisé.
Hacker a été plutôt froidement accueilli par la critique et a fait un four au box-office, autant aux Etats-Unis qu'à l'international (il n'est d'ailleurs même pas sorti en Suisse-romande !). Ce lynchage est injustifié à mes yeux car avec ce film, Mann réinvente en quelque sorte son cinéma tout en parlant du monde numérique qui n'est finalement que la continuation logique de la carrière du réalisateur qui avait été un des tous premiers à tourner une grosse production entièrement numérique (Collateral, dont la photographie nocturne reste encore à ce jour l'une des plus belles jamais vues).
Avec Hacker, Mann nous prouve qu'il n'a rien perdu de sa virtuosité en nous offrant à nouveau une réalisation atmosphérique avec certains plans d'une beauté à en pleurer et qui nous rappellent que très peu arrivent à jouer dans la même catégorie que Mann dès qu'il s'agit de filmer la ville.
Alors certes ça n'atteint pas le niveau de chef-d'oeuvre d'un Heat ou d'un Collateral (qui reste à ce jour mon Mann et un de mes films préférés), mais c'est bien au-dessus du niveau moyen des films d'action récents et je suis attristé de voir que le nom de Michael Mann n'attire plus les foules aujourd'hui car il demeure l'un des cinéaste majeur de notre temps et ce n'est pas dit qu'il continue à réaliser pendant encore longtemps...



Ex Machina (2015) - Alex Garland



Première réalisation du scénariste de 28 jours plus tard et Dredd. Ex Machina est un film de science-fiction traitant du sujet de l'intelligence artificielle. Rien de bien original certes mais force est de constater que c'est très réussi.
Se passant majoritairement en huis clos, le sujet est traité de manière très sobre, sans que le spectateur ne soit tenu par la main.
Le métrage est également sobre dans sa réalisation, Garland nous montrant ce qu'il faut voir sans en faire des caisses.
L'intrigue se base autour du test de Turing et va amener le spectateur à se poser lui-même des questions sur l'humanité de Ava (l'IA du film), qui prend ici la forme d'une jolie jeune femme.
Le casting est également minimaliste mais c'est du très bon avec un Oscar Isaac barbu dans un rôle assez dérangeant et Domhnall Gleeson dont j'ai adoré le personnage plutôt naïf qui se prend d'affection pour Ava. Je pense que le spectateur pourra s'identifier dans trop de problèmes à lui.
Très agréable surprise donc que ce "petit" film de science.fiction, j'ai vraiment passé un excellent moment, du début jusqu'à cette fin ouverte mais extrêmement bien réussie qui risque peut-être d'en surprendre quelques-uns.



Le Septième Fils (2014) - Sergueï Bodrov



Inspiré du bouquin L'apprenti Epouvanteur de Joseph Delaney, Le Septième Fils est une de ces énièmes adaptation de littérature pour ados qui envahissent les salles de cinéma ces derniers temps. Entaché d'une production chaotique le film a été repoussé plusieurs fois avant de sortir finalement chez nous en décembre dernier.
Eh bien autant dire qu'il aurait mieux fait de ne pas sortir du tout, tant c'est mauvais du début à la fin.
Rien ne va, c'est moche et on se fait chier en permanence. Je pense que c'est l'un des premiers films Fantastique du genre où je n'ai vu aucun moment épique, aucun, c'est quand même un comble !. C'est un enchaînement d'absurdités et de non-enjeux à la fois horriblement prévisibles et inintéressants.
Mon dieu que c'est moche quoi, le film se permet même de s'offrir une espèce de filtre flou complètement dégueulasse qui fait mal au yeux pendant tout le long.
C'est vraiment à se demander ce que sont venus foutre ce pauvre Jeff Bridges (qui fait vraiment de la peine à voir) et Julianne Moore dans cette mascarade, ils n'en avaient vraiment pas besoin (surtout que cette dernière tient déjà un rôle dans les derniers Hunger Games). A éviter absolument !



Horns (2014) - Alexandre Aja



On reste dans le fantastique avec quelque chose de bien meilleur.
Horns a toutes les qualités qu'on est en droit d'attendre de ce genre de film, avec un concept assez génial en plus d'avoir quelqu'un qui sait tenir une caméra derrière.
Le film est truffé de bonnes idées et le fait d'avoir pris Daniel Radcliffe dans le rôle principal est à mes yeux un excellent choix de casting car ça lui permet vraiment de jouer sur son image (en bien comme en mal) et ça fonctionne vraiment bien, c'est qu'il est en train de se construire une carrière intéressante le bonhomme !
Le film met un peu trop de temps à réellement se lancer à mon goût mais une fois passé cette première partie, j'ai vraiment pris mon pied.
Le film est relativement second degré mais arrive quand même à poser certains enjeux dramatiques et plutôt sombres alors que le film se passe plutôt dans un univers jeune.
En particulier, j'ai adoré le passage où le personnage de Radcliffe "pète un cable" et se met à punir certaines personnes en fonction de leurs péchés...cette partie m'a d'ailleurs beaucoup fait penser à Se7en, ce qui n'est clairement pas pour me déplaire tant l'adoration que j'ai pour le film de Fincher se passe de superlatifs.




Diversion (2015) - Glenn Ficarra et John Requa



Film que j'attendais particulièrement car il marque enfin le retour de Will Smith dans un premier rôle (et après After Earth et Un Amour d'hiver je commençais à avoir un peu de peine pour lui).
Le résultat n'est pas vraiment transcendant...mais n'est pas non plus mauvais pour autant. Le film joue très bien son rôle de divertissement et je ne me suis jamais ennuyé devant cette histoire d'escrocs.
Alors certes c'est bon de revoir Will Smith et son charisme habituel, mais c'est également toujours agréable de voir la délicieuse Margot Robbie à l'écran...le couple marche très bien, il n'y a aucun problème là-dessus.
Je reprocherai surtout au film une utilisation ad nauseam de twists, si bien que ça devient vite prévisible et assez incohérent par moments. C'est vraiment dommage car le film commençait très bien de ce point de vue mais il s'embourbe un peu trop vite et se fait prendre à son propre jeu.
Les fans de Will Smith (comme moi) seront certainement ravis de le revoir sur grand écran mais j'ai quand même ressenti une pointe de déception car il y a un réel potentiel qui n'est jamais exploité à 100%...dommage !



Projet Almanac (2015) - Dean Israelite



Encore un film de science-fiction qui part avec une idée plutôt originale, le voyage temporel filmé en found footage.
L'idée du voyage dans le temps et des paradoxes temporels a déjà été passé à toutes les sauces au cinéma, j'espérais donc voir quelque chose d'un peu différent.
Et il se trouve que j'ai plutôt bien aimé ! Certes ce n'est pas très subtil (étant produit par Michael Bay ça peut se comprendre) mais ça se laisse vraiment regarder. J'y ai retrouvé un petit air de Chronicle qui n'est pas pour me déplaire (même si j'ai quand même largement préféré ce dernier).
Après, on arrive à ce qui est souvent inhérent aux films qui se penchent sur le voyage temporel : la cohérence. C'est là que le bât blesse car le film en est bourré, dès le moment où il commence à y avoir plusieurs timelines en parallèle ça devient vite la fête au n'importe quoi.
J'aurais bien voulu voir une once d'ambition artistique en plus, quelque chose qui fasse vraiment passer le film un cran en-dessus mais je ne l'ai malheureusement pas trouvé.
Projet Almanac reste cependant un petit film plutôt agréable si vous laissez de côté ces problèmes et les amateurs de films pour ados (et de science-fiction au passage) en trouveront probablement pour leur compte.



San Andreas (2015) - Brad Peyton



Quand le réalisateur de Comme Chiens et Chats 2 (!) s'essaie au film catastrophe (un genre un peu délaissé ces derniers temps), ça donne San Andreas...et que vaut-il concrètement ? Il faut dire que j'y allais sans attentes particulières si ce n'était de voir Dwayne Johnson voler avec son hélicoptère entre cinq building qui s'effondrent tout en réussissant à sauver tout le monde en passant (et bien sûr Alexandra Daddario que les fans de True Detective connaissent très bien !).
Le résultat est décevant...pas décevant par rapport à mes attentes (qui comme je l'ai dit étaient minimes) mais plutôt par rapport à ce qu'on serait en droit d'attendre d'un film catastrophe de cette envergure.
San Andreas, c'est à peu près tous les clichés possibles et imaginables du genre, avec des deus ex machina toutes les 10 minutes, un pseudo-histoire d'amour qui sort de nulle part et qui est tellement mal fichue qu'elle a même commencé à m'énerver à partir du milieu du film, un beau père qui s'avérera être le dernier des couards, un drapeau américain qui flotte au milieu du plan pour montrer c'est qui les patrons...
Ajoutez à ça des personnages pas franchement intéressants, dénués de toute ambiguïté et ça devient vite pénible à regarder.
Merde quoi, même The Rock je l'ai trouvé trop effacé alors qu'il est censé crever l'écran, ce mec c'est quand même un monstre de charisme en temps normal !

Le film est plutôt bien fichu, la destruction est bien retranscrite mais il y a quand même des CGI très laids qui se promènent par-ci par-là, je pense par exemple à la toute première scène avec la voiture qui tombe dans le ravin, j'ai cru saigner des yeux tellement c'est grossier.
J'ai vu le film en 3D mais celle-ci n'a absolument aucun intérêt...et pourtant y'avait de quoi donner de la profondeur avec les nombreux plans aériens (George Miller l'avait parfaitement réussi avec le dernier Mad Max) mais ça reste désespérément plat.
Après, je ne me suis pas vraiment ennuyé, c'est l'essentiel me direz-vous mais j'estime être en droit d'attendre bien mieux, même s'il ne s'agit "que" d'un film catastrophe.



À La Poursuite de Demain (2015) - Brad Bird


Drôle de film que ce Tomorrowland (dont le titre n'a pas pu être conservé en Europe pour des raisons de droits), dernière production Disney réalisée par le génial Brad Bird et dont la promotion complètement foireuse laissant présager depuis longtemps un camouflet au box-office.
Pourtant, l'idée est là et Bird arrive à nouveau à proposer un univers original (dans la même veine que ce que nous avaient proposé les Wachowski avec Jupiter Ascending en début d'année) à une époque où les suites et les remakes/reboots sont légions dans le cinéma hollywoodien.
En plus, Bird sait vraiment mettre en scène son sujet et ça fait du bien de voir ça car le film nous offre certains plans de grande beauté : la première fois que l'héroïne arrive à Tomorrowland ou le décollage de la fusée à Paris (juste génial et putain ce que c'est beau !) pour ne citer que ceux qui me reviennent à l'instant.
Et pourtant...je reste un peu sur ma faim, la faute à un rythme parfois un peu bancal, je n'ai jamais réussi à vraiment rentrer dans le film. Je ne me suis pas vraiment attaché à l'héroïne principale qui a tendance à en faire un peu trop par moment, je lui ai largement préféré le personnage de George Clooney qui est à mes yeux le plus intéressant du film.
Cet arrière-goût amer provient peut-être aussi du fait que je n'ai jamais vraiment ressenti de réels enjeux ou une réelle ambition : le personnage de Hugh Laurie, qui est censé être l'antagoniste du film, apparaît peu et ne sert finalement pas à grand-chose, peut-être aurait-il mieux fallu ne pas mettre de méchant du tout...

Je compte le revisionner prochainement car je pense être passé à côté de certains aspects, il faut dire que je ne l'ai pas vu dans les meilleures conditions (je sortais d'une quasi nuit blanche).
Il n'empêche que c'est vraiment rafraîchissant de voir encore des auteurs qui osent prendre des risques en proposant des univers originaux, le film ne mérite clairement pas d'être boudé comme il l'est (quand on voit qu'à côté San Andreas cartonne). Il manque malheureusement ce petit quelque chose qui m'aurait permis de rentrer dedans et de me laisser transporter à Tomorrowland...un petit peu à la manière des Rêveurs du film.


Les Indestructibles (2004) - Brad Bird


Faute de m'avoir pleinement convaincu, Tomorrowland m'aura au moins donné envie de regarder Les Indestructibles que je n'avais jamais vu malgré tout le bien qui se dit sur celui-ci.
Erreur désormais corrigé et quelle claque ! Alors que Pixar traverse une période où ils sont quelque peu en panne artistique, le film de Brad Bird vient mettre tout le monde d'accord et met la grosse pâtée à tous ces films de super-héros peu inspirés sortis ces derniers temps.
Pixar ayant adoré le travail de Bird sur le Géant de Fer lui a laissé carte blanche totale et qu'est-ce que ça en jette !
L'animation en images de synthèse lui permet des mouvements de caméras qui seraient beaucoup trop contraignants à effectuer sur un tournage live. Ici tout est toujours parfaitement lisible, on sait ce qu'il se passe et les scènes d'action restent encore un modèle du genre (coucou Avengers !). Et qu'est-ce que c'est beau putain ! L'animation est vraiment scotchante.
La direction artistique très inspirée permet de s'attacher profondément à cette famille pas comme les autres qui s'inspire sans se cacher des 4 Fantastiques (avec la femme élastique, la femme invisible, le bébé torche humaine et M. Indestructible qui rappelle La Chose de par sa force).
De belles références à James Bond se retrouvent également dans les scènes d'infiltration où même la musique n'a rien à envier à un film du célèbre agent secret.
Rajoutez à tout ça un méchant dont le plan machiavélique est pour une fois plus élaboré que simplement "détruire" le monde et vous obtenez un des meilleurs films d'animation de ces 10 dernières années tout simplement. 
J'attends désormais avec impatience la suite qui a été confirmée pour 2016, en espérant que Bird conserve sa virtuosité et son originalité.


Contact (1997) - Robert Zemeckis


Depuis Interstellar, j'avais ajouté Contact dans la liste de mes films à voir afin de pouvoir enfin me rendre compte de mes propres yeux s'il y avait tant de points communs que ça.
Je dois avouer que mis à part la présence de Matthew McConaughey et de trous de ver à la fin du film, j'ai trouvé assez peu de points communs entre le film de Nolan et celui de Zemeckis.
Au final ce n'est pas très folichon. Le problème principal du film c'est qu'on s'ennuie tout simplement et venant du mec qui nous a pondu les Retour vers le Futur c'est quand même sacrément décevant.
Il n'y a pas vraiment de mise en scène, Zemeckis se contente de filmer simplement son sujet...je veux bien mais encore une fois ça rend le truc chiant et vraiment lourd au bout d'un moment.
J'ai eu aussi du mal avec le scénario qui nous promet une rencontre du 3ème type avec des petits bonhommes venus d'une autre galaxie, j'aurais kiffé ça moi ! Malheureusement, la partie où on emprunte les trous de ver ne dure même pas 15 minutes (et j'en suis sûr car je viens de vérifier !), j'étais dégoûté.
La romance entre McConaughey et Jodie Foster n'est clairement pas assez développée pour ressentir une once d'attachement pour eux, c'est dommage car les personnages pris séparément sont plutôt intéressants.
Le film n'est pas foncièrement mauvais, je lui reconnais des qualités, mais il souffre clairement d'un gros manque de rythme. En outre, je comprends le rapprochement avec Instersellar mais je n'ai pas vu tant de points communs de ça, après réflexion j'aurais plutôt tendance à le rapprocher du Abyss de James Cameron.


Monty Python : Sacré Graal ! (1975) - Terry Gilliam


ATTENTION, CLASSIQUE EN APPROCHE !
J'avais de vagues souvenirs du premier film de la cultissime troupe des Monty Python, l'ayant vu il y a fort longtemps de ça à une époque où je n'étais pas encore forcément en mesure de comprendre l'humour absurde des bonhommes.
Première réalisation de Terry Gilliam, le "discret" de la bande, Sacré Graal est une parodie de la légende du roi Arthur (Graham Chapman) et de sa quête pour trouver le Graal.
Je ne sais pas vraiment quels superlatifs utiliser pour décrire à quel point le film est génial en plus d'être un des plus drôles que j'aie vu. Des moments cultes, il y en a un à pratiquement chaque plan : le Chevalier Noir, le Chevalier français, les Chevaliers qui disent "Ni!", la Sainte-Grenade d'Antioche et le lapin carnivore...toutes les vannes font mouche et leur potentiel est totalement transgénérationnel.
En plus d'être hilarant du début à la fin, le film bénéficie d'une mise en scène exemplaire pour le genre, Terry Gilliam et sa troupe avaient décidément tout compris !
Etant un grand amateur d'humour absurde, j'ai été plié de rire, il n'y a pratiquement pas un moment de répit tout au long des différents chapitres de l'histoire.
Définitivement un des plus grands classique (le plus grand ?) du genre, Sacré Graal atteint un niveau qui ne sera certainement plus jamais atteint par les comédies formatées et débiles qui sortent aujourd'hui, un pur régal !


Monty Python : La Vie de Brian (1979) - Terry Jones


Sur ma lancée, je me suis droit attaqué à leur second film qui est cette fois-ci une satire de la religion et du fanatisme religieux plus particulièrement.
Contrairement à Sacré Graal, le film n'est pas une succession de sketchs mais un vrai film à part entière avec une histoire tirée d'une traite du début à la fin.
Le film n'atteint certes pas la maestria absolue de son prédécesseur mais il vient se situer juste après celui-ci.
Terry Gilliam laisse ici la place à son homonyme Jones derrière la caméra et le résultat est à nouveau extrêmement drôle et finement écrit.
On retrouve l'humour absurde habituel de la troupe anglaise mais celui-ci sert réellement au développement de l'histoire, si bien que le film est d'une cohérence folle avec des idées géniales disséminées un peu partout.
La Vie de Brian est à nouveau une pépite du genre, les Monty Python ne se gênent pas pour faire du politiquement incorrect, ayant même été contraints de censurer certains passages du film à sa sortie.
Comme d'habitude, tous les rôles principaux sont tenus par les six énergumènes mais tout fonctionne si bien que ça passe comme une lettre à la poste.
Avec La Vie de Brian, les Monty Python confirment leur génie absolu et enfoncent encore plus profondément leur univers dans les annales de la comédie. De plus, quoi de mieux que de conclure le film par la célèbre chansonnette d'Eric Idle "Always Look on the Bright Side of Life", espèce d'hymne à la bonne humeur qui vous enverra au dodo un grand sourire sur les lèvres.


Monty Python : Le Sens de la Vie (1983) - Terry Jones



Je termine la trilogie Monty Python avec celui que je considère comme le moins bon des trois : Le Sens de la Vie.
Le film reste complètement ancré dans l'univers absurde de la troupe et ça marche toujours très bien, c'est finement écrit et le film est clairement le plus ambitieux des trois avec cette véritable fresque sur la vie, de la naissance à la mort.
Le film reprend le principe des sketchs qu'il y avait déjà dans Sacré Graal et c'est finalement le plus grand défaut que je lui trouve, contrairement à ce premier, toutes les saynètes ne se valent pas.
On retiendra bien entendu le fameux passage du restaurant avec Mr Creosote qu'à peu près tout le monde connaît, la scène de la guerre Zoulou ou celle de la naissance.
Le fait est que j'ai trouvé les Monty Python bien plus "sages" que dans leurs deux précédents films. Certes ça reste politiquement très incorrect mais je n'ai pas ressenti la même folie que d'habitude, du moins pas sur l'entièreté du film.
Finalement, c'est celui où j'ai le moins ri mais ça reste une comédie de très haut niveau que je conseille évidemment à tous, ne serait-ce que pour boucler la boucle du collectif anglais.



Kung Fury (2015) - David Sandberg



Je finis pas une petite bizarrerie, LE phénomène internet dont tout le monde parle en ce moment j'ai nommé Kung Fury. Financé via Kickstarter, il s'agit d'un court-métrage d'une trentaine de minutes qui rend hommage aux années 80 (et à tous les clichés qui les accompagnent).
Le film se veut résolument kitsch avec un filtre à l'effet VHS qui colle bien à l'ambiance mais qui n'est pas forcément toujours très agréable à l’œil. Les références sont évidemment très nombreuses et c'est peut-être finalement le plus gros reproche que je pourrais lui faire, c'est qu'il joue vraiment la référence pour la référence, sans jamais vraiment essayer de faire un vrai film de cinéma derrière.
Le film assume complètement son format de série B et il faut avouer que ça fonctionne vraiment bien. Alors certes c'est débile à souhait mais il y a vraiment certaines bonnes idées comme la partie avec Hitler qui sort des saluts nazi façon Kung Fu qui m'a bien fait rire ou la séquence beat em all qui m'a un peu fait penser au fameux plan-séquence de Old Boy mais dans l'autre sens.
Bref, une petite curiosité bien sympathique qui ne pète pas plus haut que ça, je serais quand même très curieux de voir ce que ça pourrait donner ce genre de délire au format long.